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Le secteur aérien dit adieu aux tours de contrôle

©BELGA

Un symbole de l’aviation devrait bientôt disparaître. Les tours de contrôle sont de plus en plus souvent remplacées par des contrôles aériens virtuels à distance. Charleroi et Liège sont à l’avant-garde.

C’est une image reconnaissable entre toutes dans des anciens films ou bandes dessinées: le contrôleur aérien qui, avec ses jumelles, scrute l’espace aérien ou le tarmac pour garder un œil sur tous les mouvements d’avions. Les jumelles ont été remisées au placard depuis un certain temps et les tours de contrôle devraient bientôt subir le même sort. De plus en plus d’aéroports les remplacent par une forme digitale et virtuelle de contrôle du trafic qui rend le contrôle visuel inutile.

"Une tour digitale réduit également les retards pour les passagers"
Johan Decuyper
CEO de Skeyes

Ces "tours de contrôle virtuelles", peuvent être situées à des centaines de kilomètres de l’aéroport où les avions décollent et atterrissent. Dans notre pays également, des projets sont en préparation. Skeyes souhaite utiliser un centre commun pour contrôler le trafic aérien des aéroports de Charleroi et de Liège à partir de 2024 ou 2025. Ce centre de contrôle devrait être installé à Namur, plus ou moins à mi-chemin entre les deux aéroports.

Le partage des infrastructures et des équipes est un des avantages des tours de contrôle virtuelles, explique Johan Decuyper, CEO de Skeyes, la société responsable du contrôle aérien. "Liège est surtout un aéroport de nuit, alors que Charleroi est principalement actif pendant la journée. C’est aussi plus efficace de gérer le trafic de ces deux aéroports avec une seule équipe située au même endroit. Nous pourrons peut-être ajouter ultérieurement d’autres aéroports, comme celui de Lille, dans le nord de la France."

Un investissement moindre dans les bâtiments

Il existe d’autres raisons pour mettre fin aux anciennes tours de contrôle. "L’investissement dans les bâtiments est moindre, ce qui explique que l’on se tourne de plus en plus vers des tours digitales lorsque les anciennes doivent être remplacées", poursuit Decuyper. "Et vu qu’une tour digitale peut également garantir le contrôle du trafic en cas de mauvais temps, elles sont plus efficaces. Cela réduit également les retards pour les passagers."

"Liège est surtout un aéroport de nuit, alors que Charleroi est principalement actif pendant la journée. C’est aussi plus efficace de gérer le trafic de ces deux aéroports avec une seule équipe située au même endroit."
Johan Decuyper
CEO de Skeyes

Les tours digitales sont nouvelles en Belgique, mais sont déjà beaucoup utilisées dans le reste de l’Europe. "La tendance a été lancée il y a quelques années, surtout dans de petits aéroports scandinaves. Là-bas, cela coûte très cher de disposer d’un contrôle aérien pour chaque aéroport. C’est ainsi qu’ils ont commencé avec les tours digitales capables de contrôler plusieurs aéroports distants de centaines de kilomètres. À Stockholm, ils ont notamment une tour digitale qui peut contrôler jusqu’à 10 ou 20 aéroports."

Ce système est aujourd’hui également utilisé par l’aéroport de London City et par quelques aéroports de taille moyenne et bases aériennes militaires. Aux Pays-Bas, l’aéroport de Groningen est passé au contrôle aérien à distance et a été suivi par l’aéroport de Maastricht-Aix-la-Chapelle.

Le besoin d’un réseau sûr et puissant qui fournit les données en temps réel

Ces aéroports sont équipés de caméras de haute définition et de systèmes de radars au sol afin que tous les mouvements au sol puissent également être captés. Pour organiser le contrôle aérien à distance, il est cependant crucial de disposer d’un réseau sûr et puissant qui fournit les données en temps réel. L’agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) veille à ce que ces systèmes répondent aux normes de sécurité.

"Je m’attends à ce qu’à terme, toutes les tours soient virtuelles."
Johan Decuyper
CEO de Skeyes

Skeyes travaillera avec Saab Digital Air Traffic Solutions (SDATS) – une coentreprise entre la société Saab et la société suédoise de contrôle aérien LFV – pour l’installation de la première tour de contrôle digitale dans notre pays. À Liège et Charleroi, des caméras "intelligentes" et des mâts de transmission seront installés pour transmettre les données. Les contrôleurs aériens utiliseront la "réalité augmentée": en plus des images de l’aéroport en temps réel, ils recevront une "couche" d’informations digitales, comme des étiquettes pour identifier les avions et les véhicules circulant sur le tarmac.

Autre avantage de la digitalisation: les drones pourront être intégrés dans la gestion du trafic aérien. Un radar traditionnel n’est pas capable de les détecter, ce qui augmente les risques de collisions avec les avions. Skeyes se prépare également à de nouvelles missions de contrôle du trafic de drones. Elle a d’ailleurs créé une filiale dédiée – SkeyeDrone – au début 2020.

Le fait que Charleroi et Liège soient à l’avant-garde dans notre pays tient au fait que ces aéroports ne disposent que d’une seule tour de contrôle. Dans la première phase du projet, le centre digital servira surtout de back-up. "Brussels Airport dispose aujourd’hui de deux tours, ce qui rend le recours aux tours digitales moins urgent. Mais je m’attends à ce qu’à terme, toutes les tours soient virtuelles", poursuit Decuyper.

Le résumé

Les "tours de contrôle virtuelles" peuvent être situées à des centaines de kilomètres de l’aéroport où les avions décollent et atterrissent.

Skeyes souhaite utiliser un centre commun pour contrôler le trafic aérien des aéroports de Charleroi et de Liège à partir de 2024 ou 2025. Ce centre de contrôle devrait être installé à Namur, plus ou moins à mi-chemin entre les deux aéroports.

Ces aéroports sont équipés de caméras de haute définition et de systèmes de radars au sol afin que tous les mouvements au sol puissent également être captés.

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