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Des drones pour surveiller la radioactivité des sites sensibles

"Une fois perfectionnés, les drones pourraient s'avérer indispensables" selon la ministre Annelies Verlinden. ©BELGA

La Sabca et le CEN s'allient pour proposer la surveillance par drones d'installations nucléaires ou de sites contaminés. Ces équipements pourraient être utilisés dans le cadre du démantèlement des réacteurs belges.

Après l'inspection des éoliennes en mer et le transport d'échantillons médicaux au-dessus des villes, la Sabca continue à étoffer son offre de services via des appareils pilotés à distance: l'équipementier aéronautique belge s'est allié avec le centre de recherche nucléaire (SCK-CEN) de Mol pour proposer des solutions pour la surveillance par drones d'installations nucléaires ou de sites contaminés.

A priori, les drones semblent tout indiqués pour mener des inspections sur des sites nucléaires délicats ou des endroits où régnerait une possible radioactivité, puisqu'ils peuvent assurer une protection complète du personnel d'intervention. D'où l'idée développée par la Sabca et le CEN de les utiliser pour effectuer des mesures radiologiques dans le cadre de programmes de surveillance classique de la radioactivité sur certains sites, de projets de démantèlement de réacteurs nucléaires ou encore en cas de plans d’urgence. Le CEN avait d'ailleurs déjà commencé à tester un drone pour surveiller en interne la radioactivité, mais uniquement avec un petit appareil de type "multicoptère", et sans aucune expérience en matière de véhicules pilotés à distance.

"La Sabca offre des solutions qui répondent aux normes les plus strictes de l’industrie aérospatiale."
Thibauld Jongen
CEO de la Sabca

Or, ce genre d'activité ne s'improvise pas. "La Sabca offre des solutions qui répondent aux normes les plus strictes de l’industrie aérospatiale, où la sûreté règne en maître" a expliqué Thibauld Jongen, le CEO de l'entreprise aérospatiale, lors de la présentation de ce nouveau service au siège du SCK CEN à Mol. "Ce que nous proposons, c'est de fournir à des clients qui ne sont pas dans l’aéronautique, des solutions de niveau aéronautique, pour mieux réaliser leurs opérations. Il ne s'agit pas nécessairement de faire de nouvelles choses, mais de les faire de façon plus efficace et si possible, moins chère." Actuellement, la surveillance des aires où une contamination radioactive est suspectée est menée soit par des opérateurs sillonnant la zone, soit avec des hélicoptères.

©BELGA

Des informations immédiates

Dans certains cas, l'utilisation de drones pourrait quand même apporter des petits "plus", avance de son côté le physicien du CEN Johan Camps. "La flexibilité constitue le plus gros avantage. Les drones nous permettent de cartographier tous les recoins que nous n’arrivons pas à atteindre avec des mesures manuelles ou par hélicoptère. Contrairement aux techniques de mesure traditionnelles, les informations nous parviennent immédiatement. Des informations en temps réel et sur des zones plus précises donc" fait valoir le scientifique, selon qui un drone "pourrait aussi suivre un panache radioactif" en cas d'incident.

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Heures
Le drone à voilure fixe dispose d’une autonomie de vol pouvant aller jusqu'à une douzaine d'heures.

La Sabca propose deux types d'appareils pour ce service: un drone à voilure fixe d’une autonomie de vol pouvant aller jusqu'à une douzaine d'heures et un multicoptère capable de transporter des détecteurs un peu plus lourds. C'est un détecteur à scintillation qui est couplé au drone. Ces détecteurs ont été conçus de façon à ne pas dépasser la charge utile maximale tout en conservant la sensibilité de mesure la plus élevée possible. L’appareil mesure la radioactivité en comptant les flashes lumineux provoqués par l’incidence des rayonnements ionisants. Cette technique indique le niveau de dose de rayonnements. "Plus la quantité de lumière est grande, plus les rayonnements sont présents", selon Johan Camps.

La réglementation aérienne actuelle ne permet pas encore de réaliser ce type de services.

Pour l'instant, il ne s'agit encore que d'un projet en démonstration, les avantages des drones étant évalués. Toutefois, "une fois perfectionnés, les drones pourraient s'avérer indispensables dans les futurs programmes de surveillance et les projets de démantèlement de réacteurs nucléaires", a commenté de son côté la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden. Mais il faudra encore attendre un peu. "La réglementation aérienne actuelle ne permet pas encore de réaliser ce type de services. Personne ne propose donc pour l'instant d'applications commerciales par drones" a rappelé Thibauld Jongen.

Intégrer les drones dans l'espace commercial

Ce qui n'a pas empêché le constructeur bruxellois d'explorer plusieurs voies. La Sabca a déjà mené, en partenariat avec Deme Offshore, la filiale du groupe de dragage et d’ingénierie marine spécialisée dans l’éolien en mer, plusieurs opérations destinées à démontrer la maturité des solutions effectuées par des drones en offshore. Elle a également réalisé un exercice au-dessus d’Anvers, entre deux hôpitaux, pour tester le transport de matériel médical. Tous ces essais ont également pour but de démontrer la capacité de la société à assurer l’intégration de drones dans l’espace aérien commercial.

Le résumé

  • La Sabca s'est alliée avec le centre de recherche nucléaire de Mol pour proposer des solutions pour la surveillance par drones d'installations nucléaires ou de sites contaminés par de la radioactivité.
  • L'entreprise aéronautique propose deux types d'appareils pour ce service: un drone à voilure fixe et un multicoptère capable de transporter des détecteurs un peu plus lourds,
  • Pour l'instant, il s'agit d'un projet de démonstration, la réglementation ne permettant pas encore ce genre de vols.
  • L'équipementier belge a déjà mené d'autres tests avec des drones, pour les inspections des éoliennes en mer et le transport d'échantillons médicaux au-dessus des villes.

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