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Trois question à Michel Draguet, directeur des Musées Royaux des Beaux-Arts

Depuis la réouverture, quelle est la situation?

Fermer est "facile", rouvrir, plus compliqué. Les touristes (60% de nos visiteurs) ne reviennent pas. Les 40% restants, plus âgés, sont à risque, et seuls 10% reviennent: 80 à 100 visiteurs par jour au musée d’Art ancien, 180 en semaine au musée Magritte, 600 le week-end. En temps normal? 3000! La perte est de 90%. Or, nous comptons à 55% sur nos recettes propres et la normalisation économique n’est prévue que fin 2022. Et nos missions s’alourdissent: la baisse des recettes empêche de renouveler certains contrats, et les règles Covid accroissent la charge de travail.

L’offre virtuelle a-t-elle un modèle économique?

Tirons parti de la crise: le public consomme la culture autrement. Le musée se dédoublera, physique et virtuel: ainsi, un logiciel interactif permettra à chacun de modifier l’accrochage d’une exposition.

Il n’y a pas (encore) de recettes virtuelles. Ce peut être un modèle d’abonnement de type Qobuz (service de streaming et de téléchargement musical français, NDLR), avec risque de marchandisation et de cassure sociale: chacun n’a pas accès au numérique. Les contenus de "première nécessité" restent libres de droits. Or, les œuvres exposées le sont, mais plus sur internet. Pourtant, les œuvres sont de moins en moins dans la propriété et plus dans l’usage.

Les bâtiments seront-ils modernisés?

La phase "4C" de restauration (électricité, climatisation, toiture) des extensions et réserves, chiffrée à 25 millions, est sans cesse repoussée. Je doute d’un réinvestissement dans les musées royaux. Je m’oriente vers un musée modeste, thématisé. Garantissons la stabilité des institutions: le ministre Dermine (Secrétaire d'État à la Relance et à la Politique scientifique , en charge du Plan national d'investissements stratégiques, NDLR) semble à l’écoute.

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