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L'Orchestre national va mal: réinventons-le!

Le Reine Elisabeth va offrir une fois de plus aux mélomanes l’occasion de se réjouir du niveau  de cette compétition, et de son image valorisante hors frontières pour notre modeste royaume. Cela tombe d’autant mieux que, cette année, c’est l’Orchestre national de Belgique qui est sur la scène. Une vitrine. Mais une publicité mensongère. Car l’ONB – rebaptisé Belgian National Orchestra, ce qui ne séduit que le Nord du pays – va mal.

Certes, comme pour les deux autres institutions culturelles fédérales (La Monnaie et Bozar), la ministre Sophie Wilmès a lancé une procédure publique – une première! – de renouvellement des conseils d’administration. Juré, on cherche enfin de vrais gestionnaires culturels. La fin du gâteau politique? On veut y croire. Parce que c’est bien de nouvelle cuisine qu’a besoin l’ONB pour retrouver la saveur perdue depuis l’époque du chef Walter Weller.

La liste des problèmes

La liste des problèmes? Un cadre de 96 musiciens qui n’en compte plus que 80. L’engagement de contractuels et non plus de statutaires, avec distorsions de contrats. Un conseil d’administration déserté. Un chef principal, Hugh Wolff, plus souvent à Boston qu’à Bruxelles. Une visibilité inexistante en raison du lien ténu avec Bozar, «sa» salle. Mais, surtout, des relations sociales tendues, cristallisées autour de l’intendant Hans Waege.

Une partie de l’orchestre, syndiquée, lui reproche une gestion «autoritaire», une autre regrette au contraire «l’agressivité» syndicale. Nouvel épisode récent, celui des droits voisins, censés accorder un complément de rémunération pour les captations en streaming, comme à la Monnaie. Victoire syndicale en justice à ce propos, mais appel en cours et promesse d’un arrêté de Sophie Wilmès pour solder le problème. Voire… On arrête la litanie.

Parce que, sans prendre parti, l’évidence s’impose: le pourrissement actuel de la situation doit beaucoup à l’indifférence crasse du politique à l’égard de la musique classique. À défaut d’une fusion avec l’orchestre de la Monnaie, comme le suggéra (en vain) le rapport Blanchard en 2015, c’est l’avenir même de l’ONB qui se jouera avec le nouveau CA. À condition que le politique, qui finance, lui en donne les moyens. Mais a-t-il jamais regardé le Reine Elisabeth? - Stéphane Renard

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