En bourse, les petites et moyennes capitalisations traversent un trou d'air

©Atenor

Les petites et moyennes valeurs sous-performent cette année celles des grandes sociétés à la Bourse de Bruxelles. Mais elles ne devraient pas tarder à reprendre le dessus. Depuis 2003, l'indice Bel Small a progressé de 313% contre 91% pour le Bel 20

Les sociétés affichant de modestes capitalisations ont perdu cette année de leur séduction auprès des investisseurs en Bourse. C’est du moins ce que semble nous dire la maigre performance réalisée par l’indice Bel Small qui les représente sur Euronext Bruxelles depuis le début de cette année. Cet indice affiche à ce jour une hausse d’à peine 2,6% depuis janvier, contre 29,8% pour les valeurs moyennes ("mids caps") et 21% pour celles qui composent le Bel 20.

Plus rien ne va-t-il plus pour les petites valeurs ("small caps") privilégiées par les investisseurs particuliers? Ces actions de sociétés, dont l’activité de niche qui les caractérise très souvent, et la capacité à réagir plus rapidement aux retournements de cycle économique, sont pourtant censées les avantager par rapport aux grandes sociétés cotées ("bigs caps") sur le plan de la profitabilité de leurs affaires.

Ailleurs aussi

Il n’y a pas qu’à Bruxelles qu’un tel phénomène est perceptible. A la Bourse de Paris aussi, les "small caps" (+11,1%) se comportent moins bien que les "bigs caps" liées au CAC 40 (+25,4% depuis janvier). Et même que les valeurs moyennes qui arrivent à monter de 11,1% en moyenne selon le CAC MID 60. A Wall Street, le Russell qui suit les 2.000 plus petites sociétés (+20%) du Russel 3.000 fait également moins bien que celui composé des 1.000 plus importantes capitalisations (+25%).

La réputation de ces valeurs modestes de mieux performer que leurs consœurs affichant une taille plus imposant semble remise en question. A tout jamais ? Pas si sûr. La pauvre performance affichée par ce  type d’actions pourrait en réalité bien n’être qu’accidentelle.  A Francfort d’ailleurs, où les géants du monde des entreprises souffrent des incertitudes qui planent sur le commerce mondial, les petites sociétés paraissent un peu mieux tirer leur épingle du jeu. Celles-ci progressent de 27% depuis la fin de l’année dernière selon l’indice MDAX Return.

Le secteur biotech en cause

Pour revenir à la Bourse de Bruxelles, la faible performance enregistrée par l’indice Bel Small fait suite à quelques grosses déconvenues subies notamment par une poignée de valeurs du secteur biotechnologique. La chute 82% d’ ASIT Biotech, de 44,3% de MDxHealth ou encore de 24% d’Oxurion (ex-ThromboGenics) a en effet lourdement affecté cet indice. A ces exemples, on peut encore ajouter l’effondrement (-66%) de l’ancien leader mondial dans le secteur du zinc, Nyrstar. Sans ces cas décevants, le Bel Small afficherait pour l’heure une progression de 28% depuis janvier!

Dans cet indice, les actions du secteur immobilier sont celles qui contribuent le plus à sa hausse en points cette année. En particulier, Atenor (+46%), Immobel qui avait progressé de 40,6% avant son insertion dans le Bel Mid en septembre et Home Investments (+28%).

Bien que dans une moindre mesure, le Bel Mid a aussi souffert de la méforme de certaines actions de sociétés biotechs, telles que celles de Biocartis (-38%) et de Celyad (-44,5%). Il a en revanche trouvé du soutien dans celles d’Aedifica (+52%), Euronav (+63%), D’Ieteren (+81%) et Elia System (+33,6%).

Gagnant à long terme

"Au cours des 90 dernières, les petites capitalisations ont surclassé les grandes capitalisations sur les marchés boursiers"
Rupert Bruce
Julius Baer

L’année 2019 pourrait en fin de compte constituer une parenthèse pour les petites et moyennes capitalisations. Dans une note publiée au cours de l’été dernier, les analystes de la banque suisse faisaient remarquer qu’"au cours des 90 dernières, les petites capitalisations ont surclassé les grandes capitalisations sur les marchés boursiers. Mais sur des périodes plus courtes, les petites capitalisations se sont souvent dégradées, en particulier en période de ralentissement économique."

Depuis janvier 2003, l’indice Bel Small n’a enregistré un bilan annuel négatif qu’à trois reprises contre six pour le Bel 20. Et, toujours sur cette période, le Bel Small a progressé de 313%! Les investisseurs institutionnels étant peu actifs sur les petites capitalisations du fait de leur manque de liquidité, les particuliers ont du coup l’occasion de disposer de portefeuilles d’investissements plus performants qu’eux…

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