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L’e-paper fait bouger l’art photo

©IONNYK

La start-up belge IONNYK propulse pleinement la photo d’art dans l’univers du papier électronique. Une "première mondiale", subtilement encadrée.

Une image magnifique d’un photographe renommé, un rendu excellent, un cadre… La photo noir et blanc fait forte impression… Pourtant, son "impression" est particulière.  Et même "révolutionnaire!", décoche Mathieu Demeuse. Le cofondateur et CEO de IONNYK (by Inkcoming SA) ne lésine pas sur les superlatifs pour qualifier sa marque de cadres photos nouvelle génération basés sur la technologie du papier… électronique. "Nous sommes les premiers au monde à utiliser de manière poussée les propriétés de l’e-paper sur le terrain exigeant de la photo d’art. Dans nos cadres 100% made in Belgium, le support photo est une feuille électronique composée de millions de microcapsules d’encres noire et blanche, pilotée digitalement à distance et dont on peut modifier les positions dans la feuille. Cela n’a rien à voir avec les écrans LCD de nos concurrents (Samsung en tête) qui se servent de l’écran télé comme cadre. Notre procédé offre bien plus d’avantages pour le rendu haute qualité des photos professionnelles."

Toutes les qualités du papier baryté

Parmi ces plus-values, la start-up belge épingle une "consommation d’énergie inférieure de 99%  à celle d’un écran LCD", un fonctionnement "sans fils ou câbles", une autonomie d’un an avant recharge, le nomadisme aisé de ses cadres… Mais la prouesse majeure est évidemment le rendu bluffant revendiqué par IONNYK grâce aux propriétés du e-paper pour sublimer les photographies. "Notre papier électronique possède toutes les qualités d’un papier classique d’impression photo haut de gamme. Comme lui, notre feuille intelligente reflète naturellement et avec douceur la lumière ambiante sans aucun scintillement ou autres problèmes optiques propres aux écrans digitaux. L’œuvre affichée dans nos cadres tire avantage d’un rayon de soleil matinal ou d’un éclairage au spot le soir comme une impression papier classique. Sans que l’œil humain ne détecte la technologie digitale en action."

"Nous sommes partis de tous les codes et exigences en vigueur dans le monde de l’art photographique puis on est venu y intégrer notre couche technologique. Pas le contraire."
Mathieu Demeuse.
Cofondateur et CEO de IONNYK

Un cadre en aluminium, une vitre anti-reflets qualité "musée", une impression (électronique) aussi léchée que celle sur papier baryté… les concepteurs d’IONNYK, sont bien dans une démarche pour puristes de l’image, artistes et clients.  "Nous sommes partis de tous les codes et exigences en vigueur dans le monde de l’art photographique puis on est venu y intégrer notre couche technologique. Pas le contraire", insiste Demeuse.

Ancrée dans la nouvelle tendance NFT (non fungible token) ayant hissé "Everydays" photo d’art digital de Beeple à 69,3 millions de dollars, la gamme IONNYK veut clairement investir les foyers aisés capables de dégainer 1.250 euros pour le cadre Jane petit format (50x40 cm) voire 2.950 euros pour le cadre Linn grand format (100x70 cm), et s’offrir l’abonnement à IONNYK pour minimum 12,99 euros.  À la clé: "une appli, 2  catalogues, 3 expériences"  (Lire encadré). "Nos cadres innovants relèvent clairement d’un créneau 'luxe intermédiaire'  destinés à un public aisé de connaisseurs, d’amoureux d’art/design et pros de la photo. Notre section "Private collection" permet même d’acquérir des œuvres photos originales en édition limitée", explique le CEO.

Corners et couleurs

Restent deux étapes importantes pour IONNYK. La première est la commercialisation de ses cadres pour artlover, designlover et techlover en points de vente. Car comme le martèle Mathieu Demeuse: "Pour que l’effet e-paper bluffant opère, le client doit le voir 'en vrai' pour le croire.  Nous envisageons de lancer nos propres boutiques mais, sans attendre, nous ouvrons dès cette semaine nos premiers corners dans quelques enseignes de design de luxe. Chez Idealist à Lasne; chez Balthazar, place du sablon. Et à Knokke cet été. L’ambition est d’écouler 1.000 cadres d'ici à la fin de l’année."

10%
La proportion de photographes candidats retenus pour intégrer l’offre premium IONNYK après sélection éditoriale, esthétique et technique drastique.

Le second défi est technologique. Les catalogues IONNYK (actuellement plus de 500 œuvres haut de gamme d’artistes de 15 pays dont 40% de Belges) sont uniquement des photos noir et blanc.  "Et oui, le monde la couleur dans l’univers e-paper est encore en recherche et développement, reconnaît Demeuse. C’est bien plus cher à produire, plus énergivore et les pertes dans les contrastes sont encore trop importants. L’e-paper couleur performant viendra, mais pas avant 5 ans. Et si nous nous engageons dans une offre 'couleurs' ce sera sous un autre label. En effet, nous voulons avant tout imposer IONNYK comme marque de référence et emblème iconique d’une offre exclusive d’œuvres d’art photographique noir et blanc."

Du "Sphotify" au "Smart Art"

Une fois son cadre IONNYK connecté, le client accède à un univers décliné en catalogues et expériences.

Discovery se pose en catalogue idéal  genre "spotify de l’art photo". Parallèlement, Private Collection consiste en un catalogue de tirages en édition limitée que l’abonné IONNYK peut acheter avec certificat d’authenticité et d’unicité. Plus disruptive enfin, la gamme "Smart Art" propose des œuvres photos créées pour évoluer dans le temps. Un subtil prodige rendu uniquement possible par la technologie e-paper. Exemples: le matin, une photo montre un plan d’eau africain désert et le soir, une famille de lions le traverse… Le personnage d’un portrait a les yeux fermés le soir et le matin, il vous accueille les yeux ouverts. Les photographes partenaires proposent eux-mêmes ces séquences photos et fixent le timing de leur métamorphose. L’e-paper fait entrer le temps qui passe dans l’art photographique.

Le résumé

  • IONNYK est, au monde, le premier cadre d’art photo connecté basé sur la technologie e-paper.
  • La "feuille" de papier électronique contient des millions de microcapsules d’encre noire et blanche déplaçables par impulsion digitale pour modifier les images.
  • Les cadres IONNYK ciblent un public aisé de connaisseurs, d’amoureux d’art/design et de pros de la photo.

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