L'échec d'une OPA peut aussi se transformer en jackpot

©EPA

Déception pour les actionnaires de Vastned Retail Belgium qui ont apporté leurs titres à l'OPA lancée par la maison-mère. Celle-ci renonce à son offre car elle n'a pas obtenu assez d'actions. Parfois, des OPA ratées sont tout bénéfice pour les actionnaires.

L’exemple de l’offre publique d’acquisition (OPA) sur Vastned Retail Belgium qui se termine en eau de boudin vient nous rappeler qu’une telle opération reste un processus délicat qui n’est pas dénué de chausse-trappes. Et cela même lorsqu'il s’agit d’une offre amicale soutenue par le conseil d’administration de la société cible. Pourtant, ici, la prime proposée aux minoritaires de la SIR semblait généreuse (25% par rapport au cours avant l’annonce de l’offre) mais une partie de ceux-ci ont sans doute hésité à apporter leurs titres au vu des bons résultats affichés par la société.

Et puis pourquoi Vastned Retail, la société-mère néerlandaise, a-t-elle fixé une condition suspensive visant 90% du flottant sans possibilité de réouverture de l’offre? Ou sans prévoir un moyen de renoncer à ce seuil? Un aspect légal qui nous échappe peut-être…

Seuil à 75%

Gfi Informatique dont l’offre sur RealDolmen s’est clôturée le 31 mai et dont on attend les résultats incessamment sous peu n’a pas pris un tel risque. La condition de la poursuite de l’OPA, amicale ici aussi, a été fixée à 75% des titres apportés. Mais l’offrant s’est également donné la possibilité de renoncer à cette condition suspensive. Si le seuil de 90% des titres apportés est atteint, l'offre sera rouverte. Une offre de reprise valant expropriation des minoritaires sera ensuite lancée si Gfi Informatique obtient 95% des titres.

L’offre de Takeda sur la biotech TiGenix , sur le ton amical, encore une fois, s’est, elle aussi, clôturée le 31 mai. Son résultat est attendu pour le 6 juin. Le groupe nippon a placé la barre du succès à 85% mais a également prévu une astuce légale lui permettant de ne pas en tenir compte si ça l'arrange. On se souviendra que peu après l’annonce de cette OPA, des minoritaires ont fait part de leur mécontentement face au prix offert.

Le cas Spadel

L’échec d’une OPA n’est pas toujours une mauvaise nouvelle pour les actionnaires. Fin 2015, l’actionnaire familial ultra-majoritaire de Spadel , Finances et Industries, a lancé une offre d’acquisition sur les quelque 9% du capital qu’il ne détenait pas. L’objectif était de franchir le cap des 95% pour organiser une offre de reprise et une sortie de la Bourse.

©L'Echo

Trouvant le prix de 95 euros par action trop chiche, des actionnaires minoritaires fédérés par Deminor ont fait capoter l’offre. A l’issue de sa réouverture, Finances et Industries ne détenait que 93,03% du capital contre 90,84% avant l’OPA. Pas d'exit possible de la Bourse, donc.

Pour les minoritaires, le juste prix de l’action se situait alors plutôt entre 113 et 121 euros. Aujourd’hui, elle vaut 220 euros en Bourse mais se traite dans des volumes très étroits.

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