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Les confessions d'un trader de Wall Street

  • 21 janvier 2014 15:39
 © AFP

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Sam Polk a raconté dans les colonnes du New York Times comment il est devenu accroc à l'argent et pourquoi il a tourné le dos à une carrière prometteuse à Wall Street.

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Qu’est ce qui pousse des hommes (et des femmes) à devenir trader à Wall Street ? Quel ressort de l’esprit, quelle motivation amène des jeunes gens à embrasser cette carrière exigeante et harassante ?

La réponse peut paraître simple – l’argent- mais est plus perverse qu’elle ne semble a priori. La confession de Sam Polk dans les colonnes du New York Times nous aide à saisir comment le " greed is good " finit par se décliner, auprès de certains, sous le mode d’une addiction identique à celle à l’alcool ou aux drogues dures.

 

Lors de ma dernière année à Wall Street mon bonus s’élevait à 3,6 millions de dollars et j’étais fâché car ce n’était pas assez. J’avais 30 ans, je n’avais pas d’enfant à élever, pas de dettes à rembourser et aucun objectif philanthropique. Je voulais plus d’argent pour exactement la même raison que celle qui pousse un alcoolique à désirer un autre verre : j’étais accroc.
Sam Polk,
Ex-trader

Et Sam Polk sait de quoi il parle. Lors de ses études à la Columbia University il buvait quotidiennement, fumait de l’herbe et sniffait régulièrement de la cocaïne.

Après un début à la Bank of America où il fut tout content de décrocher un bonus de 40.000 dollars, Polk a commencé à grimper les échelons de Wall Street. Il est devenu trader en obligation et en credit default swaps (CDS), l’une des branches les plus lucrative de ce business.

Quatre ans après mes débuts, Citibank m’a offert un ‘1,75 by 2’, ce qui signifie 1,75 million de dollar par an pendant deux ans. J’ai utilisé cette offre pour décrocher une promotion.
Sam Polk,
Ex-trader

L’ex-trader bat sa coulpe. Non seulement, il ne bougeait pas le petit doigt pour lutter contre les injustices qui l’entouraient mais il allait jusqu’à en tirer profit.

Lors de la chute des marchés en 2008, j’ai gagné un paquet d’argent en shortant (spéculer à la baisse, NDLR) les dérivés d’entreprises à risque. Pendant que le monde s’écroulait, je profitais. J’ai vu le krach arriver mais au lieu d’essayer d’aider les victimes, je me suis enrichi.
Sam Polk,
Ex-trader

Il finit par accepter, avec l’aide d’un conseillèr,e qu’il est accroc à la richesse, à l’accumulation de l’argent pour l’argent.

Seul un accroc à la richesse trouverais justifié de recevoir un salaire de 14 millions de dollars comme le CEO de Mc Donald’s en 2012 alors que son entreprise diffuse, dans le même temps, parmi ses salariés une brochure expliquant comment survivre avec leurs bas salaires.
Sam Polk,
Ex-trader

Sam Polk décide de quitter ce milieu et tout son confort matériel même si la première année il se réveillait en pleine nuit paniqué à l’idée de manquer d’argent.

Aujourd’hui, trois ans après, il est marié, il va parler de la sobriété aux jeunes dans les prisons, anime un atelier d’écriture et a lancé une ASBL pour aider les familles à lutter contre l’obésité et l’addiction à la nourriture.

Il reconnaît toutefois que son ancienne drogue ne le laisse pas encore complètement tranquille. " J’achète parfois des billets de loterie " admet-il.

Source: L'Echo

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