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Myocene, la boîte liégeoise qui va révolutionner la récupération sportive

John-John Dohmen, le médaillé d'or olympique (en hockey), fait partie des premiers testeurs de la nouvelle technologie. ©Rafael Burato

Myocene développe un système capable de mesurer objectivement la fatigue musculaire. L'UCLouvain, un médaillé olympique et plusieurs clubs de football pros sont intéressés.

La décision avait bouleversé plus d'un fan de Roger Federer. Cet été, malgré sa qualification pour les huitièmes de finale de Roland Garos, le tennisman a préféré se retirer pour s'économiser pour la suite de la saison et le tournoi de Wimbledon.

"On obtient de meilleurs résultats qu'en se basant sur la fréquence cardiaque au repos."
Pierre Rigaux
Cofondateur et président de Myocene

À 40 ans, Federer connaît son corps mieux que personne. Mais à l'heure de prendre cette lourde décision (qui n'aura pas apporté grand-chose, le Suisse ayant été éliminé en quart du tournoi londonien), le sportif a surtout misé sur son ressenti personnel. Dans un avenir tout proche, il pourra prendre ce genre de décision sur une base beaucoup plus objective. C'est du moins la promesse de Myocene, une entreprise liégeoise qui développe actuellement une solution mesurant la fatigue musculaire.

Un dispositif simple

À la démonstration, le dispositif est simple. Une série d'électrodes sont posées sur le quadriceps de l'athlète, assis sur une table de médecin, les jambes pendant dans le vide. Un capteur placé au niveau du tibia se charge ensuite de mesurer la réaction du muscle qui, via la contraction, va faire tendre la jambe de l'athlète et donc l'appuyer sur le capteur. En trois minutes et après une série de contractions, un résultat apparaît, permettant de connaître le niveau de fatigue du muscle par rapport à une situation de repos complet.

"Si vous sautez à cloche-pied trente fois de suite aujourd'hui, en faisant le test sur vos deux jambes demain, nous pourrons vous dire sur quelle jambe vous avez fait l'exercice."
Pierre Rigaux
Président et cofondateur de Myocene

Déjà testé sur plusieurs athlètes dans des conditions différentes, le système serait des plus fiables, selon ses créateurs. "On obtient d'ailleurs de meilleurs résultats qu'en se basant sur la fréquence cardiaque au repos qui, d'un jour à l'autre, varie. Ici, le résultat est objectif et constant", assure Pierre Rigaux, le président et cofondateur de Myocene.

"Si vous sautez à cloche-pied trente fois de suite aujourd'hui, en faisant le test sur vos deux jambes demain, nous pourrons vous dire sur quelle jambe vous avez fait l'exercice", assure le fondateur.

John-John Dohmen, premier utilisateur

Encore au stade de la finalisation, le produit plaît déjà visiblement. L'UCLouvain a d'ores et déjà fait part de son intérêt pour la technologie, tout comme John-John Dohmen, le Red Lion récemment médaillé d'or olympique. Le hockeyeur a déjà annoncé qu'il comptait bien utiliser la technologie pour lui et l'équipe féminine de l'Orée qu'il entraîne.

"Au-delà de la fatigue, c'est un outil utile pour connaître les risques de blessure."
John-John Dohmen

"Aux JO, nous avions deux moyens pour tenter de cerner la fatigue, explique-t-il. Il y avait un questionnaire quotidien à remplir. Mais il est très difficile d'évaluer sa fatigue et je ne suis pas certain qu'un athlète ait vraiment donné son véritable ressenti. L'autre outil est la collecte de données GPS. Là encore, cela a ses limites. On peut visualiser nos courses, les accélérations, la distance parcoure, mais ce n'est pas un indicateur de fatigue. Ce n'est pas parce que j'ai moins couru sur un match que j'étais en moins bonne forme. L'explication vient parfois simplement du déroulé du jeu", glisse le champion olympique.

Ostéopathe de formation, l'athlète semble plutôt emballé par la technologie. "L'aspect objectif est vraiment intéressant. Et au-delà de la fatigue, c'est un outil utile pour connaître les risques de blessure. Le fait d'avoir les résultats en trois minutes plutôt que de devoir aller faire des tests en labo est aussi un très gros atout", explique le milieu de terrain des Red Lions.

Les porteurs du projet

D'autres sportifs de haut niveau suivent de près la technologie. "Nous avons déjà l'intérêt de plusieurs clubs de football de division 1 belge, française et espagnole. Des clubs de basket, des centres de recherches sont également intéressés", assure le patron. Il faut dire que les porteurs du projet ne sont pas n'importe qui.

50
Myocene espère vendre 50 exemplaires de son dispositif dès 2022.

Pierre Rigaux et Jean-Yves Mignolet, le CEO de Myocene, sont déjà bien connus dans le monde des biotechs. Ils sont à l'origine de la société Cefaly, ce système à poser sur le front qui agit contre les migraines. Développée il y a plusieurs années, la société a été revendue en 2019 à un fonds canadien après avoir fait ses preuves scientifiquement.

Les patrons espèrent d'ailleurs rencontrer le même succès pour leur nouvelle innovation, vendue 20.000 euros pièce. "On table sur une ou deux ventes avant la fin de l'année", explique Pierre Rigaux. "Mais dès 2022, on espère atteindre les 50 ventes puis 100 et 200 les deux années qui suivent", détaille le patron.

Capitalisation initiale

Installée à Liège, Myocene débute son activité avec une petite équipe de six personnes, qui devrait doubler d'ici la fin de l'année. La capitalisation initiale de 1,3 million d'euros est amenée essentiellement par Pierre Rigaux et son précédent associé dans l'aventure Cefaly. "Nous avons également pu bénéficier de soutiens publics, dont l'incubateur WSL, à hauteur de 900.000 euros", détaille le patron.

Si la première année de vente est concluante, avec un chiffre d'affaires autour du million d'euros, l'entreprise passera à la vitesse supérieure. "Cela passera alors par un tour de table avec l'arrivée de nouveaux investisseurs. L'idée serait alors d'amener une dizaine de millions d'euros pour assurer la croissance", assure le patron.

Les chiffrés clés

  • 250 forages ont été menés à bien pour faire appel à la géothermie profonde: un système de pompe à chaleur sur champ de sondes.
  • 135 panneaux solaires ont été montés sur les toits de la prison pour une capacité totale de 50.625 Wp, l'équivalent de 40.500 KWh annuels.
  • 1 milliard: le prix total de la prison, soit 40 millions d'euros par an durant 25 ans (382 millions pour la construction).

Le résumé

  • Myocene, une entreprise belge, développe une technologie pour mesurer la fatigue musculaire.
  • À peine lancée, elle suscite déjà l'intérêt des sportifs et centres en tout genre.
  • Le médaillé olympique John-John Dohmen fait partie des premiers testeurs.
  • Le projet est porté par Pierre Rigaux, cofondateur de Cefaly.

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