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Decarbone veut convertir les utilitaires belges à l'électrique

Dans un garage de Hoeilaart, Decarbone a converti son premier utilitaire vers l'électrique. La startup veut rapidement produire en série. ©Decarbone

Déjà possible à l'étranger, le retrofit électrique doit encore se munir d'un cadre légal en Belgique. La start-up Decarbone croit dans son potentiel pour les utilitaires.

L'histoire de cette startup commence, comme bien souvent, dans un garage. Dans ce cas précis à Hoeilaart où Decarbone a débuté son projet en 2019.

Dans ce garage temporaire, Arthur Andruszkiewicz, Julien Masson et Eric Champagne ont converti ou "rétrofité" leur premier van Mercedes-Benz Vito. Comprenez qu'ils ont remplacé la motorisation thermique par une motorisation électrique avec batterie.

L'idée sous-jacente se veut implacable d'un point de vue écologique. Pour eux, c'est un "non-sens" de jeter les voitures thermiques encore en bon état pour en produire de nouvelles électriques. En convertissant les voitures existantes vers l'électrique, le gain en CO2 serait considérable. La voiture est déjà produite et ne produira plus de CO2 en roulant une fois convertie.

31%
de CO2 économisé
Selon Decarbone, une voiture convertie vers l'électrique économise 31% de CO2 sur son cycle de vie en comparaison d'une voiture électrique neuve.

Decarbone se base sur les calculs de l'ONG Transport & Environment (T&E) pour affirmer que "les voitures converties réduisent les émissions de 76% par rapport à un véhicule thermique neuf et de 31% par rapport à un véhicule électrique neuf" sur l'ensemble du cycle de vie du véhicule.

Au Parlement wallon

La conversion des voitures thermiques est un thème connu dans l'univers des passionnés de l'automobile. Cela se fait déjà ici et là pour des ancêtres. Mais évidemment, la législation est bien plus clémente avec les ancêtres. Pour transformer une voiture de tous les jours en véhicule électrique, il faut un cadre légal qui n'existe pas encore en Belgique.

Arthur Andruszkiewicz, Julien Masson et Eric Champagne, cofondateurs de Decarbone.

Cela ne veut pas dire que le dossier est au point mort. Les Régions se penchent actuellement sur la thématique. En Wallonie, des auditions parlementaires auront lieu sur le sujet en septembre.

Néanmoins, le dossier est loin d'être mature pour arriver rapidement à une procédure d'homologation alors que de nombreuses questions subsistent sur une éventuelle filière en Belgique et sur la sécurité routière de ce type de véhicules.

Possible en France

Il s'agit néanmoins de ne pas traîner si la Belgique espère avoir une place dans ce domaine. Le "retrofit" est déjà possible dans plusieurs pays. La France, par exemple, a passé un arrêté définissant le cadre réglementaire du retrofit électrique en avril 2020. Un véhicule homologué dans un pays européen peut rouler en Belgique. "Tous les véhicules thermiques de plus de cinq ans ainsi que les deux et trois roues motorisés de plus de trois ans, pourront faire l’objet d’une transformation électrique ou hydrogène", souligne l'association des Acteurs de l'industrie du retrofit électrique.

Une société comme Transition-one, basée à Orléans, propose ainsi de transformer vos voitures thermiques pour un prix de 15.000 euros, qui peut baisser jusqu'à 5.000 avec les différentes primes délivrées en France.

La clé sera donc de trouver un bon équilibre économique pour une activité qui reste chère en raison notamment du coût d'homologation et des batteries.

"Nous sommes en pleine levée de fonds pour accélérer le développement de Decarbone."
Arthur Andruszkiewicz
Cofondateur de Decarbone

Chez Decarbone, on parie sur les utilitaires pour la livraison de dernier kilomètre et une autonomie de 150 km. Ce type de véhicule se recharge directement sur prise et est suffisant pour un tel usage au quotidien. "La mobilité urbaine a le plus de sens pour le véhicule électrique. C'est là que l’impact écologique positif est le plus intéressant", estime Julien Masson.

Les fondateurs ont déjà injectés environ 100.000 euros dans leur société. "Nous sommes en pleine levée de fonds pour accélérer le développement de Decarbone", détaille Arthur Andruszkiewicz. La société recherche 450.000 euros.

"Nous prévoyons encore un an de recherche et développement, et ensuite de développer une mini-chaîne de production dans un garage propice. À moyen terme, on veut convertir les véhicules et proposer des kits que les garages pourraient utiliser sous notre supervision", ajoute Masson.

"Nous prévoyons encore un an de R&D et ensuite de développer une mini-chaîne de production dans un garage propice."
Julien Masson
Cofondateur de Decarbone

Alain Geerts, en charge de la mobilité et de la communication chez Inter-Environnement Wallonie, pointe que l'activité pourrait créer des emplois non délocalisables, par exemple dans "des ateliers de réparation de moteurs ou pour des mécaniciens débrouillards".

Mais de gros acteurs s'intéressent aussi au domaine. Renault est en train de mettre sur pied sa "Refactory" à Flins (Yvelinnes), entièrement dédiée à l'économie circulaire dans la mobilité. Le retrofit de véhicules vers l'électrique devra y être une de ses quatre activités majeures.

La marque au losange indique que "ces conversions viseront en priorité une clientèle professionnelle (véhicules utilitaires) dépendante d’un accès au centre urbain pour la continuité de ses activités". Avec l'avantage pour Renault de pouvoir utiliser les pièces récupérées pour ses activités de remise en état d'occasions ou de recyclage.

Le résumé

  • Il est déjà possible de convertir un véhicule de tous les jours vers l'électrique à l'étranger, mais pas encore en Belgique.
  • Le sujet est notamment sur la table du Parlement wallon.
  • La startup Decarbone a converti son premier utilitaire et veut rapidement produire en série.
  • Le coût de la technique reste un frein.

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