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Et si le temps du parking intelligent était enfin venu?

Le besoin de places de parkings pour recharger son véhicule pourrait booster le smartparking. ©BELGAIMAGE

La technologie permettant de trouver une place libre à destination doit aider à la décongestion des villes. Une vieille promesse qui tarde à devenir réalité.

Quand on s'intéresse à la mobilité, un sujet revient sur la table depuis plusieurs années: le parking intelligent. Le concept est large, il va de paiements facilités à une vraie ville de demain où les automobilistes sont dirigés vers des places libres hors voirie.

Parler parking intelligent, même quand on est favorable à une ville avec moins de voitures, n'est donc pas un gros mot. Les places de parking sont en fait bien trop nombreuses dans les villes modernes et souvent mal utilisées. La technologie promet à terme de régler cela. Elle donnera aussi la possibilité à ceux que ne savent pas faire autrement d'accéder facilement à la ville en voiture.

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À peine un conducteur sur quatre en Belgique utilise une application de paiement pour son parking.

Fini de rouler pour rien non loin de sa destination pour trouver à se garer. Les solutions promettent de se diriger directement vers des places de parkings disponibles. Des algorithmes efficients pourraient rediriger les automobilistes vers des zones avec des places disponibles. Quand les places sont équipées de technologie de reconnaissance, comme dans les parkings commerciaux, par exemple, il est même possible de savoir précisément où sont ces places disponibles et de les réserver.

Cela traîne à se concrétiser

Mais le problème du "smartparking", c'est qu'il revêt un caractère de serpent de mer. Certes, les possibilités du parking intelligent semblent très prometteuses, mais dans les faits, peu nombreuses sont ses promesses déjà devenues réalités.

Easypark, acteur important du paiement de parking, vient de racheter Park Now à Daimler et BMW. La société devient ainsi un acteur de poids du domaine, actif dans 3.200 villes dans le monde.

"À Amsterdam, 80% des paiements de parking en rue se font via mobile. Le prochain défi est d'aider les conducteurs à trouver une place."
Marius Koerselman
Patron d'Easypark aux Pays-Bas et en Belgique

"À Amsterdam, 80% des paiements de parking en rue se font via mobile. Le prochain défi est d'aider les conducteurs à trouver une place", explique Marius Koerselman, patron d'Easypark aux Pays-Bas et en Belgique. Chez nous, à peine un conducteur sur quatre utilise un service de paiement mobile. "Si on a un contrat à Paris, on couvre toute la ville d'un coup. Bruxelles a maintenant une plateforme commune (Parking Brussels, NDLR) pour chapeauter les 19 communes, mais ça prend plus de temps. Nous y sommes presque. Il ne manque que Saint-Josse et Saint-Gilles", détaille le patron.

Les choses ne vont-elles pas trop lentement? "Je travaille dans ce domaine depuis 2003. Au début, j’aurais attendu un développement plus rapide. Les choses prennent du temps, c'est normal. Dans 10 ans, cela deviendra très différent", estime Koerselman.

Nécessité électrique

Le parking intelligent risque en effet de devenir une nécessité, avec l'essor du véhicule électrique et le besoin de places avec prise à destination.

La philosophie qui s'impose dans de plus en plus de villes est celle qui veut que la rue soit avant tout faite pour le citoyen. Pour y arriver, il est essentiel de garer les voitures hors voiries. La plupart des communes tentent ainsi de forcer une rotation des places en surface et de ne plus permettre de se garer pour plus de quelques heures.

La clé, comme souvent dans la technologie, ce sont les données. Les sociétés télécoms ont à peu près toutes une unité business de données qu'ils commercialisent. Souvent, il s'agit de vendre des données de passages pour connaître l'intérêt d'une localisation, pour un commerce par exemple.

L'apport de solutions GPS intégrées au véhicule ou dans le smartphone pourraient être une étape-clé du développement du smartparking.

D'autres vont déjà plus loin. Communithings, filiale d'Orange, offre déjà plusieurs solutions pour faciliter une recherche de parking, comme par exemple une application pour trouver une place pour les personnes à mobilité réduite à Namur, ou une autre pour trouver une place libre sur le parking du Waasland shopping.

"Le problème c'est que quand tu prends le volant, tu n'ouvres pas ton application parking. Les gens ne réfléchissent à leur stationnement qu'en fin de parcours", glisse un acteur du secteur.

L'apport de solutions GPS intégrées au véhicule ou dans le smartphone pourraient être une étape-clé du développement du smartparking. En attendant, seuls des propriétaires privés utilisent des solutions de smartparking pour gérer leurs places. Une société comme Commuty propose ainsi à des entreprises des solutions de parking intelligentes pour leurs travailleurs. La startup Bepark, gère 20.000 places en Belgique en France et au Luxembourg.

"Je ne crois franchement pas que le privé va arriver à tout changer. Le meilleur acteur pour que le smartparking s'impose, ce sont les villes", nous glisse-t-on. Parking Brussels s'y essaye. La société propose 58 parkings publics dans son application ainsi que des places pour les personnes à mobilité réduite.

Le résumé

  • Villes moins congestionnées, récupération de places en surfaces: les promesses du parking intelligent, ou "smartparking", sont nombreuses.
  • Elles tardent à se réaliser, malgré le foisonnement d'acteurs dans le domaine.
  • Le véhicule électrique pousse au développement de cette technologie.

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