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Actions françaises: recommandations (5 novembre)

Les arythmies boursières de Cardio3

  • 05 novembre 2013 16:07
Christian Homsy, le CEO de Cardio3.

Christian Homsy, le CEO de Cardio3.

Depuis le 28 octobre, l'action de cette biotech wallonne s'est envolée en Bourse. Ce mardi, elle a atteint un plus haut de 32,8 euros, soit un gain de 126% en quelques séances. De quoi attirer les "short-sellers"?

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Investir dans les sociétés de biotechnologies cotées en Bourse c’est comme avancer dans la jungle, pieds nus, les yeux bandés avec un sac à dos rempli d’illusions.

Car une biotech, c’est quoi finalement ? C’est une jeune entreprise qui court constamment après de l’argent pour prouver la validité et l’utilité d’un produit qui doit passer une batterie de tests coûteux dont l’issue de chacun d’eux peut ruiner tous les espoirs. Si malgré tout, ce médicament ou ce traitement est validé, il faut ensuite se lancer dans un tout autre métier : la commercialisation. Tout en priant qu’un concurrent plus balèze ne vienne pas, entre-temps, marcher sur vos plates-bandes.

Cardio 3 Biosciences, une biotech belge cotée à Bruxelles et Paris depuis l’été dernier correspond tout à fait à cette définition. En quelques années, elle a dépensé plus de 60 millions d’euros pour mettre au point et lancer les essais cliniques d’une technique de médecine régénérative du cœur à partir de cellules de la moelle osseuse. Son produit, le C-Cure, est actuellement en phase 3 en Europe.

L’introduction en Bourse de Cardio3 destinée à récolter encore du cash (26,5 millions d’euros), n’a pas rencontré un succès foudroyant, l’action ayant finalement été vendue dans le bas de la fourchette à 16,65 euros. Une fois l’euphorie de la première cotation retombée, le titre est d’ailleurs repassé sous le prix d’introduction. Le 11 octobre dernier, il s’échangeait autour de 12,5 euros.

Et puis brusquement, à partir du lundi 28 octobre, l’action s’est mise à flamber à un rythme presque quotidien : +14,4%, +15%, … avec comme point d’orgue un bond de 36% en séance ce mardi avec un plus haut de 32,8 euros.



Pendant des jours, on a mis cette envolée sur le compte de propos (pour le moins étonnants dans la bouche d’un patron de société cotée) tenus par le CEO de la biotech, Christian Homsy. Lors d’une interview publiée le vendredi 25 octobre après Bourse ce dernier affirmait " qu’en cas de succès (les résultats de l’étude clinique de phase 3 sont attendus fin 2015, NDLR) en regardant la taille d’entreprises comparables cotées aux Etats-Unis ou ailleurs, Cardio3 Biosciences pourrait alors valoir 10 à 15 fois ce qu’elle vaut aujourd’hui ! ".

Mais voilà qu’aujourd’hui, Bloomberg met cette folle grimpette sur le compte de Mesoblast. Cette société australienne qui développe une technique similaire à celle Cardio3 a obtenu le 31 octobre le feu vert des autorités sanitaires américaines pour lancer des essais cliniques de phase 3. Moi, je dirais que c’est plutôt une mauvaise nouvelle pour la biotech wallonne et le marché, semble le penser aussi. Depuis cette annonce, le titre a ralenti sa progression…


Oui, le segment des biotechs cotées en Bourse, c’est bel et bien la jungle. Et Cardio3 peut s’estimer heureuse de ne pas avoir, jusqu'à ce jour, croisé le chemin des " short-sellers " ces investisseurs qui parient sur la chute d’une action. C’est lorsque le titre Thrombogenics a tutoyé ses sommets en janvier dernier que les vendeurs à découvert ont, tels des prédateurs, fondu sur leur proie et ne l’ont plus lâchée depuis lors. En espérant pour Cardio3 que sa récente percée boursière n’aura pas aiguisé l’appétit de ces oiseaux de proie, sans foi, ni loi,...ni coeur.

Source: L'Echo

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