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Actions françaises: recommandations (17 octobre)

L'action Bpost manque de cachet

  • 17 octobre 2013 15:48

Des quatre groupes postaux européens analysés par le Crédit Suisse, bpost est le moins séduisant. La recommandation de la banque est à "sous-performer" (vendre) et l'objectif de cours fixé à 14,5 euros.

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L’idée lancée en été par le patron de bpost de recourir aux facteurs pour relever les compteurs d’eau, de gaz et d’électricité, voire même afin d’établir des constats pour les assureurs suffira-t-elle pour garantir un avenir solide à cette entreprise publique dont le métier de base, la distribution du courrier, est en perte de vitesse ?

Le Crédit Suisse qui vient de passer au crible quatre groupes postaux européens n’est, pour sa part, pas très rassuré quant au futur de bpost. Face à Post NL, Austrian Post, Deutsche Post DHL, le groupe belge obtient d’ailleurs la recommandation la moins attrayante: " sous-performer " (comprenez, vendre). L’objectif de cours est fixé à 14,5 euros.

Trois éléments ont poussé les analystes de la banque à considérer que bpost sera, en Bourse, à la traîne par rapport à ses concurrents: une accélération de la baisse des volumes traités, le manque d’opportunités de croissance et une incertitude liée à des risques régulatoires.

1. Les volumes.  La baisse est passée de 0,5% en 2010 à 4,7% au 1er semestre 2013. Malgré le fait que, comparé à ses pairs cités plus haut, le groupe postal belge dispose de la marge de manoeuvre la plus large en matière de fixation des tarifs, les prix pratiqués ne couvrent plus la chute des volumes. En outre, bpost est le plus exposé des quatre aux produits type "courriers". Quelque 70% des revenus en sont issus.

2. La croissance. bpost a déjà réalisé, avant son IPO un gros effort sur sa marge Ebitda au point que cette dernière risque désormais de stagner. Un point essentiel pour contrebalancer l’érosion du courrier, c’est la livraison de colis, estime le Crédit Suisse. Or dans ce secteur, la poste belge est moins bien positionnée que ses concurrents. "Les colis restent périphériques pour bpost avec une poids limité à 6% dans le chiffre d’affaires " note la banque. Quant au dividende, les réserves distribuables offrent une protection limitée contre les variations des bénéfices.

3. Les risques régulatoires. Ils sont de plusieurs types. Tous les ans, depuis une dizaine d’années, le groupe a dû s’acquitter d’amendes auprès de la Commission européenne suite à des aides d’Etat et il existe toujours un risque de nouvelles enquêtes. D’autre part, en décembre de l’année prochaine, un appel d’offres devrait être lancé pour la distribution de la presse. Les analystes évaluent à 50% le risque que bpost perde une partie de ce marché. Enfin, en tant que prestataire du service universel, bpost dispose pour 8 ans, jusqu’en 2018, du monopole de l’enlèvement et de la distribution du courrier. Quid après et à quelles conditions ?

On le voit, pour que la poste puisse se réinventer, il faudra beaucoup d’énergie et d’imagination. Sur ce dernier point, Johnny Thijs, son patron, semble être l’homme de la situation.

 

Source: L'Echo

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