Quand George Soros prône la régulation des marchés financiers

George Soros ©Photo News

Le célèbre spéculateur, reconverti dans des projets citoyens, estime la monnaie unique "inachevée" et les marchés, en manque de régulation, en particulier les hedge funds et l'ensemble des établissements financiers.

(AFP) - George Soros, le financier devenu célèbre pour avoir spéculé sur les devises, tire dans un livre les leçons de la crise financière, plaidant pour une plus grande régulation des marchés, même si cela va à l'encontre de ses "intérêts personnels".

Dans "Quelques leçons tirées de la crise", recueil de cinq conférences données à Budapest en octobre 2009, qui paraîtra le 3 juin, le milliardaire américain d'origine hongroise se sert de son expérience pour prôner une refonte du système financier.

"Comme gestionnaire de hedge funds, j'ai joué selon les règles en vigueur, en cherchant à maximiser mes gains. Comme citoyen, je milite pour réformer les règles, même si cela va contre mes intérêts personnels", dit-il.

Les marchés, plaide-t-il, ne peuvent "être livrés à eux-mêmes sans dommage".

A 79 ans, George Soros est célèbre pour avoir fait fortune sur le marché des changes, notamment en spéculant contre la livre sterling en 1992. Il avait ainsi forcé son retrait du système monétaire européen, précurseur de la monnaie unique, ce qui lui a valu le surnom de "l'homme qui a fait tomber la Banque d'Angleterre".

Il a mis depuis sa richesse au service de grandes causes comme la défense de la démocratie et a lancé l'an dernier l'Institut pour une nouvelle pensée économique (Institute for New Economic Thinking, Inet), un centre de réflexion international.

Au vu de la crise financière qui a ébranlé le monde et qui "n'a pas réussi à réduire l'influence du marché", il plaide désormais pour "la réglementation des hedge funds et des établissements financiers en général".

Parmi les pistes qu'il propose pour cette "nécessaire réforme de la régulation", il suggère notamment de "réguler l'accès au crédit en jouant sur les outils monétaires mais aussi le niveau du dépôt de garantie et des fonds propres".

Il faudrait aussi, selon lui, "inventer un nouveau système multilatéral fondé sur des principes plus sains". Il prône par exemple une réforme du Fonds monétaire international (FMI) "de façon à mieux refléter la hiérarchie réelle entre les Etats", ou "de nouvelles règles pour contrôler les mouvements de capitaux".

"L'Europe, durant la crise, n'a pu parvenir à un accord sur la garantie du système financier", regrette-t-il, tout en parlant de l'euro comme d'une "monnaie inachevée" dans une référence à la crise grecque.

Par ailleurs, s'il estime que Barack Obama croit davantage à la coopération internationale que George Bush, la refondation du système financier international n'est pas dans les priorités du président américain, déplore-t-il.

"Ce qui manque, c'est la reconnaissance générale du fait que le système est brisé et qu'il faut le réinventer", estime George Soros.

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