Vers une saisie de 300 camions chez Jost Group

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Après avoir saisi 19 camions de la société de transport Jost Group, le parquet fédéral veut en saisir 281 supplémentaires. Soupçonné de fraude sociale, Jost Group n'aurait pas rectifié le tir selon le parquet. Le transporteur évoque de son côté des "informations erronnées" et se dit toujours disposé à collaborer avec la justice.

La société de transport Jost Group ne réussit pas à sortir de l'affaire de "dumping social". Selon les informations de la "Dernière heure", le parquet fédéral veut saisir 300 camions de la flotte du deuxième plus gros transporteur routier du pays. Le parquet craint que le groupe n'ait pas redressé la barre et soit toujours en infraction. 

Dix-neuf camions ont déjà été saisis, le parquet veut donc saisir 281 autres véhicules. Le groupe tente d'éviter cette saisie via un recours en justice.

Jost Group se dit consterné par les informations erronées communiquées à la presse par le procureur fédéral et estime cela contraire à la présomption d'innocence. La compagnie a toujours réfuté les accusations qui lui ont été portées. Le groupe continue à vouloir collaborer avec les autorités dans ce dossier et espère pouvoir se défendre dans un climat serein.

Le travail des enquêteurs salué 

Le Conseil d’État restreint les nuits en cabine

Un arrêt du Conseil d’État daté du 7 février rejette l’appel de Vaditrans, société de transport basée à Temse, face à l’État belge. En résumé, il interdit de faire passer le repos hebdomadaire long en cabine aux chauffeurs routiers. La décision était attendue de longue date, après un arrêt à pareille portée de la Cour européenne de justice, rendu en 2017.

Vaditrans s’était élevé contre un arrêté royal de 2014 prévoyant une lourde amende en cas de prise de repos hebdomadaire long par un transporteur. La société a été retoquée et devra verser des indemnités à l’État. Et il est aujourd’hui acquis que les chauffeurs routiers des sociétés belges ne peuvent prendre leur repos long dans leur camion.

 

Dans le rang des syndicats, cette intention de saisies est saluée. "Le dumping social est intolérable non seulement pour les travailleurs exploités mais aussi parce qu’il crée une concurrence déloyale pour les travailleurs et les employeurs qui respectent les règles", s’exclame Roberto Parrillo, responsable général transport & logistique CSC Transcom et président du syndicat européen des travailleurs du transport routier. Il parle de "fléau" qui "met en danger l'emploi du secteur".

"On ne peut que saluer le fait que la justice prenne maintenant des actions drastiques", lit-on dans un communiqué du BTB, le syndicat flamand des transporteurs. Il applaudit le travail des enquêteurs pour lutter contre les pratiques de concurrence illégale au sein du secteur.  Pour lui, il est indispensable que des mesures soient aussi prises à l'échelle européenne. "Jost Group n'est sûrement pas l'unique transporteur qui souhaite de la sorte obtenir rapidement de l'argent."

Le syndicat indique avoir déjà publié trois "livres noirs" sur le dumping social et qu'un nouveau devrait suivre. "Nous toucherons là encore d'autres sociétés belges de transport."

Enfin, le BTB appelle les acteurs du transport à manifester à Bruxelles le 27 mars pour un "secteur durable".

En quoi consiste l'affaire Jost Group

Entre 2014 et 2016, le groupe aurait recruté plus de 1.100 chauffeurs d'Europe de l'Est. Ils travaillaient en Belgique, mais selon les conditions de travail appliquées dans leur pays d'origine.

En mai 2017, Roland Jost et trois de ses collaborateurs avaient été placés sous mandat d'arrêt.  Le CEO était visé par neuf chefs d'inculpation: "dirigeant d'une organisation criminelle, traite d'êtres humains, blanchiment, faux et usage de faux social, escroquerie en droit pénal social, absence de déclaration immédiate à l'emploi, déclarations inexactes ou incomplètes concernant les cotisations sociales, non-paiement des cotisations à l'ONSS, défaut de paiement de la rémunération en tant qu'employeur".

Les quatre hommes avaient été libérés sous condition un mois plus tard. Roland Jost avait une nouvelle fois été arrêté afin d'être entendu dans le cadre de l'enquête.

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