L'imprimeur devenu fournisseur de masque des géants belges

Mohamed Bahaddou a engagé une vingtaine de couturières. ©Flyer

En se lançant dans la production de masques, l’imprimeur Flyer a réussi une jolie diversification. Ses clients se nomment Proximus, le Pain Quotidien, Luminus... L’adaptation durera à long terme.

"En raison du Covid-19, nous avons dû complètement nous réinventer". La phrase a tellement été entendue depuis des mois, qu’elle finirait presque par lasser. Elle est néanmoins particulièrement pertinente dans la bouche de Mohamed Bahaddou, le cofondateur de Flyer, une entreprise spécialisée dans l’impression. Jusqu’à l’arrivée du virus, son entreprise était l’un des leaders belges de l’impression en ligne. Les chiffres affichés pointaient des revenus de 12 millions d’euros et une septantaine de travailleurs, répartis entre le siège bruxellois et la production à Bruges.

"Il fallait aussi trouver du personnel compétent. Or, il n’y a quasi plus personne de qualifié en Belgique pour faire de la couture."
Mohamed Bahaddou
Cofondateur de Flyer

La fermeture de l’événementiel a toutefois méchamment affecté le joli bulletin. "On a rapidement perdu 75% de ses revenus. Il a donc fallu trouver une solution", explique-t-il. Ça sera le masque, le dernier élément à la mode et au potentiel (au moins à court terme) intéressant. "C’était un sacré défi car on n’y connaissait absolument rien", sourit Mohamed Bahaddou. "L’autre challenge était qu’il fallait aussi trouver du personnel compétent pour développer un tel produit. Or, il n’y a quasi plus personne de qualifié en Belgique pour faire de la couture".

Production entièrement locale

Peu importe les difficultés, les deux fondateurs de Flyer préfèrent se lancer plutôt que de voir leur business dépérir. Ils investissent quelques dizaines de milliers d’euros dans de nouvelles machines et partent à la recherche de couturières. Ils en trouveront une vingtaine. Suffisant pour se lancer mais, histoire de compliquer un peu le tout, les deux entrepreneurs souhaitent remplir un cahier des charges des plus exigeants. "On voulait évidemment que nos masques disposent du certificat de validité. Nous visons le BtoB. Cela n’aurait aucun sens de fournir aux entreprises des milliers de masques qui ne seraient pas conformes à 100%. On souhaitait aussi tout faire en Belgique". La société fait de la place dans sa production d’imprimés, presque à l’arrêt, et installe sa nouvelle ligne de production. Découpe au laser du tissu, assemblage, fixation des élastiques ou encore personnalisation du masque, tout se fait à Bruges.

"Avec cette nouvelle ligne, nous avons aussi pu développer de l’impression sur d’autres produits comme sur des coussins ou ne plus dépendre de sous-traitants étrangers pour certaines tâches."
Mohamed Bahaddou

En quelques mois, la diversification est née. Et devient rentable. "Elle nous a permis de combler 75% des pertes", assure le patron qui a déjà écoulé plus de 200.000 masques depuis le lancement. "Nous avons eu la chance au début de recevoir une très grosse commande de Plan International", se souvient Mohamed Bahaddou. Depuis, les grandes boites se sont multipliées dans la liste des clients. Proximus, Le Pain Quotidien, Luminus, UGent ont notamment fait produire leurs masques personnalisés au sein de la société.

Penser l'après-Covid

Pari gagné. Mais pour combien de temps? Les espoirs amenés par le vaccin pourraient, dans le meilleur des mondes, démoder le port du masque d’ici quelques mois. Pas de souci pour l’entreprise qui pense déjà à l’après. "On a déjà réfléchi à ce que nous pouvions proposer. En lançant la production, on a remarqué que la Belgique était complètement dépendante de l’étranger dans le secteur du textile. On ne sera pas concurrentiel pour tout, mais on peut faire la différence sur certains cas particuliers".

 C’est déjà le cas. Depuis la pandémie, Flyer a signé plusieurs contrats avec des sections de pompiers et policiers locales dont les vêtements doivent très régulièrement être remis à neuf. "Avec cette nouvelle ligne, nous avons aussi pu développer de l’impression sur d’autres produits comme sur des coussins ou ne plus dépendre de sous-traitants étrangers pour certaines tâches".

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