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Paroles d'artistes | Vincent Bresmal "Une vraie menace sur la création"

Le scénographe Vincent Bresmal.

Le scénographe Vincent Bresmal craint que la chute des moyens ne nuise directement aux créateurs qui comme lui travaillent à la mission et in fine à l’exceptionnelle diversité de notre vie culturelle.

"Va-t-on revoir à la baisse le nombre de comédiens, aura-t-on toujours besoin d’un scénographe? Un metteur en scène ne va-t-il pas imaginer lui-même les décors? C’est ce qui m’inquiète profondément", explique d’emblée le metteur en scène Vincent Bresmal, qui travaille régulièrement pour les théâtres bruxellois et des metteurs en scène aussi renommés que Sylvie Landuyt, Frédéric Dussenne ou Thierry Debroux.

Le spectacle sur lequel il travaillait au Théâtre des Martyrs n’a tenu qu’une semaine avant le lock-down et ses incertitudes se concentrent à présent sur celui qu’il prépare en septembre pour le Théâtre Blocry, à Louvain-la-Neuve. "Nous faisons des réunions par Skype avec le metteur en scène pour inventer un nouveau dispositif scénique au cas où nous ne pourrions pas jouer dans la salle pour des raisons sanitaires. On l’imagine en mode tout-terrain pour s’adapter à un lieu non équipé ou au plein air – une scénographie ‘couteau suisse’".

Teaser de la pièce LE PROCÈS, au Théâtre des Martyrs, scénographiée par Vincent Bresmal.

La création en danger

Pour Vincent Bresmal, cette crise fait planer une vraie menace sur le budget alloué à la création, les opérateurs étant plus enclins à rémunérer d’abord leur personnel salarié plutôt que des créateurs engagés à la mission. "En ce qui me concerne, les budgets alloués à la construction de décors, le coût des matériaux et la main d’œuvre, qui sont le plus souvent le fait d’ateliers indépendants, c’est cela qui risque d’être réduit."

«Dans le débat qui doit maintenant s’engager, il faut que la culture ne se résume pas à quelques grandes institutions qui font de l’image.»
Vincent Besmal
Scénographe

 Le scénographe épingle trois facteurs: la diminution de l’apport du Tax shelter lié à l’investissement des entreprises (entre-temps, le plafond de l’investissement et la période de justification des frais éligibles ont été relevés), le surcoût des mesures d’hygiène et la chute des rentrées de billetterie, surtout pour les lieux non subventionnés.

"Je ne veux pas faire de raccourci et dire que s’il y a moins d’argent, le théâtre sera moins intéressant. On peut faire du très bon théâtre avec deux comédiens et une chaise, mais le vrai investissement dans l’artistique, c’est l’humain, et on va raboter ce côté humain. En tant qu’artiste, on ne doit pas faire le capricieux et apprendre à créer dans d’autres conditions, mais il ne faudrait pas que la baisse des moyens se traduise par un appauvrissement de l’offre."

C’est l’extraordinaire diversité, notamment à Bruxelles, qui fait la force de notre vie culturelle, et qui est aujourd’hui menacée, croit-il: "Dans le débat qui doit maintenant s’engager, il faut que la culture ne se résume pas à quelques grandes institutions qui font de l’image. 



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