Un CEO ad interim pour remplacer le CEO intérimaire chez Infrabel?

Ann Billiau, CEO intérimaire, s'apprête à quitter son poste. ©BELGA

Trois candidats francophones sont prêts à prendre la barre d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge. Mais le gouvernement fédéral hésite.

A la fin du mois, les 10.000 employés d’Infrabel connaîtront le nom de leur nouveau patron. Ann Billiau, qui a remplacé en tant que CEO intérimaire Luc Lallemand parti il y a quelques mois, a annoncé qu’elle resterait à son poste au plus tard jusqu’au 31 juillet. Le gouvernement doit donc lui trouver un successeur avant cette date.

Le chasseur de têtes Odgers Berndtson a sélectionné trois candidats pour le gouvernement fédéral, tous francophones pour respecter l’équilibre linguistique. Deux sont issus du secteur ferroviaire: Benoît Gilson (46 ans), le directeur de la communication actuel d’Infrabel, et Michaël Vanloubbeeck (48 ans), qui était jusqu’à récemment chef de cabinet du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) et a travaillé auparavant en tant que directeur de la communication de la SNCB. Ce dernier est aujourd’hui directeur financier de la société fédérale d’investissement, la SFPI.

"Je voulais être disponible pour d'autres défis et opportunités professionnels, de préférence en Belgique."
Laurent Jossart
Le troisième candidat, dont le nom était jusqu'ici resté confidentiel.

Le troisième candidat – dont le nom était jusqu’ici resté confidentiel – est Laurent Jossart (52 ans). Entre 2002 et 2006, il a dirigé l’aéroport de Charleroi. Il a ensuite travaillé pour le groupe luxembourgeois LuxairGroup, dont il dirigeait la compagnie aérienne nationale Luxair depuis l’an dernier. Une compagnie dont il a démissionné le 30 juin. Interrogé par nos soins, le Belge indique avoir pris cette décision de sa propre initiative. " Je voulais être disponible pour d’autres défis et opportunités professionnels, de préférence en Belgique", déclare-t-il.

Intérim

Il est malgré tout difficile de savoir qui sera finalement nommé par le gouvernement fédéral. Lorsque Luc Lallemand a troqué son poste en Belgique pour son homologue français SNCF Réseau, le ministre de la Mobilité Bellot a plaidé pour que le géant Infrabel ne reste pas un seul jour sans CEO à part entière. Mais le gouvernement – en affaires courantes à l'époque – a cependant opté pour une solution temporaire. Son choix s’est logiquement porté sur la seule francophone du comité de direction et " Chief Client Officer ", Ann Billiau. Même si Billiau – physicienne de formation – a fait meilleure impression qu’attendu, elle a indiqué qu’elle ne souhaitait pas poursuivre son mandat. Pour Billiau, Infrabel a besoin d’un(e) véritable CEO pour relever les nombreux défis financiers et opérationnels qui l’attendent.

Le gouvernement Wilmès – qui dispose des pleins pouvoirs depuis la crise du coronavirus – peut parfaitement nommer un nouveau CEO. Mais les discussions semblent difficiles au sein du kern. Et Sophie Wilmès (MR) craint que cette nomination ouvre la boîte de Pandore et lance un carrousel de nominations dans d’autres institutions publiques.

Nomination politique

Par conséquent, trois scénarios sont possibles pour Infrabel. Bellot espère toujours nommer un CEO définitif. Une autre solution serait de nommer un CEO temporaire qui pourrait être ensuite confirmé par le nouveau gouvernement. La troisième piste consiste à remplacer la CEO intérimaire actuelle par un autre CEO ad interim. Vu qu’Eric Mercier, le seul autre francophone du comité de direction, n’est pas candidat à ce poste, le gouvernement pourrait nommer un des trois candidats proposés par le chasseur de têtes. Mais la question est de savoir si l’un d’eux est prêt à prendre le risque de se voir écarté dès la formation du nouveau gouvernement.

Selon certaines sources, Benoît Gilson, un proche de l’ancien CEO Luc Lallemand, se montrerait confiant suite à une excellente évaluation. Mais la soudaine accélération de la procédure serait plutôt favorable à Michaël Vanloubbeeck, qui possède davantage d’expérience politique et financière.

Avec l’outsider Laurent Jossart, le gouvernement éviterait une nomination politique. Le président d'Infrabel Herman De Bode (N-VA) a déjà clairement indiqué à plusieurs reprises qu’il n’était pas à la recherche d’un profil politique mais industriel pour diriger une entreprise aussi complexe qu’Infrabel. Mais au final, c’est le gouvernement qui devra trancher.

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