chronique

Vers le haut!

L’objectif de tout manager devrait être de tirer ses collaborateurs vers le haut. La chronique de Giles Daoust, CEO de Daoust et Title Media.

On peut affirmer que les entreprises progressent grâce aux efforts de personnes ambitieuses qui contribuent à leur développement jour après jour. Les évolutions positives peuvent venir de différents niveaux (directeurs, managers, collaborateurs), et se manifester sous différents angles (croissance, innovation technologique, optimisation de process, amélioration du bien-être…) Mais elles sont toujours le résultat d’envies qu’ont certaines personnes de se dépasser, de faire mieux. Ceci n’enlève rien au mérite de ceux qui font " juste leur job ", car ils participent au fonctionnement quotidien de l’entreprise, sans quoi rien ne tournerait.

Alors qu’une croissance débridée et artificielle peut être toxique (et je rejoins en grande partie le constat formulé par Geert Noels dans son livre Gigantisme), une croissance organique raisonnable constitue une belle dose de vitamines pour la santé de l’organisation. En effet, on constate dans les entreprises qui stagnent (ou décroissent) que comme la structure ne grandit plus, il est difficile (voire interdit) d’engager du personnel, et le seul " sang frais " à rentrer provient du remplacement des personnes qui partent (volontairement ou non). Avec une saine dose de croissance vient en principe la création de nouvelles fonctions, pour mener de nouveaux projets, lancer de nouveaux produits, ouvrir de nouveaux sites. La création de nouveaux postes de management est aussi une opportunité, pour les personnes disposant d’une ambition de carrière, d’évoluer.

Manager myope

Mais on assiste malheureusement assez souvent au phénomène suivant : certains managers engagent des collaborateurs moins qualifiés qu’eux et ne les développent pas, pour éviter qu’ils ne leur volent leur place un jour. C’est un comportement particulièrement " myope ", car il existe un aspect purement générationnel qui devient incontournable : la Génération Y, dont les codes dominent le monde du travail d’aujourd’hui, a la bougeotte. La notion d’un job " à vie " ne séduit pas les jeunes (au grand dam des syndicats d’ailleurs). Les millenials veulent évoluer, changer, apprendre, tout sauf faire la même chose trop longtemps. Que le manager le veuille ou non, ces collaborateurs vont évoluer. Si l’entreprise ne leur offre pas d’opportunités d’évolution, ils la quitteront sans hésiter.

L’évolution de ses collaborateurs est aussi un vecteur de l’évolution du manager lui-même : s’il souhaite continuer sa propre progression, il a tout intérêt à bien structurer en-dessous de lui.
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Le manager a donc tout à gagner à tirer ses collaborateurs vers le haut. Leur donner des défis ambitieux. Les sortir de leur zone de confort. Leur (faire) apprendre de nouvelles compétences. De cette manière, l’équipe tout entière se trouve dans une spirale positive. (Encore une fois, les personnes qui ne souhaitent pas évoluer, doivent être respectées comme des maillons essentiels de la chaîne du management – les jeunes ambitieux l’oublient parfois). L’évolution de ses collaborateurs est aussi un vecteur de l’évolution du manager lui-même : s’il souhaite continuer sa propre progression, il a tout intérêt à bien structurer en dessous de lui.

Evidemment, il ne faut pas aller trop vite. Les millenials ont parfois tendance à surestimer leurs forces et à vouloir brûler les étapes, ce qui n’est pas sans lien avec le nombre de burnouts chez les moins de 40 ans. Pour évoluer, il faut prendre le temps d’apprendre, et de bien maîtriser son job actuel avant d’en changer. En ce sens, la responsabilité du manager est aussi de ne pas faire évoluer ses collaborateurs trop vite, de ne pas les " griller ".

Apprendre par soi-même

Dans le cadre de leur évolution, les collaborateurs ne doivent pas non plus attendre de leur manager qu’il se transforme en professeur d’école, consacrant 100% de son temps à enseigner à ses " élèves ". La capacité à apprendre par soi-même est essentielle à notre époque. Nous vivons dans un âge d’or de la connaissance, et la documentation à notre disposition pour apprendre par nous-mêmes n’a jamais été aussi abondante. Prendre le temps de nous former, de lire, d’apprendre pas à pas, est essentiel dans notre évolution personnelle.

Le manager (et l’entrepreneur bien entendu, qui est face aux mêmes défis) doit donc apprendre à détecter les personnes qui ont du potentiel et une envie d’évoluer, et miser sur elles, leur donner des défis, quitte à se mettre parfois en danger. Mais aussi les aider à trouver le bon rythme et à gérer l’évolution de leur carrière sans brûler les étapes. C’est en tirant leurs collaborateurs vers le haut avec bienveillance que le manager et l’entrepreneur démontreront leur capacité… à évoluer eux-mêmes !

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