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Syscade, un labo mobile pour traiter les fûts radioactifs

Le projet Syscade vise à s'attaquer à la problématique épineuse que représente la détermination précise du contenu des fûts radioactifs enfouis à titre temporaire. ©REUTERS

Le projet Syscade veut accélérer le processus d'analyse des déchets radioactifs tout en réduisant les coûts. Il a été invité à participer à la création de la filière belge du démantèlement des centrales.

Avec l’arrêt des réacteurs nucléaires belges prévu entre 2022 et 2025 arrive aussi la création d'une industrie nouvelle: celle du démantèlement des centrales. Chantier aussi titanesque qu'inédit pour le pays, la gestion de la fin de vie des centrales constitue un défi de taille dont la Belgique compte bien s'emparer, grâce à ses entreprises spécialisées dans le secteur nucléaire.

Avec l'émergence de cette industrie nouvelle, d'autres entreprises, œuvrant dans des secteurs différents, veulent embarquer dans l'aventure. C'est le cas de la petite société tournaisienne DSI, qui désire mettre ses compétences engrangées depuis 20 ans dans l'industrie automobile au service du démantèlement des centrales nucléaires.

Ainsi, la société a dévoilé son projet Syscade, "une unité mobile d'analyse de déchets radioactifs qui combine pour la première fois imagerie par rayons X et caractérisation des isotopes radioactifs".

Deux en un

Complexe de prime abord, ce projet, réalisé avec le groupe Technord, vise à s'attaquer à la problématique épineuse que représente la détermination précise du contenu des fûts radioactifs enfouis, à titre temporaire, depuis parfois très longtemps. En effet, en attendant leur stockage définitif, ces fûts sont enterrés temporairement et, selon le CEO de DSI et chef de projet de Syscade Thierry Delvigne, "quand on les déterre, on ne sait pas exactement ce qu'il y a dedans".

"Syscade se présente sous la forme d'un grand container, permettant de réaliser à la fois l'inspection et la caractérisation. Par son aspect mobile, il permettrait d'accélérer grandement la procédure en réduisant les coûts."
Thierry Delvigne
CEO de DSI et chef de projet de Syscade

Aujourd'hui, l'analyse du contenu des fûts se fait en deux temps. La radiographie d'abord, la caractérisation, soit la détection des radio-isotopes présents et la détermination du niveau de radioactivité, ensuite. Ce processus est effectué dans des centres dédiés, équipés de systèmes de radiologie et de caractérisation extrêmement coûteux. Dans les années à venir, avec la mise en route du démantèlement, ceux-ci devraient se multiplier, nécessitant au passage des millions d'euros d’investissement.

"Syscade se présente sous la forme d'un grand container, permettant de réaliser à la fois l'inspection et la caractérisation", résume Thierry Delvigne. "Par son aspect mobile, il permettrait d'accélérer grandement la procédure en réduisant les coûts", poursuit-il.

Nouvelle société

À terme, cette solution tout-en-un sera logée dans une société éponyme, actuellement en cours de création. Au capital, on retrouvera donc DSI et Technord mais le CEO indique être également à la recherche de participations de fonds d'investissement. Si tout se passe comme prévu, Thierry Delvigne espère employer 15 personnes d'ici cinq ans.

Thierry Delvigne a été invité aux discussions initiées par les ministres Dermagne, Dermine et Van der Straeten autour de la création d'une filière industrielle de démantèlement des centrales nucléaires.

Le développement du prototype de Syscade aura nécessité environ 2 millions d'euros. Pour maximiser ses chances de rentabilité, le CEO annonce s'attaquer directement au marché européen dans son ensemble. "Rien qu'en France, on retrouve des centaines de milliers de fûts enfouis." Pour que sa stratégie fonctionne, il faudra aller plus vite que la concurrence: Syscade devra compter sur son avance technologique.

Filière de démantèlement

Pour preuve que son projet suscite un intérêt réel, Thierry Delvigne a été invité aux discussions initiées par les ministres Dermagne, Dermine et Van der Straeten autour de la création d'une filière industrielle de démantèlement des centrales nucléaires.

Pour rappel, cette initiative lancée en mai dernier vise à réunir les acteurs du secteur autour d'une "table ronde" industrielle censée, à terme, déboucher sur "une activité structurante" autour du démantèlement. Syscade a donc rejoint les 13 entreprises invitées et espère participer à la création d'une expertise forte et belge dans cette industrie en pleine construction.

Le résumé

  • L'arrêt des réacteurs nucléaires belges prévu entre 2022 et 2025 provoque la création d'une industrie nouvelle: celle du démantèlement des centrales.
  • Des sociétés issues de divers secteurs veulent profiter de ce marché qui pourrait se révéler lucratif.
  • C'est le cas de DSI, société tournaisienne active dans le secteur automobile depuis 20 ans.
  • Son projet "Syscade" prévoit de déterrer, analyser et traiter les fûts contenant des matières radioactives enfouis depuis des années.

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