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Rentrée chamboulée à La Monnaie

Après avoir dû interrompre brutalement en mars la trilogie mozartienne Da Ponte, La Monnaie a choisi de renouer avec son public dès ce mois de septembre. Mais en douceur, et sur les dents.

En présentant à la presse – par visioconférence - le dernier trimestre de la Monnaie, Peter de Caluwe, directeur général, a été très clair ce jeudi: mesures strictes tant pour le public que pour les artistes, modification significative de la programmation et évaluation constante de la situation, car « tout le monde se rend compte qu’un accident est toujours possible ».

Sur le plan sanitaire, la Monnaie respectera évidemment un protocole sévère et n’acceptera dans un premier temps que 568 spectateurs. Les abonnés seront prioritaires – 90 % auraient renouvelé leur confiance – tandis que les listes d’attente gonflent déjà.

Peter de Caluwe espère néanmoins obtenir une dérogation pour augmenter le nombre de spectateurs autorisés, mais aussi pour pouvoir bénéficier de cette «jauge Salzbourg», sur le modèle de ce qui vient d’être fait par le célèbre festival : artistes et techniciens ont pu travailler dans des bulles très élargies moyennant un testing régulier. 

Version "covid-proof"

Du côté programmation, les productions non réalisables ont été reportées. C’est notamment le cas de l’opéra « De Kinderen derzee » de Mortensen, qui exige de gros effectifs, et qui sera remplacé par « Schauspieldirektor », petit singspiel mozartien. En revanche, l’opéra « Die Tote Stadt », de Korngold, a été maintenu, mais dans une version raccourcie, avec seulement 56 musiciens, et  sans les chœurs, victimes de ces fichus aérosols.

Haute voltige, on le voit, que tout cela, avec des anticipations prudentes. Ainsi, Andréa Breth travaille déjà à une version covid proof pour le « Turn of the screw » de Britten, tandis que le « Falstaff » de Verdi mis en scène par Laurent Pelly sera lui aussi remanié. Trop tôt en revanche pour se prononcer sur la fin de la saison, avec le cycle Bastarda de Donizetti et le "Parsifal" de Wagner.

Ces bouleversements impactent évidemment les rentrées, tant sur le plan de la billeterie – une production à succès peut représenter quelque 700.000 euros de recette – que sur celui du tax shelter. Or, sur les 4 millions attendus par ce biais cette année, seul 1,2 million a été honoré pour l’instant, car un spectacle annulé n’est plus éligible au tax shelter, même si des frais avaient déjà été engagés. Quant à 2021, la visibilité financière reste très aléatoire… - STÉPHANE RENARD

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