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GSK s'allie au centre Imec pour préparer les vaccins du futur

GSK et Imec estiment notamment pouvoir révolutionner l’échantillonnage grâce à l’utilisation de capteurs microfluidiques. ©Christophe Ketels

GSK et Imec lancent un partenariat stratégique inédit dans la R&D pharmaceutique et la bioproduction.

Distancé dans la course au vaccin contre le Covid-19 à cause des déboires rencontrés par ses partenaires français Sanofi et allemand CureVac, le géant pharmaceutique GSK entend bien rester un des leaders mondiaux dans ce secteur bouleversé par la pandémie et l'apparition de nouvelles technologies disruptives.

Longtemps numéro un mondial en termes de diversité du portefeuille et de volume des vaccins, le laboratoire britannique, dont la branche vaccins est fortement implantée en Belgique avec les sites de Rixensart et de Wavre - soit 9.000 emplois -, a trouvé un partenaire de choix pour redresser la barre et explorer de nouvelles voies: le centre de recherche en technologies digitales Imec.

Imec, une référence mondiale

Avec un siège principal en périphérie de Louvain, des laboratoires de recherche en Flandre, en Hollande, à Taiwan, aux États-Unis et une présence en Chine, en Inde et au Japon, Imec est devenu, en trente ans, l’une des références mondiales dans la nanotechnologie et le développement de puces électroniques. Ses clients, les pointures mondiales du secteur, confient à ce fleuron flamand le soin d’effectuer des recherches sur les puces de demain. Le groupe affiche 640 millions de chiffre d’affaires et compte environ 5.000 chercheurs.

À court terme, la coopération vise à tirer parti de la nanoélectronique pour automatiser et améliorer les processus de contrôle en bioproduction.

Cet accord hors du commun entre un champion de la technologie de pointe et un poids lourd de la production de solutions santé s'inscrit dans la philosophie du rapport stratégique publié il y a deux semaines par le gouvernement fédéral et qui vise à faire de la Belgique une "health and biotech valley of tomorrow". Il a été préparé au cours de douze mois de collaborations exploratoires et de recherches entre les deux acteurs, qui ont généré des résultats préliminaires prometteurs.

Contrôle des contaminations

Le partenariat prévoit une collaboration stratégique dans la R&D pharmaceutique et la bioproduction. À court terme, la coopération vise à tirer parti de la nanoélectronique pour automatiser et améliorer les processus de contrôle en bioproduction: par exemple, la mesure et la quantification automatiques des protéines dans les bioréacteurs, la mesure et le contrôle des contaminations, la stimulation de la croissance des matières premières...

Élément majeur dans le processus de fabrication des vaccins, le bioréacteur est une cuve fermée ayant pour vocation de faire croître des cellules qui, elles-mêmes, produiront un antigène, les substances qui déclenchent, dans le système immunitaire, une réaction de repérage d’un intrus.

"L’objectif est de se rapprocher de la ligne pour atteindre une information pointue et de qualité en temps réel, ou presque."
Jamila Laouhed
Responsable R&D de GSK Vaccines

"Comme il s’agit d’un processus biologique, autrement dit vivant, de multiples mesures sont effectuées tout au long du processus afin d’évaluer la croissance, la vitalité, la qualité et la quantité d’antigène produit", explique Jamila Louahed, la responsable R&D de GSK Vaccines.

"Information pointue en temps réel"

GSK et Imec estiment ainsi pouvoir révolutionner l’échantillonnage grâce à l’utilisation de capteurs microfluidiques capables de quantifier de petites quantités de molécules produites, mais aussi les contaminations.  

"Aujourd’hui, toutes les mesures sont effectuées hors ligne. Un opérateur échantillonne le bioréacteur manuellement et apporte l’échantillon à un laboratoire d’analyse.  L’objectif est de se rapprocher de la ligne pour atteindre une information pointue et de qualité en temps réel, ou presque, qui permettra d’optimiser la quantité et la qualité de l’antigène visé. Ceci est valable pour tous les processus biologiques, ARN ou autre", poursuit Jamila Louahed.

"Nous avons été approchés par plusieurs sociétés pharmaceutiques qui ont besoin de capteurs pour améliorer leurs processus."
Liesbet Lagae
Scientific director life sciences pour Imec

"Nous étudions le développement de capteurs pour quantifier entre autres l’ADN, les protéines ou les particules bactériennes qui peuvent être utilisés pour améliorer les étapes du processus pour tout ce qui précède".

À plus long terme, les deux partenaires tenteront aussi de voir dans quelle mesure la nanotechnologie pourrait réaliser des percées dans la fabrication de nouveaux vaccins. Mais là, on se montre plus discret, tant du côté de la société pharmaceutique que du centre de recherche.

Quatre projets

GSK et Imec travaillent actuellement sur quatre initiatives. Deux autres projets démarreront avant la fin de l'année dans le domaine de l'excellence opérationnelle, de la fabrication clinique et des nanotechnologies.

Pour le centre louvaniste, cette première collaboration avec le monde médical pourrait servir d'exemple. "Nous avons été approchés par plusieurs sociétés pharmaceutiques qui ont besoin de capteurs pour améliorer leurs processus, compte tenu de la tendance vers une médecine plus personnalisée et des thérapies cellulaires avancées, où il est de plus en plus difficile de contrôler la qualité", souligne, pour sa part, Liesbet Lagae, scientific director life sciences pour Imec. "Mais pour les vaccins, nous avons choisi d’entamer une collaboration stratégique avec GSK".

"Dans le contexte actuel, l’objectif premier est de pouvoir répondre aux besoins mondiaux de tous les types de vaccins confondus (...)."
Jamila Louahed
Responsable R&D de GSK Vaccines

Cette collaboration pourrait-elle déboucher sur des vaccins moins chers ou plus performants? "L’ambition de cette collaboration vise de premier abord une plus grande efficience de la production de vaccins pour un accès plus rapide à tous les individus à travers le monde", indique encore Liesbet Lagae.

"Dans le contexte actuel, l’objectif premier est de pouvoir répondre aux besoins mondiaux de tous les types de vaccins confondus et le défi est de taille. Une production à moindre coût est aussi un objectif, cependant il est prématuré de pouvoir statuer sur ce point aujourd’hui", conclut, pour sa part, Jamila Louahed.

Le résumé

  • Le géant pharmaceutique GSK entend rester un des leaders mondiaux dans le secteur des vaccins, bouleversé par la pandémie et l'apparition de nouvelles technologies disruptives.
  • Il a conclu un partenariat stratégique avec le centre de recherche en technologies digitales Imec, situé à Louvain.
  • Le partenariat prévoit une collaboration stratégique dans la R&D pharmaceutique et la bioproduction.
  • L’ambition de cette coopération vise en premier lieu une plus grande efficience de la production de vaccins pour un accès plus rapide à travers le monde.

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