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Les codes-barres intelligents s'imposeront d'ici 2027

Le code-barres est utilisé depuis près de 70 ans dans le monde et 40 ans en Belgique. ©Photo News / Rapha‘l Demaret

La clé d'identification des produits, si courante aujourd'hui, a déjà 70 ans dans le monde et 40 en Belgique. Ce qui n'empêche pas ses développeurs de lui trouver de nouvelles fonctions.

C'est le standard le plus généralisé dans le monde aujourd'hui. C'est aussi le seul langage unique qu'on comprenne dans tous les pays et toutes les cultures... Le code-barres (ou code à barres, CAB) est la clé d'identification des produits la plus répandue. On célèbre cette année son quarantième anniversaire en Belgique. Un entrepreneur indépendant à Westende l'a utilisé pour la première fois sous nos latitudes en mai 1981, en référençant 3.000 des quelque 25.000 produits alimentaires et cosmétiques qu'il proposait à la vente dans son supermarché. Mais son invention remonte à trente ans plus tôt...

Du chewing-gum pour tester le système

Ses origines sont toutefois controversées. Selon Wikipédia, ce sont deux étudiants américains qui cherchaient une méthode pour automatiser l'enregistrement des produits qui l'ont breveté en 1952. Pour Jan Somers, le CEO de GS1 Belgium & Luxembourg, l'organisation qui octroie les codes-barres, leur création s'est faite en deux temps: leur concept a d'abord été mis au point à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais c'est IBM qui a lié ensuite ce système de codage de l'information à un ordinateur personnel.

"Albert Hein, le fondateur du groupe de distribution néerlandais, a importé le système des CAB en Europe à la fin des années 1970."
Jan Somers
CEO, GS1 Belgium & Luxembourg

Ce qui est certain, c'est qu'il a vu le jour aux États-Unis et que la première entreprise à l'utiliser est Wrigley, illustre fabricant de chewing-gums: il a inauguré le système en 1974 pour sa marque Juicy Fruit dans un grand magasin de la ville de Troy (Ohio). Comme il permettait aux supermarchés de gagner beaucoup de temps aux caisses enregistreuses, le CAB s'est aisément imposé dans ce secteur. Et surtout, il l'a aidé à grandir rapidement.

"Albert Hein, le fondateur du groupe de distribution néerlandais, a importé le système en Europe à la fin des années 1970, poursuit Jan Somers. Puis, sous la pression de la Commission, intervenue auprès de la France et de l'Allemagne qui avaient déployé des numéros propriétaires à l'échelle nationale, la Communauté européenne a favorisé la création d'un système international. C'est ainsi qu'est née l'European Article Numbering Association (EAN) en 1977, qui allait donner naissance à GS1 un peu plus tard, quand les différents continents auront intégré leurs systèmes." Cette étape est intervenue en 2006, quand l'Europe et l'Asie, d'un côté, l'Amérique et le reste du monde, de l'autre, ont décidé de fusionner leurs modèles de gestion des CAB.

6
milliards
Aujourd'hui, 6 milliards de produits sont scannés chaque jour dans le monde.

Depuis lors, on dispose d'un seul système d'identification des produits dans les secteurs de la grande consommation – en physique comme en-ligne –, du bricolage, de la logistique et des soins de santé. Chaque jour, 6 milliards de codes à barres sont scannés dans le monde avec une clé acceptée partout et un identifiant spécifique pour chaque produit.

La 2D au secours des hôpitaux

Concrètement, le producteur qui souhaite marquer ses produits demande un préfixe d'entreprise à GS1. Il recevra alors de sa part des numéros d'article et des chiffres de contrôle, les trois données étant combinées dans le CAB de chaque produit. On parle de codes EAN ou de GTIN, pour: Global Trade Item Number (numéro d'article commercial mondial). "Cela peut se faire en dix minutes sur notre plateforme, depuis le dépôt de la demande jusqu'au téléchargement des listes de numéros", explique Jan Somers.

S'il servait au départ à faciliter le travail à la caisse des magasins, à la comptabilité et la gestion des stocks, le système a été élargi au suivi des produits à travers toute la chaîne logistique. Les grandes plateformes de commerce en-ligne l'ont rapidement adopté. Ses fonctionnalités ont été singulièrement améliorées au coeur des années 1990, quand GS1 a introduit le code à barres bi-dimensionnel: celui-ci ne recourt plus uniquement à des barres verticales et des chiffres, mais combine une variété de symboles, ce qui permet d'y stocker beaucoup plus d'informations. Parmi une panoplie de normes, GS1 a opté pour la 2D de type "Data Matrix".

"Outre l'identification du produit, on y encode le numéro du lot, sa date d'expiration ou de péremption, des données sur le remboursement éventuel dans le cas d'un médicament...", relève Somers. Un médoc? oui, car le "code-barres 2D" a permis l'adoption du système dans le secteur des soins de santé. En pharmacie, on y recourt systématiquement désormais pour les médicaments sous prescription, ce qui permet non seulement un meilleur suivi, mais aussi de lutter contre la fraude (les faux médicaments). Et surtout, un nombre croissant d'hôpitaux l'emploient pour le suivi des patients.

"En hôpital, on scanne le patient dans son lit, en chambre ou en salle d'opérations pour vérifier son identité, les traitements qui lui sont prescrits, le dosage et bien d'autres choses. Cela augmente la sécurité du patient tout en permettant de gagner en transparence et en efficacité." Actuellement, 30 hôpitaux se sont affiliés à GS1 en Belgique, dont les hôpitaux universitaires de Leuven, Gand et Bruxelles (UZ) ou encore UCL Namur. D'autres s'y préparent.

"Le recours au CAB en hôpital augmente la sécurité du patient tout en permettant de gagner en transparence et en efficacité."
Jan Somers
CEO, GS1 Belgium & Luxembourg

Convaincus de l'amélioration apportée par le système 2D, GS1 a prévu au plan mondial de faire migrer l'ensemble des utilisateurs de code à barres vers le Data Matrix d'ici 2027. "La plupart des scanners (lecteurs de CAB) sont déjà prêts pour le 2D, mais il reste à adapter un grand nombre de logiciels", précise Jan Somers qui ajoute qu' "en 2027, toutes les caisses devront être à même de lire les codes 2D mais l'on pourra encore utiliser des codes unidimensionnels sur des produits".

Vers des étiquettes plus concises

Aujourd'hui, une série de commerces recourent par ailleurs à la technologie des puces RFID (identification par radiofréquence) pour enregistrer et partager diverses informations sur les produits. La base utilisée est toujours le code à barres, tel que géré par GS1. Ce système est privilégié entre autres dans les magasins de mode où il est aussi combiné avec une application antivol.

Et quid du QR code (quick response code ou code à réponse rapide)? On le présente parfois à tort comme le successeur du code à barres, répond Jan Somers: "ce code sert à diriger le consommateur ou la personne vers une adresse sur internet. C'est tout. On peut aussi introduire un tel lien dans un code à barres 2D."

Le 2D permettra aussi de réunir en un seul code divers renseignements qui sont aujourd'hui dispersés sur l'étiquette de chaque produit, tels que des données marketing ou de traçabilité. Ces codes à barres "intelligents" incarnent selon GS1 les codes du futur: ils prennent moins de place sur les étiquettes, offrent une meilleure lisibilité et une capacité de stockage de données largement supérieures aux codes unidimensionnels. Reste à voir si l'échéance de 2027 sera bien tenue pour la grande migration.

GS1 Global a son siège à Bruxelles...

GS1 est un organisme neutre sans but lucratif qui a pour forme la coopérative. Indépendante des gouvernements, elle est financée par l'industrie qui utilise ses services. Les entreprises lui paient des frais de licences, en fonction de leur chiffre d'affaires et du volume de numérotations utilisé. Elle compte 116 organisations à travers le monde et dispose de deux sièges, l'un à Bruxelles et l'autre à New York – un héritage de la fusion intervenue en 2006 entre l'association EAN et son pendant américain.

Si les entreprises souhaitant obtenir des codes doivent s'adresser dans notre pays à GS1 Belgium & Luxembourg, c'est GS1 Global qui développe les standards au plan mondial. C'est elle qui a par exemple décidé que la transition vers la 2D se ferait d’ici à 2027.

Les codes à barres sont basés sur une technologie ouverte. D'autres organisations y recourent en appliquant leur propre système de numérotation. C'est le cas notamment du secteur de la construction automobile.

Le résumé

  • Le code-barres est utilisé depuis près de 70 ans dans le monde et 40 ans en Belgique; c'est un indépendant de Westende qui a fait œuvre de pionnier dans son supermarché.
  • Le système d'identification des produits dans les chaînes d'approvisionnement et la distribution permet aujourd'hui l'utilisation d'un même langage partout dans le monde, que ce soit dans les magasins physiques comme dans les shops en-ligne.
  • C'est l'organisation sans but lucratif GS1 qui gère l'octroi des numéros et des codes.
  • Les codes bi-dimensionnels s'introduisent dans le secteur des soins de santé où ils permettent d'améliorer la sécurité des patients.

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