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"Ils ne nous étoufferont pas"

«Ce qui se passe en ce moment montre que la culture a une signification bien plus cachée qu’on le pense. Il y a deux cultures. D’abord, celle que les politiques mélangent sciemment avec le divertissement. Cette culture est celle de l’establishment, qui ne dérange personne, et que l’on va remettre sur pied très vite.

Mais il y en a une autre, celle de la création. Elle traverse les gens, les bouscule, les pousse à la réflexion  et leur fait prendre parfois d’autres chemins de vie. La création est l’un des rares territoires où l’humain s’exprime parce qu’il a besoin de dire quelque chose. Pour lui-même mais aussi pour tous ceux qui n’ont pas la parole.

Il n’y a rien de plus fort que ce besoin de jouer, de chanter sans obéir à aucune règle ni à aucun intérêt. Pour défendre cette culture-là, il ne faut rien attendre ni personne, car «ils» la balaient en l’estimant «non essentielle». Ce discours n’est absolument pas nouveau, mais avec la Covid, il a éclaté au grand jour. Nous allons donc une fois de plus nous débrouiller pour pouvoir continuer à créer. Ils ne nous étoufferont pas.

Je repense à Chostakovitch… Il a composé avec la peur constante d’être arrêté. S’il n’a malgré tout jamais cessé d’écrire, c’était pour ne pas mourir. Je ne comprends pas qu’on puisse mettre des mots comme essentiel ou non essentiel sur des choses pareilles. Cette vitalité-là se moque de ce débat. On n’arrêtera pas le jaillissement continu de tous ceux qui ont des choses à dire ou à créer. Jamais.»

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