Les USA, nouveau terrain de chasse de groupes flamands

Marc Saverys, l'actionnaire principal d'Euronav. ©wim kempenaers (wkb)

En une semaine, deux sociétés cotées du nord du pays, Greenyard et Euronav ont annoncé des projets de rachat de groupes américains.

Décidément, les sociétés belges cotées en Bourse lorgnent les Etats-Unis avec appétit. On savait déjà que Greenyard négociait actuellement pour racheter le roi de la banane et de l’ananas, l’Américain Dole.

Et voilà que ce jeudi matin, avant Bourse, la compagnie maritime belge Euronav spécialisée dans le transport de brut a annoncé le rachat de son concurrent US, Gener8 Maritim . La fusion donnera naissance à un géant du secteur disposant d’une flotte de 75 navires dont 44 superpétroliers. Sa capitalisation boursière tournera autour de 1,5 milliard d’euros.

L’autre point commun entre ces deux sociétés, en plus de leur appétit d’expansion à l’international, est leur actionnariat familial originaire du nord du pays: les Deprez chez le producteur de fruits et légumes et les Saverys pour les tankers. Des familles qui n’ont pas peur de sa lancer dans des fusions et acquisitions (M&A).

Le goût des M&A

Surtout chez les Deprez où cela fait même partie de leur ADN pour reprendre les termes d'un analyste, Greenyard étant le fruit d’une cascade de M&A. Chez Euronav, on n’en est pas à son coup d’essai en la matière. En 2014, la compagnie a racheté 15 superpétroliers modernes au groupe danois Maersk pour une facture totale de près d’un milliard de dollars.

Pour financer son acquisition, Euronav ne va pas toucher aux 750 millions de dollars de liquidités à sa disposition. Elles lui permettront de faire le gros dos si le secteur du transport maritime de produits pétroliers continue à stagner dans un bas de cycle.

Ce qu'en pensent les analystes

Avec cette acquisition, Euronav va opérer un saut quantique et consolider davantage le marché et sa propre position comme leader incontesté dans le marché mondial des tankers estime Cédric Duinslaeger de KBC Securities. Il se dit enthousiaste face à ce rachat qui permet aussi au groupe belge de rajeunir sa flotte et cela à un prix très raisonnable. Il reste à "accumuler" sur la valeur avec un objectif de cours de 7,30 euros mais va mettre son scénario à jour compte tenu de ce rapprochement.

Chez Degroof Petercam, Luuk van Beek se montre plus circonspect. Il considère que cette transaction est très positive sur le long terme mais que son impact immédiat sera très limité dans la mesure où il s’attend à ce que le marché reste très faible pendant encore au moins deux trimestres. L’analyste juge donc qu’il est encore trop tôt pour acheter des actions Euronav mais que les investisseurs doivent garder la valeur à l’œil car les choses peuvent changer très vite pour le meilleur. Sa recommandation reste à "conserver" avec un objectif de cours de 7,5 euros.  

 



Actions nouvelles

Dans les deux projets de rachat, le recours à l’émission d’actions nouvelles sera déterminant. Les actionnaires de Gener8 ne recevront d’ailleurs que des actions Euronav en guise de paiement mais, bien sûr, avec une belle prime comme il se doit. Pour Greenyard, les analystes estiment qu’une partie du "deal" devra également être financé via une augmentation de capital qui pourrait atteindre le niveau de la capitalisation boursière actuelle du groupe belge.

Soulignons toutefois la différence de la taille de ces opérations. Gener8 est valorisée à près d’un demi-milliard de dollars alors que, pour Dole, on évoque un chiffre compris entre 2 et 2,5 milliards de dollars. Chez Greenyard, l'appétit est tel qu'il souhaite avaler deux fois plus gros que lui.

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