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La lumineuse idée de Google pour transporter les données

En septembre dernier, Google a relié les deux Congo via une connexion utilisant un faisceau laser au-dessus du fleuve. ©AFP

Depuis des années, Google planche sur un système de transport des données via la lumière. En septembre dernier, le projet Taara a réalisé sa première expérience en Afrique. L'idée qui semble révolutionnaire n'est toutefois pas toute neuve.

Depuis plusieurs années, la lumière est devenue la meilleure amie des opérateurs télécom. Canalisé dans la fibre optique, le plus célèbre des rayonnements électromagnétiques est un support idéal pour transporter des données. Au point de rendre le transport de data par cuivre toujours plus désuet.

C'est d'ailleurs tout sauf un hasard si Guillaume Boutin, le patron de Proximus, ne cesse de vendre les mérites de la fibre optique en la présentant comme le réseau qui sera exploité pendant les septante prochaines années. Son entreprise a d'ailleurs dans son plan financier un projet d'investissement de quelque cinq milliards d'euros pour équiper son réseau.

La lumière n'est donc plus à présenter comme un vecteur utile pour le marché. Mais pourquoi ne pas encore aller plus loin?

Les Congo connectés

C'est visiblement la question que l'on se pose du côté de Google et plus précisément chez X, the Moonshot Factory, le célèbre département de recherche et développement du groupe. Depuis plusieurs années, l'entreprise américaine planche sur le développement de Taara, une nouvelle solution encore un poil plus ambitieuse que la fibre optique.

Son projet consiste aussi à transporter les données via la lumière. Mais sans rien de plus. Fini donc les câbles, place à un "simple" faisceau lumineux portant les informations d'un émetteur à un récepteur.  

A priori pour le moins complexe à mettre en place, l'innovation n'est finalement pas si absurde que ça. En septembre dernier, elle a même été testée en conditions réelles.

Combler des lacunes critiques

Google est parvenu durant vingt jours à établir une connexion entre les deux Congo, en installant son faisceau au-dessus du fleuve qui sépare les deux pays. L'installation dont les récepteurs étaient distants d'à peu près 5 km est arrivée à faire transférer 700 tb (1 tb équivaut à 1.000 gb) de données à une vitesse de 20 gb/s. 99,99 % d'entre elles ont pu être transférées, assure le groupe.

"Les connexions Taara aident à combler les lacunes critiques des principaux points d'accès, tels que les tours de téléphonie cellulaire et les points d'accès Wi-Fi."
Taara

L'idée des équipes de Google n'est toutefois pas de déployer un réseau entier, mais plutôt d'utiliser la technologie ponctuellement. "Les connexions Taara aident à combler les lacunes critiques des principaux points d'accès, tels que les tours de téléphonie cellulaire et les points d'accès wi-fi", explique le groupe sur son site.

Concrètement, un faisceau laser invisible à l'œil nu est envoyé à l'horizontale entre deux modules qui ressemblent à de grosses caméras de surveillance. Une petite modification de quelques degrés de la trajectoire est possible et permet de très légèrement modifier la position du faisceau afin de l'adapter au mieux à l'environnement.

La technologie utilisée n'est pas tout à fait neuve. Elle fut déjà testée lors du projet Loon de Google, arrêté au printemps dernier. Cette innovation avait pour ambition de connecter les régions les plus reculées à l'aide de ballons placés à haute altitude. Ces derniers étaient connectés au sol par câble, mais des tests avaient également été réalisés pour effectuer le transfert des données via le principe utilisé par Taara.

A la recherche de la région idéale

"L'équipe est en discussion avec des opérateurs de télécommunications et des gouvernements du monde entier."
Taara

Bien que les premiers tests semblent concluants, l'innovation aura encore besoin de nombreuses recherches. Car les embûches sont encore nombreuses. Notamment en cas de mauvais temps.

En parallèle des recherches sur le produit, les chercheurs du projet développent d'ailleurs un logiciel afin de dénicher les endroits sur la planète les plus adaptés à l'implantation d'une telle technologie.

En collaboration avec AP State FiberNet, un opérateur indien, Taara effectue des tests dans les régions reculées du pays asiatique, très peu connecté. "L'équipe est en discussion avec des opérateurs de télécommunications et des gouvernements du monde entier au sujet du potentiel de la technologie de communication optique sans fil, pour accélérer considérablement le déploiement des réseaux étendus à haut débit, nécessaires pour soutenir l'avenir du web", assure Taara sur son site.

Alexander Graham Bell

À première vue révolutionnaire, l'idée des ingénieurs de Google ne l'est en réalité pas tant que ça. Les facultés de la lumière pour déplacer de l'information sont connues depuis des siècles.

Les premières recherches sur la question remontent d'ailleurs au XIXe siècle. Elles furent menées par un certain Alexander Graham Bell, l'inventeur du téléphone.

Le scientifique a planché sur un système permettant de transporter la voix via la lumière du soleil. À l'aide notamment de deux miroirs, il est parvenu à réaliser une communication à deux cents mètres de distance. La trop forte dépendance aux conditions climatiques a toutefois eu raison de l'innovation, un peu tombée dans l'oubli.

L'homme expliquait pourtant que cette découverte était la plus importante de sa carrière. Devant le téléphone.

Le résumé

  • En septembre dernier, Google est parvenu à transporter des données via la lumière sur près de 5 km.
  • Son système s'appuie sur la projection d'un laser entre deux émetteurs.
  • La technologie pourrait être utilisée là où les installations classiques sont compliquées à mettre en place.

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