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Le télescope Einstein, un "mini-Cern" très prisé

Le Centre spatial de Liège (CSL) est impliqué dans les travaux préparatoires du projet de télescope souterrain Einstein. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

L'Euregio Meuse-Rhin veut pousser ses entreprises à participer au projet de télescope souterrain Einstein, une aventure technologique à près de deux milliards d'euros.

C’est une belle initiative scientifique de près de 2 milliards d'euros qui pourrait atterrir près de la région liégeoise. L’Euregio Meuse-Rhin, à cheval sur la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, est candidate pour accueillir le projet de télescope Einstein (ET).

Il s'agira d'un gigantesque observatoire souterrain de détection des ondes gravitationnelles, ces infimes soubresauts de l’espace-temps qui peuvent aider à une meilleure compréhension de la théorie du big bang et de l'histoire de l'univers.

Deux sites en lice

Deux sites sont en lice pour accueillir ce programme européen pharaonique, un triangle constitué de trois tunnels d'une dizaine de kilomètres chacun, enfouis 200 à 300 mètres sous la surface. Une profondeur nécessaire pour éviter aux instruments ultra-sensibles de subir des perturbations indésirables créées par l'activité humaine, le vent ou le mouvement des sols.

Certains parlent d’un "mini Cern", avec à la clé 500 emplois.

L'Italie, qui abrite déjà un détecteur d'ondes plus modeste, est également sur les rangs avec la Sardaigne. Une décision finale sur l'emplacement doit être prise en 2024. L'installation devrait être mise en service à partir de 2032.

Certains parlent d’un "mini Cern" (en référence au  Conseil européen pour la recherche nucléaire basé en Suisse), avec à la clé 500 emplois, un chiffre sans doute sous-estimé.  La comparaison vaut ce qu’elle vaut, à la différence près que la physique des ondes gravitationnelles n’en est qu’à ses balbutiements.

Des études du sous-sol

En attendant le verdict, les pays candidats étoffent leur dossier. Dans le cadre d’un projet européen de coopération transfrontalière Interreg, regroupant une douzaine de partenaires et coordonné par l’ULiège, des scientifiques vont réaliser des études du sous-sol dans la région comprise entre Liège, Maastricht et Aix-la-Chapelle, histoire de valider l’implantation du projet dans cette zone.

"Il faut un maximum de retour vers nos trois pays".
Michel Stassart
Directeur adjoint du pôle de compétitivité wallon Skywin

Un autre projet prévoit la construction d’un prototype de grand miroir suspendu à température cryogénique, un équipement jamais réalisé à ce jour. La mise en place de ce prototype permettra de valider la technologie qui pourra améliorer la sensibilité du télescope aux ondes gravitationnelles de basses fréquences, générées par la fusion de trous noirs très massifs. Le prototype sera développé au Centre spatial de Liège (CSL).

Les entreprises belges dans les starting-blocks

Il serait dommage, pour d’autres entreprises belges, de ne pas participer à cette belle aventure technologique. "Lors d’une réunion avec des partenaires néerlandais, ceux-ci ont indiqué avoir fait appel à des spécialistes suisses, allemands et autres pour la fabrication de pièces technologiques pour un des démonstrateurs", explique Michel Stassart, directeur adjoint du pôle de compétitivité wallon Skywin.

50.000
euros
Des chèques d'innovation d'une valeur de 25.000 à 50.000 euros vont être proposés aux PME qui développeront de projets collaboratifs inter-régionaux de R&D.

"Il existe Amos, à 30 minutes de Maastricht, qui est leader mondial dans pas mal de choses dans le domaine des miroirs. D’où l’idée de placer nos entreprises dans les starting-blocks pour les appels d’offres, pour que ce ne soient pas des Américains ou des Suisses qui profitent d’un projet dans lequel les Belges ont investi. Il faut un maximum de retour vers nos trois pays."

Grâce à un troisième projet Interreg, des chèques d'innovation d'une valeur de 25.000 à 50.000 euros vont être proposés aux PME qui développeront de projets collaboratifs interrégionaux de R&D portant sur des technologies liées à l'ET.

Pour Michel Stassart, la palette des domaines de compétence pouvant intéresser les entreprises belges est extrêmement large: elle s’étend de la cryogénie à la mécanique de précision et la mécatronique, en passant par les senseurs, l'optique, les lasers ou les algorithmes de contrôle avancés. Sans oublier toutes les technologies liées à la géologie.

Un modèle virtuel

Les entreprises intéressées trouveront également, via ce projet Interreg, une aide directe pour étendre leur réseau commercial aux pays voisins, pour trouver la PME partenaire adéquate. Elles auront notamment la possibilité de présenter leur savoir-faire et leurs compétences particulières sur le site internet dans un modèle virtuel en 3D du télescope.

Au cas où l’Italie devrait être retenue, tout ce travail préparatoire serait loin d'être perdu.

"Il faut que ces entreprises apprennent à se connaitre et créent des clusters d’acteurs des trois pays. Elles doivent mettre sur pied rapidement des communautés de PME, de centres de recherche, mais aussi de grandes entreprises, afin de déposer des projets collaboratifs interrégionaux" poursuit Michel Stassart.

Au cas où l’Italie devrait être retenue, tout ce travail préparatoire serait loin d'être perdu. Ces entreprises seront prêtes à faire offre de services conjointes si le projet ET est construit en Sardaigne, conclut Michel Stassart: "Elles auront déjà les compétences pour s’inscrire dans ces appels européens. Et même si elles devaient ne pas avoir de contrat du tout, elles auront amélioré leur technologie, pour d’autres projets."

Le résumé

  • Pour étudier de plus près les ondes gravitationnelles, l'Europe a lancé un gigantesque projet d'observatoire souterrain, le télescope Einstein.
  • Deux sites sont en lice, dont l'un dans la région des Trois Frontières, près de Liège.
  • L'Eurorégion Meuse-Rhin et le pôle Skywin poussent les entreprises de Belgique, d'Allemagne et des Pays-Bas à participer à cette initiative technologique de près de deux milliards d'euros, même si c'est l'Italie qui emporte le projet.

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