Un télescope liégeois pour explorer notre Soleil

La sonde Solar Orbiter de l'Agence spatiale européenne (ESA) s'est élancée de Cap Canaveral en Floride, en collaboration avec la Nasa. ©EPA

Lancement réussi pour la sonde Solar Orbiter, qui a pour objectif de mieux comprendre les turbulences du Soleil potentiellement néfastes pour tout ce qui implique l'atmosphère, avec à son bord un instrument made in Belgium.

Le 13 mars 1989, une panne d'électricité massive a paralysé tout le Québec pendant plus de neuf heures. En cause, une éruption solaire qui était chargée de particules magnétiques. Ces tempêtes solaires, si elles venaient à se reproduire de manière plus puissante, seraient capables de mettre à terre tout le système électrique et satellitaire de la terre. Pour mieux comprendre ces turbulences et mieux s'en protéger, la mission Solar Orbiter va donc partir explorer notre étoile.

Solar Orbiter pourra observer le soleil au plus près, avec un point de vue direct sur les régions polaires.

La sonde de l'Agence spatiale européenne (ESA) s'est élancée dans la nuit de dimanche à lundi de Cap Canaveral, en Floride, en collaboration avec la Nasa, avec à son bord dix instruments scientifiques. La particularité du projet réside dans le point d'observation du satellite. En survolant Vénus à plusieurs reprises au cours des prochaines années, il utilisera la gravité de la planète pour incliner son orbite et se rapprocher du soleil. Il survolera finalement ses pôles, qui ne sont pas accessibles depuis la terre

Solar Orbiter pourra donc observer le soleil au plus près, avec un point de vue direct sur les régions polaires.

Participation belge

L'un des principaux instruments scientifiques faisant partie du voyage sera 100% made in Belgium. Le télescope spatial Extreme ultraviolet imager (EUI), dont la conception et la construction ont été réalisées par le Centre spatial de Liège (CSL), prendra des images dans l'extrême UV, de très haute résolution.

Avec ses trois caméras, l'EUI va ramener des images à une cadence très rapide, presque comme un film, de la surface solaire et ainsi permettre d'observer la dynamique et la structure de l'atmosphère solaire.
Aline Hermans
Ingénieur et chef de projet au Centre spatial de Liège

"Avec ses trois caméras, l'EUI va ramener des images à une cadence très rapide, presque comme un film, de la surface solaire et ainsi permettre d'observer la dynamique et la structure de l'atmosphère solaire"explique Aline Hermans, ingénieur et chef de projet de l'instrument EUI au CSL. "Pour nous, la mission sera vraiment réussie lorsque l'EUI ramènera ses premières images, début mai". Fin de mission imminente donc pour le CSL qui passera la main à l'Observatoire royal de Belgique, en charge de gérer et de coordonner l'analyse des images.

Côté financement, c'est le Bureau fédéral de la politique scientifique qui a mis la main à la poche. "Le financement de l’EUI s’est partagé entre cinq pays, dont la Belgique, qui y a principalement participé à hauteur de 20 millions d’euros", selon Marie Dominique, chercheuse à l’Observatoire royal de Belgique.

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