Les détails de la plus grosse entrée en bourse de l'histoire

Yasser al-Rumayyan, le président de Saudi Aramco. ©REUTERS

Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé qu'il était parvenu à attirer des souscriptions pour le montant record de 25,6 milliards de dollar en vue de sa prochaine IPO.

Le géant pétrolier saoudien Aramco a confirmé jeudi que le total des souscriptions pour sa prochaine IPO s'est élevé à 25,6 milliards de dollar. L'opération va ainsi devenir la plus grosse introduction en bourse de l'histoire. Les actions du groupe pétrolier Aramco seront cotées pour la première fois le mercredi 11 décembre, indique la Bourse saoudienne Tadawul sur Twitter.

Les fonds souscrits valorisent l'entreprise saoudienne à 1.700 milliards de dollars, loin devant Apple (1.200 milliards), Microsoft (1.140 milliards) et Alibaba (1.051 milliards). C'est toutefois moins que les 2.000 milliards de dollars visés par le prince héritier Mohammed ben Salmane à l'annonce du projet il y a quatre ans. L'IPO avait ensuite été repoussée à deux reprises, en raison de conditions de marché défavorables. À l'origine, le royaume espérait lever 100 milliards de dollars. 

Dans son communiqué, Aramco a confirmé que l'entreprise céderait – après avoir rempli tous les prérequis légaux – 3 milliards d'actions, soit 1,5% de son capital, au prix unitaire de 32 riyals (8,53 dollars). C'est le haut de la fourchette de 30 à 32 riyals que s'était fixée le mois dernier le groupe, alors que les grandes banques conseillant l'entreprise dans cette transaction avaient demandé aux autorités saoudiennes d'être prudentes afin d'éviter les secousses lors des premiers jours de cotation.

L'offre initiale 4,6 fois sursouscrite

Le fleuron de l'économie saoudienne a indiqué avoir reçu pour un total de 119 milliards de dollars d'offres, dont 106 par des investisseurs institutionnels qui avaient jusqu'à mercredi pour faire leurs offres, soit un taux de sursouscription de 4,6 fois l'offre initiale. Un succès modéré comparé à l'introduction de la National Commerce Bank en 2014: le nombre d'actions souscrites avait alors atteint plus de 23 fois le nombre de titres proposés à Ryad.

Ce sont principalement les Saoudiens qui ont souscrit à cette opération, les grands investisseurs étrangers s'interrogeant sur la gouvernance, la capacité du groupe à protéger ses installations pétrolières et la pérennité de ses bénéfices face au durcissement des politiques environnementales à travers le monde. 

Certains investisseurs étrangers se demandent s'ils auront leur mot à dire sur la gouvernance vu l'emprise du gouvernement saoudien sur l'entreprise, tandis que d'autres jugent Aramco surévalué comparé à des rivaux comme ExxonMobil, Royal Shell Dutch ou encore Chevron.

Une option de surallocation

Les fonds levés par Aramco lors de son entrée en bourse doivent servir à financer la diversification d'une économie aujourd'hui ultra-dépendante de l'or noir.

Dans son communiqué, le mastodonte pétrolier annonce que 450 millions d'actions supplémentaires pourraient être vendues dans le cadre d'une option de surallocation, ce qui porterait le montant levé à 29,4 milliards de dollars si celle-ci est totalement exercée.

Aramco en chiffres

Actuellement, Aramco possède quelque 260 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole, ce qui place l'Arabie saoudite derrière le Venezuela, qui détient les premières réserves du monde.

Depuis les années 1990, Aramco a investi des centaines de milliards de dollars dans des projets d'expansion, portant sa capacité de production à plus de 12 millions de barils par jour.

En avril, le groupe a ouvert ses comptes pour la première fois, annonçant un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars en 2018, en hausse de 46% par rapport à l'année précédente, et un revenu annuel de 356 milliards de dollars.

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