Le NFT, la techno qui transforme un tweet en œuvre d'art

Dès vendredi, Kings of Leon proposera à la vente une version de son nouvel album authentifiée par un NFT. ©Getty Images via AFP

Les NFT, Non Fungible Token, s'installent peu à peu sur la toile. Derrière ce mystérieux acronyme se cache bien un phénomène qui pourrait révolutionner l'art sur le web.

Il y a une semaine, Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, annonçait la mise en vente de son premier tweet. Quelques jours plus tard, le groupe Kings of Leon précisait qu'à l'occasion de la sortie de son nouvel album, une version spécifique sera disponible sur la plateforme YellowHeart. A priori, rien ne semble justifier ces deux infos dans la même intro. Elles sont pourtant deux exemples emblématiques de l'émergence du phénomène NFT. Rien à voir avec une nouvelle ligue sportive américaine. L'acronyme désigne les Non Fungible Token. On parle ici blockchain. Forcément donc, il faut un peu s'accrocher pour suivre. Pour faire simple, les NFT sont des "totems" uniques qui s'appuient sur la technologie du réseau Ethereum. Ces "totems" permettent de rendre n'importe quelle création numérique identifiable via une sorte de "code" unique.

Aujourd'hui, il n'est pas possible de matérialiser les originaux d'une série de créations numériques.

Cela semble anecdotique. C'est loin de l'être. Aujourd'hui, il n'est pas possible de matérialiser les originaux d'une série de créations numériques (image, vidéo, GIF, mème, tweet...). La version authentique d'une 'œuvre' reproduite ensuite des millions de fois a pourtant une valeur particulière.

Matérialiser l'originalité

À peu de chose près, en tant que tel, un tweet ne vaut rien. Le tout premier, rédigé par Jack Dorsey au moment du lancement de ce qui sera l'une des plateformes les plus utilisées au monde, a, par contre, sans doute un peu de valeur. Au moins historique. Mais comment la matérialiser? C'est là que débarque notre fameux NFT qui, par son code unique, lui offre son certificat d'authenticité.

2,5 millions
dollars
Le premier tweet de Jack Dorsey a trouvé pour le moment preneur pour 2,5 millions de dollars.

En distinguant un original, ce dernier, comme dans l'art, prend forcément une valeur. Le premier tweet de Jack Dorsey est actuellement en vente aux enchères. La dernière offre atteint pour le moment 2,5 millions de dollars. Incompréhensible pour la plupart des observateurs externes. Pourquoi diable dépenser des millions pour un tweet ? Pourquoi diable dépenser 450 millions de dollars pour acheter le "Salvator Mundi" de de Vinci alors que des copies sont trouvables partout et sur tous les supports, répondent les défenseurs des NFT.

Les NFT permettent donc de donner leurs lettres de noblesse à une série de créations digitales et de leur donner une valeur. Un marché de l'art technologique voit donc peu à peu le jour. Et qui dit marché, dit forcément spéculations et phénomènes pour le moins étonnants. Récemment, un acheteur d'une œuvre de Banksy a décidé de détruire sa version originale après avoir pris le soin d'en faire une version digitale unique via un NFT. L'œuvre n'existe plus qu'en numérique.

Offres spécifiques

Au-delà de l'aspect spéculatif et de collection, les NFT ont un tas d'autres utilités. Ils permettent par exemple de segmenter une offre. C'est le pari du groupe Kings of Leon, qui se lance sur le créneau. Ceux qui apprécient le groupe se contenteront certainement de la version classique de leur dernier album sur Spotify prévue vendredi. Les fans seront sans doute intéressés par l'une des versions NFT de l'œuvre du groupe. Hormis l'aspect unique donné à chacun de ces albums ayant une traçabilité, le groupe en a profité pour gonfler l'offre en y ajoutant des contenus supplémentaires et autres avantages. Le tout pour 50 dollars. Enfin, les plus accros tenteront sûrement leur chance pour acquérir l'un des NFT mis aux enchères et flanqués de la mention 'gold' . Ils donnent accès à une offre VIP, notamment lors des prochains concerts du groupe. La diversification est une première dans le monde musical. Elle ne sera certainement pas la dernière.

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