Un cadre de GSK: "On va être beaucoup à revoir notre CV"

Les assemblées générales se sont succédé ce vendredi sur les sites de GSK, à Wavre (photo) et Rixensart. Et Gembloux, ce sera pour lundi. ©Photo News

Si une restructuration était dans l'air depuis belle lurette chez GSK, elle a surpris par son ampleur. Témoignages de cadres du géant pharmaceutique, auxquels la direction recommande le plus grand silence.

Pas vraiment la riposte, plutôt le contrecoup. Après l'annonce, mercredi, du vaste plan de restructuration, l'heure était aux assemblées générales, ce vendredi, sur les sites de GSK à Rixensart et Wavre. Dès l'aube. Informer le personnel, faire remonter les questions, se préparer aux négociations: tel était le menu des organisations syndicales, qui n'ont pour l'heure pas décidé de mener des actions ou de cesser le travail. En tout cas pas avant le conseil d'entreprise de mercredi. 

"Cela fait un petit temps que nous savions qu'il y aurait une réorganisation."
Xavier
Cadre chez GSK

"Le personnel est abasourdi", ramasse la CSC. Par l'ampleur du choc, mais pas vraiment par son existence. "Cela fait un petit temps que nous savions qu'il y aurait une réorganisation", confirme Xavier, cadre chez GSK. Xavier, ce n'est pas son prénom, mais l'anonymat est de mise quand il s'agit d'évoquer la manière dont le personnel tient le coup. C'est que la direction a été formelle: pas question de s'épancher dans la presse, il y a des porte-paroles pour répondre aux journalistes. Sanction à la clef, précise le mail en question. Une politique des gros yeux qui porte ses fruits; sur la quinzaine de personnes contactées, seules deux ont accepté de se livrer. Anonymement. "Les gens ont peur", glisse-t-on au syndicat chrétien.

"On ne saura rien avant plusieurs mois"

"On savait, confirme Nathalie, elle aussi cadre anonyme. À vrai dire, voilà trois ou quatre ans que le mot 'restructuration' était dans l'air, sauf que l'on parlait plutôt de 450 emplois. C'est la suite logique de la fermeture de certaines unités de production à Rixensart et du rachat de Novartis. Il y avait des doublons, du côté des cadres. Ce qui est intrigant, par contre, c'est le timing, à quelques mois des élections sociales."

"Avec notre profil, nous sommes souvent sollicités par d'autres employeurs. Mais là, il y aura beaucoup de monde sur le marché en même temps."
Nathalie
Cadre chez GSK

En attendant de voir le bout de la procédure Renault qui va s'ouvrir, c'est l'incertitude. "Moi, je suis un optimiste de nature", relativise Xavier. Qui en a déjà vécu une, de procédure Renault, chez un autre employeur. "On ne saura rien avant plusieurs mois, alors autant ne pas trop se faire de mouron."

Pas si simple, estime Nathalie. "Il est vrai qu'avec notre profil, nous sommes souvent sollicités par d'autres employeurs. Mais enfin, là, il y aura beaucoup de monde sur le marché en même temps. Et pas mal de ces employeurs sont internationaux; ce n'est pas si facile de déplacer toute une famille. En tout cas, on va être beaucoup à remettre à jour notre CV." Ici, c'est l'amertume qui l'emporte. "La direction nous a demandé beaucoup de choses. Chez GSK, le taux d'absentéisme est supérieur à la normale et il y a beaucoup de burn-out. Et puis... ça."

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