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Mario de Simoni, président des Ecuries du Quirinal

"C’est la première exposition de cette ampleur depuis Florence en 1983, 500e anniversaire de sa naissance. La réouverture après la fermeture de mars est un succès. Sans Covid, nous aurions dépassé le demi-million d’entrées. Dans ces circonstances, nous sommes complets, avec 1600 entrées journalières en semaine et plus de 1800 le week-end. Voir cette exposition unique est un droit de tous, et nous avons consenti un effort pour allonger les horaires."

Soucieux de sécurité, le musée applique une décontamination inspirée des hôpitaux. Toutes les cinq minutes, un groupe accompagné d’une dizaine de visiteurs est admis dans les 13 salles (parcours de 1h20). C’est une chaîne d’altruisme où "chacun renonce à un peu de sa liberté pour celle des autres".

Peintre de la sérénité

"À Florence, Raphaël se confronte aux grands, dont Léonard. À Rome (1508-1520), il devient l’artiste total que nous voulons montrer. Le «peintre divin» y fait face à l’Antiquité, devient architecte grâce aux commandes de deux grands papes, Jules II et Léon X (dont ses portraits sont réunis pour la première fois sous le même toit), qui, faisant la grandeur de la Rome classique, assurent celle de Raphaël."

Il a sombré ensuite dans un relatif oubli: le "XVIIIe siècle des vagues révolutionnaires et du romantisme et le XIXe du renversement des systèmes sociaux et de la révolution industrielle étaient l’opposé de la sérénité raphaélienne. En Occident, il fut éclipsé par le Caravage et Michel-Ange, peintres classiques du tourment, alors que le monde russe lui a toujours conservé sa place incomparable. Nos temps troublés en quête d’équilibre valent sans doute ce statut de rock-star à Raphaël".

Pour Mario de Simoni, cette exposition marque "le redressement de l’Italie et le soutien des 52 institutions prêteuses, au-delà des rivalités propres au monde des musées. J’en retiens deux leçons: face à cette crise, seules s’imposent des solutions collectives au plus haut niveau, et la reconnaissance du droit primordial de l’Italie à célébrer cet anniversaire".

J-F. H. G.

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