Flop boursier pour le rachat US de bpost: explications

©BELGA

Le titre bpost perdait plus de 4% en fin de matinée après l'annonce du rachat de la société américaine Radial pour 820 millions de dollars.

Après avoir tout tenté pour séduire et convaincre son homologue néerlandais PostNL d’unir leurs forces, bpost a décidé de franchir l’Atlantique pour poursuivre, seul, son destin.

Rival d'Amazon

L’opérateur postal dont l’Etat belge possède encore 51% du capital va débourser 820 millions de dollars pour acquérir ce que Bloomberg n’hésite pas à qualifier de "rival d’Amazon". Radial, qui était auparavant dans le giron d’eBay, est spécialisée dans les solutions logistiques intégrées et technologiques dédiées à l’e-commerce.

Un centre Radial ©Radial

Deux atouts parmi d’autres avancés par la direction de bpost pour justifier ce pas stratégique: le secteur de l’e-commerce au niveau mondial devrait afficher une croissance de 20% par an et de plus de 25% par an pour l’e-commerce transfrontalier, d’une part. De l’autre, ce rachat est proche des compétences actuelles du groupe qui est déjà présent aux USA via Landmark Global.

Dividendes maintenus

Le trésor de guerre de 600 millions d’euros que bpost conservait bien au chaud pour racheter PostNL permettra de financer cette acquisition sans devoir organiser une augmentation de capital. Il sera fait appel à un financement provisoire et à de la dette. Une nouvelle qui devrait rassurer les marchés. Tout comme l’assurance que la politique des dividendes sera maintenue.

Pourtant les marchés faisaient la fine bouche ce matin suite à l’annonce de ce "deal" inattendu. Bpost souffre d’un phénomène bien connu lors de l'annonce d'une fusion ou d'une acquisition: le cours de la cible s’envole (Radial n’est pas cotée en Bourse) et celui de l’acquéreur est sous pression. Ce qui plaît sans doute nettement moins dans cette opération, c’est qu’il faudra attendre 2020 pour ressentir un impact positif sur les bénéfices et les dividendes. Et puis, certains sont peut-être déçus et s’attendaient à autre chose qu’un rachat de ce genre, bien éloigné de nos terres, et moins "glamour" qu'une fusion sectorielle.

Les analystes ne bougent pas

Dans sa note d’analyse, Ruben Devos de KBC Securities reste assez neutre par rapport à cette acquisition qui "entre dans la stratégie de fusion et acquisition de bpost dans la mesure où elle vise de renforcer son empreinte internationale et étend la chaîne de valeur dans l’e-commerce". Il confirme que bpost pourra facilement financer cette transaction via de la dette et du cash. Sa recommandation reste à " conserver " avec un objectif de cours de 25 euros.

Ce rachat ne change pas le profil de bpost. Il améliore le profil de croissance du groupe à ce qui semble être, à première vue, un multiple acceptable.
Marcel Achterberg
Analyste chez Degroof Petercam

Pas d’emballement non plus chez Degroof Petercam. Marcel Achterberg souligne que ce n’est pas un "deal " qui va transformer bpost mais plutôt qui va lui permettre de renforcer son segment des colis dans un "nouveau" marché important. "Ce rachat ne change pas le profil de bpost" écrit-il. "Il améliore le profil de croissance du groupe à ce qui semble être, à première vue, un multiple acceptable." A 820 millions de dollars bpost paie une multiple EV/Ebitda autour de 11,7. Il maintient son avis à " accumuler " avec un objectif de cours de 25 euros.

De son côté, Marc Zwartsenburg d'ING éprouve des sentiments mélangés face à ce rachat dont il trouve le prix relativement cher et la logique stratégique peu claire. Il reste à "acheter" avec un objectif de cours de 25,8 euros.

Sur les 14 analystes qui suivent la valeur (source Bloomberg), quatre la recommandent à l’achat, huit conseillent de la conserver et deux de la vendre. L’objectif de cours moyen atteint 24,85 euros avec un plus haut de 28 euros chez Goldman Sachs et un plus bas de 20 euros chez ABN Amro.

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