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Comment les cryptomonnaies ont envahi le monde sportif

Le point commun entre Kevin De Bruyne et Kylian Mbappé? Leurs équipes respectives (le PSG et Manchester City) possèdent toutes les deux leur propre cryptomonnaie. ©MAXPPP

Monnaie de club, transferts et salaires payés en bitcoins font désormais partie du jeu. La prochaine étape? La monétisation numérique du corps des athlètes.

Le monde du sport n’hésite jamais à foncer quand il flaire une nouvelle source de revenus. Des clubs aux athlètes, du bitcoin aux NFT, les cryptomonnaies ont envahi l’univers du sport professionnel, s'assurant d'une publicité d'enfer grâce à des ambassadeurs de choix.

On pensait les investisseurs amateurs influencés par des ambassadeurs de luxe comme Elon Musk qui peut à lui seul faire varier le cours du bitcoin ou de son nouveau chouchou le dogecoin, mais ce sont des stars d'un autre type qui évangélisent leurs fans. Les cryptomonnaies ont réussi à pénétrer toutes les couches de la société grâce aux sportifs professionnels qui sont des fans de la première heure de la technologie blockchain qui régit la création, la vente et l'utilisation des cryptomonnaies comme le bitcoin.

Les cryptomonnaies ont réussi à pénétrer toutes les couches de la société grâce aux sportifs professionnels qui sont des fans de la première heure de la technologie blockchain.

Dans le domaine, le pionnier c'est Spencer Dinwiddie, basketteur des Brooklyn Nets au sein de la célèbre NBA. Investisseur de la première heure dans les cryptomonnaies, il a inspiré beaucoup d’autres sportifs en faisant convertir en jetons numériques une petite partie de son contrat à 34 millions de dollars. Ils ont été vendus à des investisseurs et lui ont rapporté 1,1 million d’euros. Pas de quoi en faire la transaction du siècle, mais le geste a fait date, car il a reçu l’aval de sa fédération et du gendarme financier américain. Rien de tel pour légitimer une technologie souvent associée à la spéculation et la criminalité. Depuis, les sportifs américains s’en donnent à cœur joie et entrainent dans leur sillage leurs millions de fans.

Mon club, ma cryptomonnaie

Un petit peu à la traine au départ, les clubs sportifs embrassent désormais la tendance sous des formes diverses. Ce sont les clubs de football qui ont montré l’exemple en la matière. Il faut dire que les cryptomonnaies et autres jetons numériques sont vus comme une nouvelle source de revenus plus que bienvenue quand les billetteries et les ventes de maillots ont atteint depuis longtemps un plafond.

28,33
euros
Le club du Paris-Saint-Germain propose à ses fans d'acheter des jetons de sa monnaie virtuelle dont le cours est aujourd’hui à 28,33 euros.

En Angleterre, où les clubs de première division appartiennent pour la plupart à de riches propriétaires étrangers, l'opportunité d'accueillir les différents acteurs du secteur des cryptomonnaies et de signer d’alléchants contrats a rapidement convaincu. Aujourd’hui, les cryptos sont partout au pays du football. Le logo du bitcoin s’affiche depuis 2019 en grand sur le maillot de Watford, le célèbre club londonien d’Arsenal a signé un contrat de sponsoring avec la société américaine CashBet en 2018 pour faire la promotion de sa monnaie numérique dans son stade et Manchester City vient d'annoncer le lancement de sa propre cryptomonnaie.

Car faire la promotion des cryptomonnaies, c'était la première étape, la suivante étant de les utiliser. Ce fut fait avec David Barral qui a été le premier joueur de football dont le transfert a été payé en cryptomonnaie. Il a rejoint en janvier le club espagnol DUX Internacional Madrid (3e division) dont Thibaut Courtois est co-propriétiare offrant au club un joli coup de pub.

Après l'usage, il ne restait plus aux clubs qu'à créer leur propre monnaie virtuelle. Le PSG propose depuis janvier 2020 à ses fans d’acquérir des jetons de sa monnaie virtuelle baptisée assez logiquement $PSG. Un jeton parisien vaut aujourd'hui 28,33 euros. Au-delà de l’objectif financier, les détenteurs de cette monnaie peuvent influer sur certaines décisions mineures du club et obtenir des exclusivités. Barcelone, la Juventus de Turin, l'AS Roma mais aussi des équipes de second plan comme les Young Boys de Berne ou Trabzonspor ont succombé à la vague des tokens de club. À la clé à chaque fois, un beau pactole et une fidélisation accrue.

Après l’époque de gloire des sites de paris sportifs, voici venu le temps des cryptomonnaies qui s’affichent en grand sur les torses des sportifs.

Vendre virtuellement son bras

Toutes ces déclinaisons d’utilisation des cryptomonnaies ont un point commun: elles rapportent gros aux clubs. Le secteur des cryptomonnaies est clairement devenu la nouvelle vache à lait du foot business. Après l’époque de gloire des sites de paris sportifs, voici venu le temps des cryptomonnaies qui s’affichent en grand sur les torses des sportifs.

Mais les athlètes ne sont pas en reste par rapport à de grosses machines comme les clubs de football. Ceux qui galèrent à financer leur carrière de sportifs pro ont trouvé dans le secteur des monnaies virtuelles un financement inattendu en monétisant leur outil de travail, leur corps. Des joueurs de tennis "vendent" par exemple leur bras ou leur main sous forme de NFT (non-fungible token), ce qui authentifie et rend "l'objet" unique au sein d'une blockchain (la même technologie utilisée pour les cryptomonnaies). Ces ventes peuvent rapporter plusieurs milliers de dollars chacune. Une nouvelle tendance que l'on peut apparenter à une modernisation du sponsoring qui reste le nerf de la guerre pour les athlètes qui ne sont pas sous les projecteurs.

Le résumé

  • Les sportifs sont devenus des ambassadeurs de l'usage des cryptomonnaies
  • Les grands clubs permettent à leur fan d'acheter des jetons de leur monnaie virtuelle pour participer aux décisions du club.
  • Certains athlètes professionnels ont trouvé dans les cryptomonnaies une nouvelle manière de se faire sponsoriser.

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