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Album | Un Boccherini en toute liberté

Prenez trois concertos pour violoncelle de Luigi Boccherini. Virez l’orchestre. Conservez le violoncelle. Ajoutez un violon et un cymbalon. Et sombrez. «En parlant de son film Jeanne d’Arc, Robert Bresson  disait qu’il fallait dénuder une idée pour la faire exister», résume Sonia Wieder-Atherton.

«Je l’ai fait avec Boccherini, en dénudant la partition de violoncelle, sans changer une note. En confiant ensuite au violon et au cymbalon des rôles précis, j’ai rendu au violoncelle un espace pour exister à part entière.» Réalisée avec la complicité de la percussionniste Françoise Rivalland, la transcription est bluffante.

La toute-puissance d’un archet libéré du carcan orchestral nous happe dès l’allegro d’entrée, avec les graves abyssaux d’un Goffriller des années 1700. C’est fort, très fort, et donne le ton d’un disque qui se réapproprie l’un des grands virtuoses du XVIIIe siècle. L’autre coup de génie est d’avoir inséré des cadences de Haendel, Stravinsky, Kurtäg, Dolphy, Riesmann.

Et de Sonia elle-même pour une déclinaison à la Miles Davis. Des cadences qu’elle perçoit «comme autant de rêves, que l’on aurait peur d’oublier au réveil, le matin, une fois Boccherini retrouvé.» Rassurons l’interprète. C’est tout le disque que l’on n’est pas prêt d’oublier.

«Cadenza»
Sonia Wieder-Atherton

Note de L'Echo: 5/5

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