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Les 10 actions chouchous des analystes pour 2017

©Jan De Meuleneir

Dans la sélection d’actions préférées des experts en actions belges, on trouve de nombreuses nouvelles venues. Quinze équipes ont accepté de nous dévoiler leur jeu pour 2017.

Fait rare en 21 ans, le grand gagnant de notre sondage est un nouveau venu. Cette année, c’est AB InBev   l’entreprise qui affiche la plus importante capitalisation boursière sur Euronext Bruxelles  - qui remporte la palme.

1. AB InBev

C’est ce qui s’appelle une opportunité d’achat. Le plus grand groupe brassicole du monde a en effet souffert d’un recul sensible de son cours après la publication de ses derniers résultats trimestriels, car les investisseurs déçus ont réagi au ralentissement de la croissance de l’entreprise d’origine louvaniste. La baisse des ventes sur des marchés clés comme les Etats-Unis, le Mexique et le versatile Brésil pose question. Les analystes semblent cependant convaincus que l’autre grand thème de cette année - la reprise de son principal concurrent SABMiller - annulera ces effets négatifs. Il faudra un peu patienter avant de récolter les fruits de son intégration au sein du groupe.

Plusieurs analystes pointent l’excellent palmarès d’AB InBev. "En quinze ans, les actionnaires ont réalisé un rendement annuel cumulé de 10%, hors dividendes. Le management souhaite renouer aussi vite que possible avec la croissance, en utilisant une recette éprouvée, explique Leo Stevens. La reprise de SABMiller s’inscrit dans ce plan."

Les deux entreprises sont complémentaires sur le plan géographique, explique-t-on chez Société Générale Private Banking. "Le groupe est en train de gagner des positions importantes en Afrique, un continent qui devrait connaître ces prochaines années une croissance supérieure à la moyenne. De plus, nous pensons que le problème rencontré au Brésil et au Mexique est gérable." En d’autres termes, AB InBev est moins dépendant des régions qui souffrent aujourd’hui d’une mauvaise conjoncture.

"Aujourd’hui, l’intégration est prioritaire, estime l’équipe de Degroof Petercam Asset ManagementAu moment où l’entreprise dégage des synergies, elle doit réduire son bilan et maintenir la croissance du dividende." La société compte réduire les coûts avant impôts de 1,4 milliard d’euros par an, grâce à des gains d’efficacité et des économies d’échelle. Ces mesures devraient d’augmenter les marges bénéficiaires de 39%, estime Dierickx Leys.

©Mediafin

2. Ageas

 L’assureur faisait déjà partie des actions préférées, mais gagne trois places au classement. Danny Van Quaethem de Société Générale Private Banking ne cache pas que cette action est sa favorite, comme c’était déjà le cas il y a six mois. "Ageas affiche un meilleur profil de croissance que ses concurrents européens, grâce à sa présence sur des marchés asiatiques prometteurs, estime-t-il. Le rendement attendu du dividende pour 2017 - soit 4,9% - est très intéressant."

L’environnement de taux bas qui menace le modèle opérationnel du secteur européen des assurances ne joue aucun rôle en Asie. "Et le cours de l’action monte, grâce à ces activités asiatiques", poursuit Danny Van Quaethem. Ce qui explique en partie la belle prestation de l’entreprise. "Le retournement dans l’évolution des taux à long terme en Europe constitue aussi un facteur positif", renchérit Luc Van der Elst de Banque Delen.

Ageas a par ailleurs tiré un trait sur son passé lié à Fortis, suite à l’arrangement de 1,2 milliard d’euros. Si nous ne prenons pas en compte cette facture unique, Ageas semble être en passe d’afficher ses meilleurs résultats depuis sa transformation en 2009. Ce fut déjà le cas lors du premier semestre 2016. Banque Delen souligne que son bilan affiche encore 1,2 milliard de cash, ce qui devrait permettre à Ageas de réaliser des acquisitions, comme le rachat des 25% d’AG Insurance encore aux mains de BNP Paribas.

Les actionnaires vont bénéficier d’une bonne partie de ce capital. "À un dividende de près de 5%, viennent s’ajouter 3,5% liés au programme de rachat d’actions propres", explique Banque Delen. À 10 fois le bénéfice attendu pour 2017, l’action n’est pas chère.

Proximus et Ahold Delhaize ont manqué de peu le top 10. Les deux actions arrivent juste derrière les dix premiers du classement.


3. Recticel

 Les trois avis sur cette action préférée sont étonnamment unanimes. Le fabricant de mousses de polyuréthane est bon marché, clament-ils en chœur. KBC Securities parle "d’une croissance intéressante des volumes sur ses marchés principaux que sont l’automobile et la construction". Ce qui permet "une reprise des bénéfices plus rapide qu’attendu (+ 44%)", estime BNP Paribas Fortis.

Ces deux prochaines années, la hausse du bénéfice devrait cependant être freinée par des problèmes d’approvisionnement en acide nitrique, nécessaire pour fabriquer le polyuréthane utilisé dans les tableaux de bord, les matelas, les sièges, etc. "Un problème passager", indiquent tous les experts.

Ces dernières années, l’entreprise a fait le ménage. "Cinq années de vaches grasses sont à venir", déclarait son CEO Olivier Chapelle l’été dernier dans L’Echo, et les analystes lui donnent raison. "Cela fait des années que Recticel travaille à l’amélioration de son efficacité et ses efforts commencent à se traduire dans les chiffres. Il suffit de regarder les marges élevées de l’entreprise", renchérit L’Investisseur.

La vente prévue de la division automobile devrait réduire la cyclicité de l’entreprise. D’après Gert Bakelants, rédacteur en chef de l’Investisseur, la valeur de l’action devrait ensuite logiquement augmenter.

Avec deux citations comme n°1, Nyrstar est la "best of the rest".


4. telenet

 Telenet est l’action préférée de Nagelmackers. La banque estime que le groupe flamand continuera à augmenter son chiffre d’affaires sur le marché des entreprises, en TV premium et en activités mobiles. Le rachat du réseau mobile de Base devrait à terme donner un coup de pouce aux flux de trésorerie, ce qui sera tout bénéfice pour les investisseurs. "Sans nouvelles acquisitions, Telenet pourra redistribuer 22% de sa valeur de marché actuelle au cours de la période 2015-2018", poursuit Nagelmackers. "À l’avenir, Telenet pourrait racheter l’entreprise wallonne VOO, mais… elle pourrait tout aussi bien être rachetée par son actionnaire majoritaire, Liberty Global", ajoute Degroof Petercam. Et ING pointe les projets du ministre des Finances Johan Van Overtveldt: "Etant donné son niveau réel d’imposition de 34%, Telenet profitera sans aucun doute de la baisse annoncée de l’impôt des sociétés."

 5. Melexis

Ont manqué de peu le top 10

- Proximus se trouve juste derrière les dix premiers du classement. L’action télécoms est mise en avant pour son généreux dividende. "Le groupe réduit clairement ses coûts pour atteindre un rendement du dividende de 5%, constatent les analystes de Leleux Associated Brokers. Le lancement de nouveaux tarifs devrait également constituer un élément positif."

"Proximus ne déçoit pas au niveau opérationnel, estime-t-on à L’Investisseur. À moyen-long terme, nous nous attendons à une consolidation transnationale, ce qui devrait pousser les valorisations à la hausse dans le secteur."

- Ahold Delhaize arrive à égalité avec Proximus. L’action est par définition devenue néerlandaise et apparaît donc pour la dernière fois dans ce classement.

Elle est aussi la préférée de BNP Paribas Fortis. "L’entreprise réalise deux tiers de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis et profite donc de la reprise du dollar et de l’inflation", expliquent les stratèges. Ils trouvent la valorisation à moins de 14 fois les bénéfices attendus relativement basse pour une action défensive.

 

 Ce fabricant de puces surfe sur une vague qui ne devrait pas retomber de si tôt. "Les produits de Melexis répondent à la hausse de la demande pour des véhicules verts, sûrs et agréables à conduire, explique Puilaetco Dewaay. Le management a réévalué à la hausse ses estimations de croissance du chiffre d’affaires à 13-15% pour cette annéeNous devons cependant tenir compte d’un ralentissement du rythme d’accroissement des marges suite à la poursuite des investissements en recherche et développement."

"Grâce à une R & D performante, la petite   et donc très flexible   Melexis atteint des sommets au niveau technologique. La complexité du secteur maintient les concurrents chinois à distance, constate Test-Achats Invest. Melexis n’a pas de dettes, bénéficie de marges confortables, et jouit dès lors d’une belle santé financière."

"Chaque année, Melexis réussit à faire mieux que le marché, lui-même en croissance, soulignent les analystes de Candriam. Nous pensons que cette tendance se maintiendra."

 6. bpost

 Tant ING que L’Investisseur estiment que bpost est une valeur défensive intéressante. "Le niveau élevé du rendement du dividende (plus de 6%) est soutenu par des flux de trésorerie stables, expliquent les analystes d’ING. La pression à la vente de ces derniers temps offre une opportunité d’achat."

"Le refus néerlandais à la reprise de PostNL devrait peser sur le cours pendant quelque temps, souligne Banque Delen, qui place l’action en tête de son classement. L’entreprise a clairement fait savoir qu’elle comptait créer de la valeur."

Son actionnaire principal, l’Etat belge, peut également se faire plaisir, souligne encore ING. "Comme Telenet, bpost a beaucoup à gagner d’une réduction de l’impôt des sociétés."

 7. evs

 "L’action n’a plus la faveur des investisseurs, estime Leo Stevens. Résultat: une valorisation à 13 fois les bénéfices. Alors que nous parlons malgré tout d’un leader dans son secteur, pas du tout endetté, et qui dispose de suffisamment de moteurs de croissance."

©Mediafin

"Ces dernières années, EVS a beaucoup investi dans les futures grandes tendances de l’industrie de la radiodiffusion, estime Nagelmackers. Sa vaste gamme de produits devrait lui permettre d’en profiter. L’entreprise reste focalisée sur le contrôle des coûts. Nous nous attendons dès lors à une augmentation de la rentabilité du groupe."

 8. solvay

 Le grand vainqueur d’il y a six mois a dû céder du terrain. Depuis lors, l’action s’est malgré tout bien comportée. Mais une partie de la hausse reste à venir.

"Maintenant que l’enthousiasme pour la reprise de la société américaine Cytec est retombé, le marché redécouvre l’action", constate Dierickx Leys. On parle de "la facilité avec laquelle Solvay a intégré sa plus grande acquisition jamais réalisée".

"Le haut niveau d’endettement lié à cette reprise devrait rapidement baisser, constate Société Générale. D’autres désinvestissements devraient suivre et les coûts devraient baisser de 450 millions d’euros par an d’ici 2018. À 12,8 fois le bénéfice attendu pour 2017, l’action reste bon marché."

"Les investisseurs peuvent aujourd’hui se concentrer sur la croissance des activités à marges élevées", poursuit Banque Delen.

 9. nyrstar

 Avec deux citations comme n°1, Nyrstar est la "best of the rest". "2017 pourrait être l’année de la revanche, estime Danny Reweghs de l’Initié de la Bourse. Dans tous les cas, l’action est restée très à la traîne après la reprise du secteur en 2016. Le bilan reste problématique en dépit de plusieurs opérations de recapitalisation, et la vente de mines s’avère plus difficile que prévu."

"La forte hausse du prix du zinc devrait permettre de finaliser la transformation stratégique du groupe en pure fonderi, analyse KBC Securities. Nous nous attendons en 2017 à une hausse des cash flows opérationnels de plus de 50%, grâce à la mise en service de la fonderie multi métaux de Port Pirie."

 10. kbc ancora

N’est-il pas étonnant que les analystes de deux grandes banques sélectionnent une de leurs concurrentes comme action préférée? Le mono holding au-dessus de KBC se situe une fois de plus tout en haut du classement d’ING, et à la deuxième place chez BNP Paribas Fortis.

Les actifs sous-jacents   la participation de 18,6% dans KBC   semblent rencontrer les faveurs des experts d’ING. "La banque dispose d’un ratio élevé de capitaux Tier 1 et pourrait croître plus vite que la moyenne grâce à son deuxième marché domestique en Europe de l’Est, estiment-ils. Par ailleurs, nous nous attendons à une petite décote du holding, étant donné que KBC a renoué avec son objectif de payer (régulièrement) un dividende."

BNP Paribas Fortis indique par ailleurs qu’elle joue la carte de la "reflation", soit la reprise de l’inflation. "Un des grands bénéficiaires de ce scénario est le secteur financier."

Bilan

Les actions belges préférées ont suivi le Bel 20

Ceux qui ont acheté à la fin de l’an dernier le panier des 10 actions préférées pour 2016, enregistrent aujourd’hui un rendement négatif de 1,4%, ce qui correspond approximativement à la performance du Bel 20 Return Index (l’indice qui tient compte des dividendes distribués).

Avec une perte de 36%, le grand favori toutes catégories – Ablynx – s’est avéré très décevant. Son partenaire américain Abbvie a raccroché le gant dans le développement du médicament contre l’arthrite rhumatoïde. Idem pour le numéro 2, Euronav (-38%), qui a subi de plein fouet la chute des taux de fret du pétrole. Le choix d’Umicore (+ 40%) a apporté un peu de baume au cœur.

Avec une perte moyenne de 4,2%, les actions étrangères sont encore plus décevantes. Et la différence par rapport à l’indice de référence MSCI World – qui affiche une hausse de 7,7% – est plus marquée. Elle s’explique par le poids prépondérant de Wall Street dans l’indice. Le panier d’actions internationales comprenait deux actions américaines, mais Alphabet n’a pas fait mieux que le marché, et le groupe de biotechnologie Gilead Sciences a suivi la chute du secteur. Avec Roche (-16%) et Bayer (-16%), les analystes ont clairement misé sur le mauvais secteur (pharma). Du côté positif, le numéro 1, Royal Dutch (+ 20%), a tenu toutes ses promesses.

 


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