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Un laboratoire bruxellois à ciel ouvert pour l'hydrogène vert

Suite à l'étude de faisabilité, le projet sera déménagé sur un autre terrain de Sibelga, toujours à Anderlecht. ©doc

Le projet de recherche H2GridLab mené par Sibelga, Fluxys et John Cockerill vise à étudier l'intégration de l'hydrogène au réseau gazier. Mais pas seulement.

Hydrogène, hydrogène, hydrogène. Dans le monde de l'énergie, c'est le mot qui est sur toutes les lèvres (et dans les plans de relance) en ce moment. Qu'il soit un carburant, une alternative au gaz naturel ou un moyen de stocker l'électricité, l'hydrogène apparaît de plus en plus comme une solution à de nombreux maux à l'ère de la transition énergétique. Mais encore faut-il qu'il soit vert (et non gris ou bleu), c'est à dire produit à partir d'électricité renouvelable. C'est là que se trouve la vraie révolution.

En Belgique, les projets donnant la part belle au premier élément du tableau de Mendeleïev ont d'ailleurs bénéficié d'une attention toute particulière lors de l'élaboration du plan de relance. Le pays a en effet déposé quelque 89 projets à la Commission européenne, parmi lesquels un tri doit encore être effectué, l’enveloppe étant limitée à 5,9 milliards. Mais avant de voir les projets - et leurs applications industrielles - pulluler, la recherche semble occuper bon nombre d'acteurs.

"Pour atteindre les objectifs de décarbonation, plus de la moitié des efforts doivent être réalisés dans les besoins de chauffage."
Bruno Deremince
Innovation officer chez Sibelga

C'est notamment le cas du gestionnaire des infrastructures gazières du pays, Fluxys, du gestionnaire du réseau de distribution bruxellois, Sibelga, et du groupe d'ingénierie John Cockerill. Ensemble, les entreprises ont initié le projet H2GridLab afin d'étudier les finalités précises de cette salvatrice nouvelle source d'énergie.

Laboratoire à ciel ouvert

C'est à Anderlecht, sur un terrain appartenant à Sibelga, que les premières études ont pu avoir lieu. Démarrée en septembre 2020, la collaboration durera deux ans et sera supervisée par Sibelga. "Nous nous sommes demandés comment appliquer la transition énergétique à Bruxelles", indique Bruno Deremince, en charge du projet pour Sibelga. "Pour atteindre les objectifs de décarbonation, plus de la moitié des efforts doivent être réalisés dans les besoins de chauffage. Or, il existe là trois solutions complémentaires: la rénovation du bâti, qui est extrêmement longue et coûteuse, l'électrification des besoins énergétiques, mais le potentiel reste limité, et le développement de gaz alternatifs comme le biométhane, les gaz synthétiques et, bien sûr, l'hydrogène", explique-t-il.

50%
du financement
50% du 1,392 million d'euros nécessaire au financement du projet sont apportés par le Fonds fédéral de transition énergétique

Rendu possible par l'intervention du Fonds fédéral de transition énergétique qui apporte la moitié du 1,392 million d'euros nécessaire à sa mise en place, H2GridLab se présente donc comme un laboratoire à ciel ouvert où chaque acteur impliqué apporte son expertise. "Tout commence par une étude de faisabilité avec une portée très large. Notre but est de réfléchir aux finalités précises que peut avoir le projet. Nous comptons par exemple collaborer avec des universités afin de développer diverses applications dérivées de l'hydrogène comme des micro-turbines ou des piles à combustible par exemple", raconte Bruno Deremince.

Modèle industriel

Mais au delà de cette plateforme collaborative, le projet se veut aussi proche d'une réalité future. Aussi, il est prévu qu'un électrolyseur de petite taille soit apporté par John Cockerill afin de pouvoir produire de l'hydrogène sur site à partir de panneaux photovoltaïques. Ensuite, les molécules produites seront intégrées à un micro-réseau (micro-grid), piloté par Fluxys. "C'est une sorte de version miniature de notre réseau gazier actuel. Cela permettra de créer un centre de compétence autour de l'hydrogène", commente Bruno Deremince.

"C'est une sorte de version miniature de notre réseau gazier actuel. Cela permettra de créer un centre de compétence autour de l'hydrogène."
Bruno Deremince
Innovation Officer chez Sibelga

"L'objectif ici sera principalement d'étudier le comportement de l'hydrogène dans un écosystème donné ainsi que son injection dans le réseau de gaz", souligne Roland Hequet, le responsable de la stratégie hydrogène chez John Cockerill. Sibelga entend aussi former ses techniciens aux développements à venir, tout en s’adaptant à l’évolution du cadre régulatoire. En clair, alors que le gaz naturel est amené à disparaître du réseau d'ici 2050, Sibelga cherche à étudier comment effectuer le partage entre ce-dernier et l'hydrogène dans des tuyaux. Pour Fluxys, le projet est une manière d'affiner son expertise en matière de modélisation des flux dans ses infrastructures en obtenant des données pratiques.

Futur

En attendant que les infrastructures de Fluxys soient compatibles à l'hydrogène et que la Belgique dispose de suffisamment de capacités de production pour remplacer peu à peu le gaz naturel, les acteurs énergétiques entendent donc renforcer leur expertise via des centres de compétences comme H2GridLab.

Pour la suite, une révision fédérale du cadre régulatoire est aussi nécessaire. Les années à venir seront cruciales pour faire de la révolution hydrogène une réalité.

Le résumé

  • L'hydrogène est un élément clé de la transition énergétique et des plans de relance.
  • H2GridLab est un laboratoire à ciel ouvert permettant d'étudier le comportement de l'hydrogène dans les conduites de gaz et d'autres applications pratiques.
  • C'est un projet conjoint de Sibelga, Fluxys et John Cockerill.

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