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Le télétravail, un danger ou pas?

Une étude menée par un cabinet international spécialisé en ressources humaines, CrossInternational, a fait récemment état d’une tendance inquiétante : pour la première fois en Belgique, des travailleurs démissionnent après avoir perdu tout lien avec leur entreprise, et cela en raison des nombreuses heures de télétravail. En septembre, le cabinet RH aurait enregistré 7 démissions (dont celle d’un cadre supérieur). Les démissionnaires expliquant qu’ils ne se sentaient plus suffisamment impliqués au sein de leur entreprise.  Chez CrossInternational, on tire la sonnette d’alarme: "L’homme est un animal social. Mais avec le télétravail, les gens perdent le contact avec leurs collègues. Et ils ont moins l’impression de faire partie d’une équipe."

En clair, ils se sentent devenus invisibles.

Le télétravail nous mettrait-il donc tous en danger en nous rendant invisibles? La visibilité, et le présentiel  au cœur de l’entreprise, dans ses bureaux, à la machine à café ou rivé à sa chaise, derrière son écran, seraient-ils la norme vers laquelle il faudrait à nouveau tendre  afin de ne pas tous se retrouver au ban de la société?

Début juillet, dans nos colonnes, Jacques Attali ne disait pas autre chose lorsqu'il parlait du télétravail comme d'un "véritable danger". L’économiste et essayiste français n’y va pas par le dos de la cuillère: "On a constaté que lorsque les entreprises mettent très durablement en télétravail leurs collaborateurs, soit ces derniers sont virés, soit ils s’en vont d’eux-mêmes." Pour l’économiste, "une entreprise ne peut pas durer si elle n’est pas capable de créer un projet commun. Mais pour cela, il faut absolument une présence sur place."

La machine à café, the place to be, pour Attali. "Le seul endroit important, là où les gens échangent de façon informelle, ont des idées, créent des choses qui n’étaient pas prévues."

Ce n’est pas l’avis de la philosophe française Julia de Funès. Mi-septembre, dans nos pages aussi, elle disait tout le contraire. "Moins visibles, nous gagnons en liberté." A ses yeux, le télétravail a au contraire permis une "libération psychologique" de l’employé", qui accroît son bien-être. "Il y a moins de dispersion, et la comédie humaine qui se joue habituellement dans les bureaux s’atténue", nous disait-elle.

Sur le terrain, les employés abondent plutôt en ce sens. C'est en tout cas ce que montre l'enquête menée par le cabinet de conseil BDO. Les Belges ont pris goût au télétravail, et la toute grosse majorité (95%) espèrent continuer dans ce mode d'organisation après la crise, avec une préférence de deux jours par semaine. Les points positifs qu'ils notent: l'autonomie, la confiance et la capacité d'autogestion.

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