Quoi qu'il arrive, les Belges continueront à voyager

La namibie fait partie des pays les moins fréquentés par les Belges. Sans doute pour une question de prix. ©Getty Images/Robert Harding World Imagery

Les Belges seront 84% à partir dans les douze mois qui viennent et 56% ont déjà réservé un déplacement dans les deux ans qui viennent. Reste à voir où et comment.

Le salon des vacances qui a ouvert ses portes jeudi dernier fera sans doute le plein de visiteurs. Le Belge reste un voyageur. 86% d’entre eux quitteront leur domicile au moins une fois dans les douze mois qui viennent et 56% ont déjà réservé des nuitées dans les 24 mois. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le Fonds de garantie voyages (GFG), en association avec le bureau d’études GfK et l’association belge des tour-opérateurs (Abto).

Le terrorisme? Oublié!

Et puis, il y a ceux qui ne se sont pas encore décidés. Le GFG leur a demandé pourquoi. Bien sûr, il y a des questions de budget (la maison à isoler ou la pension trop faible, par exemple), mais aussi des hésitations, des préférences pour les "last minute", les interrogations sur les résultats scolaires et d’autres, comme le temps qu’il fera en Belgique. Le terrorisme? Ah oui, il y a encore 2% des sondés qui hésitent à cause de cela. Autant dire plus rien.

22%
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Dans 22% des cas, les vacances dureront de quatre à six nuits.

Dans 22% des cas, les vacances dureront de quatre à six nuits et dans 73% des cas tournent autour des 1 à 10 nuitées. La France, l’Espagne et la Belgique sont sur le podium des pays envisagés et, parmi les critères de choix, on pointe le prix (72,9%), la nature (70%) ou la nourriture (61%). À l’inverse, la Namibie et le Botswana, le Sénégal et la Gambie, Israël, la Jordanie, le Kenya, etc. sont mal cotés. Qu’on ne mésestime pas leur attrait, mais il est évident que le prix peut jouer ici aussi, ou alors la distance, la culture, la langue, le climat et on en passe! Sûr que l’étude de GfK pourrait inciter à la réflexion bien des offices de tourisme.

Dans le même ordre d’idée, à la question "Quel type de voyage n’entrerait pas en considération?", 26% ont évoqué les croisières, ce qui devrait donner du grain à moudre pour les services de communication des croisiéristes. Idem pour les aéroports, d’ailleurs. Pour ceux qui empruntent l’avion, Brussels Airport est l’option n° 1  dans trois quarts des cas et Charleroi à 35%. Après on plonge, mais, curiosité, Düsseldorf est cité (dans ce choix multiple) dans 12% des cas et Amsterdam dans 11%. Paris? 6% et Lille 4%.

Ah! Le sujet en vogue: l’écologie! "Dans quelle mesure êtes-vous préparé à modifier vos habitudes de voyage en vue de réduire votre empreinte écologique?" demandait le questionnaire. 9% se disent "très préparés" (il faudra voir comment), 17% préparés et 46% "modérément". Les 24% restants ne sont pas préparés. Il faudra voir aussi ce qu’on leur proposera…

3.000 voyageurs

"Dans quelle mesure êtes-vous préparé à modifier vos habitudes de voyage en vue de réduire votre empreinte écologique?" demandait le questionnaire. 9% se disent "très préparés" (il faudra voir comment), 17% préparés et 46% "modérément".

Le GFG a pris le parti de sonder chaque trimestre quelque 850 répondants (3.400 par an), ce qui représente, familles comprises, environ 2.500 à 3.000 voyageurs. Les différentes associations professionnelles, Upav (agences de voyages), Vlara (autocaristes), BTO (voyages d’affaires) ont accepté d’apporter leur soutien, même si cette dernière envisage de mener ses enquêtes propres à la clientèle d’affaires.

L’enquête, qui étudiera chaque fois 38 interrogations, sera mise à disposition des membres des associations concernées et permettra de faire des comparaisons en modifiant les paramètres: catégories d’âge, critères de choix pour certaines destinations, etc. Petite précision très importante: ne seront pas consultés uniquement les voyageurs qui s’adressent à des voyagistes (T-O et agences), mais tous les Belges et donc aussi – la majorité (59%) – ceux qui réservent en solitaire, car il y en a toujours, malgré les risques en cas de faillite des prestataires de services (voir ci-contre).

Protection financière: Oui en théorie, non en pratique

La faillite de Thomas Cook a fait réfléchir les voyageurs. Il était logique que le Fonds de Garantie Voyages (GFG) interroge ceux qui envisagent des déplacements. Sont-ils aujourd’hui plus attentifs à la solvabilité de leurs intermédiaires de voyages ? Pour plus des deux tiers (69%) ce critère est important (26%) ou très important (43%). Cela monte même à 71% en région wallonne.

Mais dans la réalité, seuls 30% des vacanciers sont prêts à partir en passant pas les voyagistes, les seuls ayant obligation de garantie de solvabilité. 59% estiment toujours pouvoir se débrouiller seuls pour leurs réservations, donc sans garantie aucune de leur compagnie, de leur hôtel, de leur confort, de leurs déplacements, etc.

Depuis sa création en, 1995, le GFG a réglé 105 faillites (oui !) et est toujours actif dans le dossier Thomas Cook, où 15 ex-employés ont été engagés pour traiter les 20.000 dossiers (belges) de vacanciers lésés. A ce jour, un quart de ces dossiers a été traité par le GFG. D’ores et déjà, 8 millions d’euros ont été remboursés à 11.000 voyageurs (concernés par les 5.000 dossiers traités), en particulier la totalité des sommes payées par les clients qui devaient partir dans la semaine suivant la faillite.

Selon les estimations de son directeur général, 70.000 voyageurs toucheront entre 25 et 30 millions d’euros. Mais uniquement ceux qui sont passés par le tour-opérateur ou les agences de voyages émargeant au Fonds de garantie.

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