analyse

Clubhouse, le réseau social qui se parle et s’écoute

Clubhouse a choisi Bomani X pour être le visage de l'application. Il est l'un des premiers utilisateurs et le créateur de l'une des salles les plus fréquentées. ©BELGAIMAGE

Clubhouse, c'est le réseau social dont tout le monde parle. Mais personne, ou presque, n'y a accès. Basé sur l'audio, il est déjà valorisé à plus d'un milliard de dollars.

Rien de tel que l’exclusivité pour attirer l’attention et les convoitises. Clubhouse, le nouveau réseau social dont tout le monde parle, l’a bien compris. Uniquement accessible sur invitation, Clubhouse se distingue par le moyen de communication de ses participants: l’oral. Pas de textos ou d’image, uniquement du son et en direct.

L’application est organisée sous forme de "rooms" que l’on rejoint en fonction des sujets discutés. On peut comparer cela à un catalogue de discussions où vous rejoignez le sujet ou les intervenants qui vous intéressent le plus. Chaque salle est composée d’un groupe d’intervenants et d'un groupe d’auditeurs, qui peuvent lever la main virtuellement pour rejoindre la discussion et intervenir en direct. N’importe qui peut rejoindre n’importe quelle "chambre", pour autant que vous ayez reçu le précieux sésame qui vous permet d’accéder à l’application.

La vieille tactique d’une nouveauté uniquement accessible par cooptation et invitation a encore fonctionné. Un marketing aussi éculé qu’habile qui permet à l’application d’absorber à son rythme les nouveaux utilisateurs et de conserver une relative taille humaine avec 2 millions d’utilisateurs le 21 janvier auquel il faut ajouter un million de privilégiés qui se sont ajoutés sur ces 10 derniers jours. Cela reste marginal comparé à des mastodontes comme Facebook et ses 2,7 milliards d’utilisateurs ou TikTok et son milliard de membres.

Une expérience plus humaine

Même si elle ne compte «que» 3 millions d’utilisateurs actifs, Clubhouse a pourtant eu beaucoup de mal à tenir le coup face à l’arrivée d’Elon Musk sur la plateforme ce dimanche 30 janvier. L’entrepreneur star et patron de Tesla était l’invité d’un groupe de discussion qui a été submergé par le nombre de demandes et de participants. L’application est toujours en version bêta (version d’essai), uniquement accessible aux propriétaires d'iPhone et n’est visiblement pas encore prête à supporter des événements de cette ampleur avec ses salles virtuelles qui ne peuvent accueillir que 5.000 personnes maximum. Des sessions qu’il est formellement interdit d’enregistrer sous peine d’être banni.

Autre particularité, le réseau social fait la chasse aux profils anonymes pour éviter les armées de trolls qui pourraient polluer les discussions et demander une modération très active. Une modération qui est déjà critiquée et que le réseau ne semble pas en mesure de réaliser correctement si le nombre d’utilisateurs continue de grimper en flèche.

Sur Clubhouse, on ne poste rien, on discute.

Sur Clubhouse, on ne poste rien, on discute. L’objectif des fondateurs Paul Davison and Rohan Seth, deux habitués de Silicon Valley, est «de créer une expérience sociale plus humaine». Ça, c’est pour le slogan marketing. Pour tenter de le prouver, Clubhouse a choisi l’un de ses premiers utilisateurs pour apparaître à la place du logo sur son application. Encore une fois, un beau coup marketing qui lui permet de jouer la carte de l’humain en se distinguant de la concurrence dans l’App Store.

Les clés du succès

Si on parle autant de Clubhouse, c’est tout d’abord pour sa réussite. Aucun réseau social basé sur des conversations audio n’avait réussi à susciter autant d'intérêt. Avec l’avènement du format podcast ces dernières années et le succès des notes audio déjà disponibles sur les autres réseaux sociaux comme WhatsApp, ce n’était qu’une question de temps avant de voir émerger une application de discussion vocale à grande échelle.

Ensuite, parce que l’expérience que propose Clubhouse est plus proche de la vie réelle que TikTok ou Instagram où tout semble surjoué ou faux. Pas de faux semblant ici ni de vidéos colorées, que des discussions, du son et un contenu voulu plus « qualitatif ».

L'application a effectué une levée de fonds de 100 millions de dollars effectuée la semaine dernière qui valorise l'application à plus d’un milliard et lui confère le statut de licorne.

Des atouts qui ont séduit les investisseurs avec une levée de fonds de 100 millions de dollars effectuée la semaine dernière qui valorise application à plus d’un milliard et lui confère le statut de licorne. Pas mal pour une application qui n’était même pas disponible sur l’App Store il y a 8 mois et qui avait déjà surpris tout le monde en levant 10 millions de dollars alors qu’elle ne comptait que 5.000 utilisateurs.

Un potentiel énorme

Ce qui a décidé les investisseurs, c’est aussi le potentiel du réseau. On peut imaginer assez rapidement voir, ou plutôt entendre, des événements comme des conférences ou des concerts diffusés sur la plateforme avec une billetterie pour chaque salle ou un abonnement pour un accès illimité à tous les contenus.

L’audio, c'est clairement l'une des tendances du moment. Twitter, qui possède une audience bien plus large, teste pour le moment un nouvel outil appelé «Spaces» qui devrait posséder le même type de fonctionnalités. Face à une machine comme Twitter, le récent succès de Clubhouse pourrait être vite oublié, mais le jeune réseau social possède un atout que Twitter n’a plus: une réputation vierge. Que ce soit Clubhouse, Twitter ou un autre, l'audio va bientôt triompher au royaume des réseaux sociaux.

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