Miysis à la jonction de la technologie et de l'art

Denis Stevens, CEO de miysis: "Je n’ai pas la volonté de grandir très vite. Je n’ai donc pas besoin d’attirer de nouveaux investisseurs." ©Julien Stevens

En près de 10 ans, la société liégeoise est devenue une référence mondiale dans l'imagerie virtuelle, notamment dans l'immobilier, Mais pas uniquement.

Comme d’autres légendes technologiques, celle-ci commence dans une chambre d’étudiant. Denis Stevens et l’un de ses condisciples, futurs ingénieurs et designers s’intéressent davantage à la visualisation des bâtiments qu’à la résistance des matériaux. En d’autres termes, ces deux fondus de la modélisation préfèrent la réalité virtuelle et les images de synthèse que les calculs ardus et techniques. "Sur nos vieilles bécanes, nous avons sorti un portfolio de visualisations informatiques de bâtiments ou d’aménagements… que nous sommes allés présenter à des commerciaux à Batibouw. Ça a fonctionné…" reconnaît, encore étonné, Denis Stevens, fondateur de Miysis.

Un savant mélange de haute technologie et de représentation artistique, c’est l’ADN de Miysis, qui en une douzaine d’années a réussi à se faire un nom dans le secteur de l’imagerie de synthèse, de l’animation et de la réalité virtuelle ou augmentée. Après le kot étudiant à Liège, la société a pris ses quartiers dans le Château de Voroux-lez-Liers, une vaste demeure classique du XVIIIe siècle à un jet de pierre de Rocourt, sur les hauteurs de la Cité ardente. Là aussi, un mix entre high-tech et classicisme.

Bouche-à-oreille

Essentiellement par le bouche-à-oreille, Stevens et son équipe ont décroché des contrats dans le monde entier avec les plus grands bureaux d’architectes, comme SOM, qui a construit quelques-unes des plus hautes tours du monde, comme la Burj Kalika de Dubai. Miysis collabore également avec quelques grandes marques internationales comme Visa, IBM, Michelin, Ice Watch… "Mais nous restons aussi à l’affût d’une clientèle plus locale, comme le fabricant de montres Cole & Mc Arthur ou le cuisiniste Eggo", fait remarquer Denis Stevens. Ce qui lui permet d'afficher aujourd'hui un chiffre d'affaires de plus de 2,5 millions d'euros. 

"Nos infographistes préfèrent s’éclater sur l’éclat d’un verre ou la manière dont un tissu en velours va absorber la lumière plutôt que sur de la programmation pure."
Denis Stevens
CEO de Miysis

Pour se distinguer d'une concurrence qui s'est aiguisée dans le secteur, Miysis a parié très tôt sur la diversification. "Jusqu’ici, nous restons exclusivement sur le marché du BtoB, au contraire de certains de nos concurrents qui s’intéressent aussi à l’animation de fiction ou au gaming. Les technologies sont largement les mêmes." 

Pour accroître ses compétences et ses facultés de réaction, Miysis a automatisé une bonne partie de son processus de réalisation. La plupart des tâches très techniques ont été robotisées pour mettre davantage l’accent sur le volet artistique et graphique de chaque projet. "Cela nous permet d’être très réactifs sur les demandes des clients. Nos infographistes préfèrent s’éclater sur l’éclat d’un verre, le brillant d’une coque de smartphone ou la manière dont un tissu en velours va absorber la lumière plutôt que sur de la programmation pure. Et je les comprends!", avoue Stevens. Sur les 25 personnes que compte aujourd’hui Miysis, 21 sont infographistes et 3 programmeurs. Chacun son truc.

Gamification

©Miysis

Grâce à une palette de compétences assez large, Miysis peut conseiller ses clients et souvent les amener là où ils ne pensaient pas nécessairement aller. Frédéric Taminiaux, le patron du cuisiniste Eggo est arrivé dans un premier temps pour des images fixes de ses réalisations. Il en est ressorti avec une application de configuration en temps réel qui permet à ses clients de visualiser chaque modification dans un rendu saisissant. "Les techniques du gaming, et notamment celles des jeux en ligne, comme le pixel streaming, permettent de ne plus être tributaire des outils du client pour faire tourner nos applications. C’est une grande avancée."

Le métier est en mutation perpétuelle, notamment sur l’impulsion des clients. "Les grandes marques veulent se démarquer par des images de plus en plus spectaculaires. Et elles ont des budgets conséquents. Aujourd’hui, il est beaucoup plus facile et moins cher de travailler sur la base de la réalité virtuelle qu’à partir de photos ou de film", précise Stevens. L’image virtuelle permet de décliner une ambiance sous différentes formes, d’harmoniser l’image de l’entreprise et de ses produits et surtout de réaliser des choses impossibles à faire dans la réalité. "Comme montrer autrement le fonctionnement d’un moteur… "

Seul à la barre de l’entreprise depuis le début ou presque, Denis Stevens garde bien les pieds sur terre. Après avoir englouti son premier capital dans les licences des logiciels, Miysis a rapidement décroché ses premiers clients qui lui ont permis de fonctionner ensuite sur fonds propres. "Je n’ai pas la volonté de grandir très vite. Je n’ai donc pas besoin d’attirer de nouveaux investisseurs. Je préfère rester serein quand je rentre à la maison…"

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