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Et si on recalculait la marge disponible ?

Flashback... Janvier 2019, patrons et syndicats sont à couteaux tirés dans les pourparlers en vue d'aboutir à un accord interprofessionnel (AIP 2019-2020). A l'époque, le plafond pour les augmentations salariales, calculé par le Conseil central de l'économie (CCE), atteignait 0,8%. Un chiffre déjà insuffisant pour les organisations syndicales qui claquèrent la porte des négociations, avant d'organiser une grève générale à la mi-février.

Dans l'impasse, la concertation sociale avait finalement pu être relancée à l'aune d'un relèvement par le CCE de la marge à 1,1%. Tenant compte de nouvelles prévisions du Bureau du plan, qui tablaient alors sur une inflation moins élevée que prévu, le Conseil avait ressorti sa calculette.

Contexte différent

Deux ans plus tard, une révision des chiffres permettrait-elle de sortir les négociations de l’écueil ? Soyons francs, cela paraît peu probable. Premièrement, après plus d'une année de crise, et avec des perspectives toujours incertaines, les chances d'obtenir des prévisions meilleures que prévues sont minces. Ensuite, la marge calculée n'atteint cette fois que 0,4%, soit moitié moins que celle initialement fixée par le CCE pour 2019.

Cette année, un recalcul pourrait toutefois se justifier compte tenu du contexte particulier dans lequel le Conseil a élaboré son rapport, estiment certaines voix dans les milieux syndicaux. Confronté à un manque de données statistiques fiables en provenance des pays voisins, le CCE a en effet légèrement modifié sa méthode de calcul et procédé au lissage sur quatre ans de certains chiffres. "En revenant sur ce lissage, on pourrait potentiellement récupérer quelques dixièmes de pour cent", assure un observateur attentif.

Résignation syndicale ?

Suffisant pour convaincre les syndicats de se remettre à table ? Probablement pas. Dans leurs rangs, certains semblent d'ailleurs déjà avoir fait le deuil d'un accord interprofessionnel pour les deux prochaines années. Pour autant, les représentants des travailleurs restent déterminés à réclamer une réforme de la loi de 96, et plus précisément de sa révision de 2017, qui fixe la manière dont la marge est calculée. Sans cela, les négociations des AIP resteront constamment problématiques, estiment-ils.

Pour la petite histoire, rappelons que le relèvement de la marge en 2019 n'avait pas permis d'aboutir à un accord global. Si les uns et les autres s'étaient entendus sur les augmentations salariales maximales, le projet d'AIP avait finalement été rejeté en fin de parcours par les instances de la FGTB, mécontentes de son volet consacré au "salaire minimum".

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