Ce qu'il manque au Bel 20 pour retrouver son niveau d'avant pandémie

Le Bel 20 a besoin d'un rebond de près de 6% pour retrouver son niveau d'avant crise.

Il manque encore près de 6% pour que le Bel 20 retrouve son niveau d'avant pandémie. Une remontée des poids lourds de l'indice aidera l'ascension de celui-ci.

Parmi les indices européens, le Bel 20 traîne la patte. Le DAX bat record sur record, le Stoxx 600 aussi, le CAC 40 est revenu à ses niveaux de 2007, l'indice des valeurs de la zone euro Euro Stoxx 50 a lui retrouvé son niveau d'avant la pandémie. Le Bel 20 a encore besoin d'une progression de près de 6% pour atteindre son seuil d'avant le Covid-19.

"Le poids d'AB InBev et des valeurs financières dans le Bel 20 par rapport à des titres similaires dans l'Euro Stoxx 50 explique la différence de performance entre les deux indices."
Jerome Van der bruggen
Head of Investments Private Banking chez Degroof Petercam

Selon les analystes, la composition de l'indice joue en sa défaveur. Et même sa récente révision annuelle en mars, qui a vu sortir de l'indice Barco et ING, et rentrer Elia et Melexis, n'a pas changé sa tendance. La disparition de la banque ING, qui pesait alors 13% de l'indice, faisait craindre une sous-performance de celui-ci. Mais il n'en fut rien.

Les poids lourds du Bel 20 que sont AB InBev et KBC n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant pandémie. "Le poids d'AB InBev et des valeurs financières dans le Bel 20 par rapport à des titres similaires dans l'Euro Stoxx 50 explique la différence de performance entre les deux indices" relève Jerome Van der bruggen,  head of Investments Private Banking chez Degroof Petercam. Il souligne qu'AB inBev, qui pèse 12% de l'indice, reste encore 20% en dessous de son niveau d'avant la pandémie. Il tire le même constat pour KBC, qui pèse 10% du Bel 20, qui se retrouve 15% en dessous de son niveau de février 2020. Le recul de Galapagos, toujours 50% en dessous de ses cours d'avant Covid-19, a aussi pesé sur la performance de l'indice.

"L'indice reste exposé à des secteurs défensifs comme la santé et l'immobilier. Ces compartiments ont bien résisté durant la crise, mais depuis le quatrième trimestre et la rotation sectorielle vers des valeurs cycliques, la performance des secteurs défensifs s'est avérée moindre que le reste du marché."
Loïc De Smet
Co-head du bureau bruxellois de Kepler Cheuvreux

Loïc De Smet, co-head du bureau bruxellois de Kepler Cheuvreux, estime lui aussi que la composition de l'indice joue en sa défaveur par rapport à d'autres comme le DAX et l'AEX. "L'indice reste exposé à des secteurs défensifs comme la santé et l'immobilier. Ces compartiments ont bien résisté durant la crise, mais depuis le quatrième trimestre et la rotation sectorielle vers des valeurs cycliques, la performance des secteurs défensifs s'est avérée moindre que le reste du marché" constate-t-il. "Des actions comme AB InBev, Argenx et UCB qui représentent environ 30% de l’indice affichent depuis le début de l'année un retard par rapport à des valeurs avec un poids moins important comme Ageas, Melexis ou encore Umicore" ajoute-t-il. "L'AEX profite lui d’une plus grosse exposition à des secteurs qui ont bien performé comme les matières premières et les semi-conducteurs. Le Dax bénéficie du rebond des valeurs industrielles" précise-t-il.

Un rebond espéré

Jerome Van der bruggen relève que pour une remontée du Bel 20 à ses niveaux de février 2020, "il faudrait que tous les titres à la traîne récupèrent leurs pertes. Si Galapagos prend 60%, et que KBC et AB InBev retrouvent leur cours d'avant la pandémie, alors le Bel 20 y parviendra." Il rappelle que le brasseur belgo-brésilien n'a pas encore récupéré une partie de son chiffre d'affaires en raison de marchés comme le Brésil et le Mexique, où les devises locales évoluent sous leur niveau de pré-pandémie. "Comme AB Inbev affiche ses comptes en dollars, la sous-performance de ses revenus en real brésilien et peso mexicain a un impact sur sa marge. Cela a aussi un impact sur la valorisation de sa dette" indique-t-il. "Mais ces pays vont sortir de la crise" prédit-il.

7%
Le Bel 20 doit récupérer encore près de 7% pour retrouver son niveau du 17 février 2020 à 4.198,31 points.

Loïc De Smet souligne que la thématique de la reprise économique pourrait s'essouffler au deuxième trimestre. "On peut s'attendre à ce que la surperformance des valeurs cycliques par rapport aux secteurs défensifs s'atténue à l'approche de l'été" indique-t-il.

En d'autres termes, bien des facteurs peuvent influencer le Bel 20 à la hausse, comme à la baisse aussi, d'ailleurs.

L'Europe dépasse les États-Unis en bourse

Depuis le début de l'année, l'indice Euro Stoxx 50 affiche une performance de 11% alors qu'aux États-Unis, le Dow Jones a pris 9%, le S&P500 8% et le Nasdaq 6%. JPMorgan et Amundi ont estimé que les actions européennes peuvent battre les titres américains cette année malgré les inquiétudes autour d'une campagne de vaccination au ralenti et les confinements dans la plupart des grands pays de la région. Les analystes de JPMorgan estiment que la valorisation des actions européennes attire les investisseurs inquiets des niveaux excessifs sur les marchés américains. Du côté d'Amundi, les analystes soulignent que l'Europe est mieux positionnée pour profiter d'une amélioration économique et d'une remontée des taux d'intérêt.

Selon le dernier sondage de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds en mars, 30% d'entre eux surpondèrent les actions européennes, contre seulement 9% pour les actions américaines.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés