Le gros potentiel de l'électronique imprimée, selon Henkel et Quad

Voilà à quoi ressemble un flexible d'électronique imprimée: facile d'utilisation, il se glisse un peu partout. ©Henkel

Le géant mondial des adhésifs et la PME belge de l'électronique appliquée s'allient pour développer plein d'applications telles que le patch de suivi Covid.

Apparu récemment, le marché de l'électronique imprimée pèse déjà 7,8 milliards de dollars à l'échelle mondiale. Il croît à grande vitesse sous l'impulsion de l'Asie et devrait dépasser 20 milliards dès 2025, selon le site marketandmarkets.com. Cette petite révolution technologique revient à imprimer directement des circuits électroniques simplifiés sur des matériaux légers et souples: plastique, textile, papier... En Belgique, le grand public en a découvert une première application concrète durant le haut de la crise sanitaire en 2020, avec l'apparition de ces patch permettant de suivre à distance les patients Covid chez eux. C'est la société belge Byteflies qui l'a lancé, à l'issue d'une collaboration avec une demi-douzaine de partenaires, dont la multinationale Henkel et la PME flamande Quad Industries. Ces deux derniers viennent de conclure un partenariat, précisément pour développer de nouvelles applications d'électronique imprimée.

Du marathon au suivi Covid

Henkel n'est pas seulement le leader mondial des adhésifs, il produit également d'autres matériaux, dont des encres fonctionnelles. Plusieurs de ces composants peuvent servir à construire des flexibles à électronique imprimée. Or l'activité de Quad Industries consiste notamment à développer, prototyper et produire des capteurs imprimés flexibles. Les deux sociétés, le géant mondial et la petite PME de Sint-Niklaas, ont collaboré voici deux ans avec Byteflies, d'abord pour la mise au point d'un flexible censé aider les marathoniens en leur communiquant les données sur leur activité cardiaque et leur rythme respiratoire. De là est venue l'idée du patch santé Covid: en y ajoutant une fonction de mesure de température, ils ont "upgradé" le flexible pour marathonien afin d'en faire un précieux outil de suivi médical. Plus de 300 patients Covid ont été télé-suivis à ce jour en Belgique grâce à ce patch. Et 30 hôpitaux ont souscrit au système.

"Avec Quad Industries, nous avons pour ambition de développer un nouveau projet par mois."
Stijn Gillissen
Responsable mondial du département "printed electronics", Henkel

"Nous voulons combiner et accélérer le prototypage et la commercialisation d'applications d'électronique imprimée. Et Quad va nous y aider", explique Stijn Gillissen, le Belge nommé à la tête du nouveau département créé au niveau du groupe Henkel pour exploiter ce secteur. Le géant va s'appuyer sur l'agilité et la rapidité de réaction de la PME pour foncer dans cette direction. "Avec Quad, nous avons pour ambition de développer un nouveau projet par mois", ajoute Gillissen.

De la santé au golf en passant par l'auto ou la chirurgie

Entreprise familiale, Quad réalise un chiffre d'affaires de 4,5 millions d'euros dans l'électronique appliquée. "La société a été créée par mon père il y a 22 ans. Nous sommes 23 personnes à Sint-Niklaas et nous avons une usine qui emploie 51 collaborateurs en Slovaquie, explique son CEO Arne Casteleyn. Nous avons une équipe de R&D très pointue dans les flexibles et nous sommes ravis de travailler avec Henkel, en synergie avec ses équipes de R&D. Il y a de nombreux domaines d'applications à explorer." Enthousiaste, le dirigeant compte doubler son chiffre d'affaires dans les cinq ans.

"En sport, on planche sur un projet destiné aux joueurs de golf: inséré dans leurs semelles, le flexible collectera leurs données, ce qui leur permettra d'améliorer leur technique..."
Arne Casteleyn
Directeur général, Quad Industries

De fait, les capteurs imprimés flexibles vont se glisser un peu partout à l'avenir. "En santé, on travaille actuellement sur un patch pour suivre les épileptiques, cite à titre d'exemple Arne Casteleyn. En sport, on planche sur un projet destiné aux joueurs de golf: inséré dans leurs semelles, le flexible collectera leurs données, ce qui leur permettra d'améliorer leur technique..." Stijn Gillissen prend le relais: "Les batteries des voitures électriques ne peuvent pas être trop froides au démarrage: un système d'électronique imprimée permettrait de les aider à atteindre le seuil de température requis. On peut aussi en insérer dans les langes, pour en détecter la saturation (incontinence). On peut faire de la détection de fuites, mais aussi compter les personnes entrant dans une pièce. En chirurgie, dans le cas d'une amputation, on peut prendre immédiatement les mesures de pression nécessaires à la conception de la prothèse, ce qui permet un gain de temps précieux..."

Parmi ces projets, les plus proches du stade de la commercialisation concernent la détection de fuites, le suivi de l'épilepsie et l'aide au design de prothèses. La santé d'abord...

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