Plus de 2.400 emplois à pourvoir en trois ans dans le secteur biopharma en Wallonie

Même si on ne ne connaît pas encore les profils qui vont quitter GSK, le secteur biopharma wallon court toujours le risque d'une crise des talents. ©Masthercell / Arthurs Hyacinthe

D'après les estimations du pôle BioWin, le secteur de la pharmacie et des sciences du vivant en Wallonie va créer en moyenne 800 postes par an à court terme. De quoi absorber le choc GSK.

Après le choc de l’annonce mercredi de 720 licenciements chez GSK Vaccines en Belgique, une bonne nouvelle: les personnes qui vont quitter le groupe britannique ne devraient pas rester longtemps sur le carreau, tant la demande en emplois dans la pharmacie et les sciences du vivant est soutenue. Sans prendre trop de risques, on peut même affirmer que l’épisode pénible qui se déroule dans le Brabant wallon ne changera pas fondamentalement la donne dans le secteur, à savoir un risque réel de pénurie de main-d’œuvre.

D’après BioWin, le pôle de compétitivité santé de Wallonie, une moyenne de 800 emplois vont en effet être créés chaque année à court terme dans le sud du pays par les entreprises biopharmaceutiques et de technologies médicales. Soit 2.400 postes à pourvoir d’ici la fin de 2022. Si BioWin peut se montrer aussi optimiste, c’est que ses membres ont mené une réflexion sur le sujet depuis des mois et sondé les sociétés wallonnes concernées. Le résultat de ces investigations ne sera publié que dans quelques semaines, mais les grandes lignes sont connues, explique Sylvie Ponchaut, la directrice du pôle, qui a accepté de dévoiler les tendances du futur rapport en raison de l’actualité.

Une moyenne conservatrice

Pour établir ses projections, BioWin a travaillé soit sur la base d’interviews avec les entreprises, soit en se fondant sur des projections avec les données récoltées depuis une quinzaine d’années."La fourchette va de 600 à 1.100 postes à pourvoir par an selon la méthodologie retenue, le chiffre de 800 étant considéré comme une moyenne conservatrice", précise Sylvie Ponchaut. Selon elle, de nombreux profils seront demandés, avec le développement tous azimuts du secteur, mais aussi en raison de sa maturité croissante.

"La fourchette va de 600 à 1100 postes à pourvoir par an selon la méthodologie"
Sylvie Ponchaut
Directrice du pôle BioWin

Si les biochimistes et pharmaciens d’industrie resteront très recherchés, "le spectre va s’élargir aux ingénieurs ou aux techniciens avec le développement des sociétés de technologies médicales". Le lancement, par certaines entreprises, de phases d’industrialisation va par ailleurs entraîner un appel pour des spécialistes de production, des opérateurs et des responsables qualité. Enfin, la digitalisation du secteur réclamera la présence de biostatisticiens ou de spécialistes des data et de la R&D numérique, conclut Sylvie Ponchaut, d’après qui la question de la crise des talents dans le secteur biopharma risque de se poser dans les prochaines années, "même s’il est encore trop tôt pour fairee une évaluation parce qu’on ne connaît pas les profils qui vont quitter GSK".

Jeudi, Essenscia Wallonie, la division régionale de la fédération des industries chimiques et des sciences de la vie avait tenu un discours allant dans le même sens, rappelant que les secteurs de la chimie et de la pharma réunis avaient "près de 3.000 offres d’emploi à pourvoir dans l’ensemble du pays". Les chiffres de BioWin ne concernent quant à eux que les entreprises de la santé dans le sud du pays. De nombreuses entreprises wallonnes contactées confirment cette tendance. Le chiffre le plus impressionnant est celui avancé par MaSTherCell dans le Biopark de Gosselies: le plan de développement de la société, qui va quadrupler ses surfaces, prévoit l’embauche de 250 personnes dans les 4 à 5 ans.

250
personnes
MaSTherCell prévoit l’embauche de 250 personnes dans les 4 à 5 ans

Cinq entreprises parlent d’une centaine d’engagements au minimum. À Liège, Mithra va débuter la production de deux produits sur son site de Flémalle, tandis que non loin de là, Eurogentec, qui avait déjà engagé 50 collaborateurs en 2019, assure qu’elle aura besoin du double dans les années à venir. Plus surprenant, Trasis (Ans), qui était encore start-up de l’année il y a trois ans, dresse une liste impressionnante des talents qu’il lui faudra trouver, en précisant qu’elle "éprouve déjà des difficultés actuellement à recruter pour certains postes". Ses besoins vont des ingénieurs de conception aux opérateurs salle blanche en passant par des software developpers et assistants marketing. Plus d’une douzaine de profils à trouver!

©Mediafin

Une extension des installations

À plus long terme (2030), Quality Assistance, une entreprise de Thuin qui aide les grands labos à développer leurs médicaments (CRO), ainsi que le poids lourd UCB prévoient également une extension de leurs installations. "Je suis sûr qu’une très grande majorité des gens qui vont quitter GSK vont retrouver du travail", conclut le serial entrepreneur François Blondel, qui évoque de son côté une cinquantaine de personnes à trouver cette année dans les quatre sociétés dans lesquelles il est impliqué (Kitozyme, KiOmed, Delphi Genetics et OncoDNA).

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