Hamon: on connaît le plan

©Thierry du Bois

Augmentation de capital, restructuration financière, vente de filiale et transformation industrielle, voici les 4 axes du plan de relance du groupe d’ingénierie wallon.

Depuis l’annonce, le 15 novembre dernier, de sa volonté d’effectuer une augmentation de capital de l’ordre de 70 millions d’euros, le groupe d’ingénierie wallon côté en Bourse était dans l’incertitude la plus complète sur son avenir. Ce vendredi 12 janvier, la direction a dévoilé le deal qu’elle a conclu avec les banques et avec ces actionnaires afin de permettre au groupe Hamon de construire son futur et de redémarrer sur de bonnes bases avec un bilan totalement assaini. "Ce plan d’action doit nous permettre de disposer demain d’un groupe rentable avec un chiffre d’affaires annuel de 400 millions", précise le CEO Bernard Goblet.

♦ La cotation de l'action Hamon était suspendue depuis le 22 décembre dernier. Elle a repris ce lundi 15 janvier dès l'ouverture des marchés sur Euronext Bruxelles, à 9h.

 1. Augmentation de capital

Cette augmentation de capital se réalisera sous la forme d’une offre en souscription publique avec droit de préférence. Les actions nouvelles seront offertes à la souscription au prix de 0,5 euro par action, dans la proportion de 1 droit de préférence pour 6 actions nouvelles. L’opération débutera après la mise au point définitive du prospectus qui sera ensuite envoyé pour approbation à la FSMA, le gendarme des marchés boursiers. "Une augmentation nette de capital de minimum 37,2 millions est déjà garantie", avance d’ores et déjà Bernard Goblet.

La Sogepa s’engage à mettre 25 millions.  ING, KBC et BNP Paribas Fortis, qui participent au crédit senior de la société Hamon&Cie International ont converti des créances en capital pour un montant de 8.681.910 euros. Enfin, Sopal, la société de la famille Lambilliotte, ancien actionnaire majoritaire d’Hamon, s’est engagée à souscrire inconditionnellement et irrévocablement à un montant équivalent à la différence entre 5 millions d’euros et le montant des souscriptions des investisseurs autres que la Sogepa et les 3 banques recueillies pendant la période de l’offre. Il en résultera donc une augmentation de capital minimum de 38.681.910 euros (hors coûts de l’augmentation de capital) avec l’émission de minimum 77.363.826 actions nouvelles. Le nombre maximum de nouvelles actions qui pourraient être émises est de 136.219.668, soit une augmentation de capital maximum de 68.109.834 euros, hors coûts de l’augmentation de capital estimés à 1,5 million.

2. Restructuration de la dette bancaire

Les six banques du syndicat bancaire (crédit senior), à savoir ING, KBC, BNP Paribas Fortis +Société générale, HSBC et Commerzbank ont consenti un abandon de créance de 87 millions d’euros sur la ligne de crédit revolver de 112,5 millions. En outre, la Sogepa consent à la société un prêt de 25 millions dans le cadre du crédit senior. En échange, 20 millions de billets de trésorerie détenus par la Sogepa seront remboursés.

"Ce plan est attentivement suivi et, à ce stade, est en ligne avec les attentes. Les effets totaux attendus des plans lancés en 2016 et 2017 s’élèveront à 24 millions d’euros en 2019."
Bernard Goblet
CEO de Hamon

À la suite de cette restructuration de la dette bancaire et de l’augmentation de capital, Hamon bénéficiera d’une réduction de son endettement brut de l’ordre de 91 millions d’euros et d’un apport de cash net de minimum 33,5 millions. En outre, l’abandon de créances des banques du syndicat bancaire contribuera positivement au résultat net 2017 pour un montant équivalent et aura donc un effet positif sur les fonds propres de Hamon&Cie. "Ainsi, on repart en 2018 sur des bases assainies avec un endettement qui sera en ligne avec les objectifs de chiffre d’affaires du groupe. C’est un peu ce qui manquait dans la réorganisation de l’année passée. On avait une dette qui était restée très importante, ce qui entraînait un ratio debt to equity qui était très importante. Ainsi en 2017, on a perdu de l’ordre de 80 à 100 millions de commandes parce que les clients nous disaient que la structure financière de notre groupe n’est pas assez saine et donc ils ne voulaient pas commencer avec un projet qui allait durer sur deux ou trois ans. Aujourd’hui, on peut redevenir un partenaire de confiance avec nos clients", se réjouit le patron du groupe basé à Mont-Saint-Guibert.

L’échéance du crédit senior (42 millions) et celle de l’emprunt obligataire (55 millions) demeurent inchangées et se situent en janvier 2020.Le groupe préparera donc son refinancement à partir de la seconde moitié de 2019.

3. Vente de filiales 

Ce plan amène le groupe à se concentrer sur les activités au cœur de son métier, telles que l’ingénierie des systèmes de refroidissement d’eau, de contrôle de qualité d’air et de récupération de chaleur destinés aux clients industriels. Et donc le groupe a décidé de se séparer de certaines filiales et de mettre en vente sa division échangeurs de chaleur process. "Il s’agit de PHE/Hamon D’Hondt en l’occurrence. C’est la société avec laquelle on a eu de gros problèmes en 2014. Elle est basée à Valenciennes et emploie environ 200 personnes. Elle ne correspond plus au core business de notre société. Nous sommes une société d’engineering et PHE/Hamon D’Hondt avait une partie manufacturing importante, précise Bernard Goblet. Nous avons aussi décidé de fermer les filiales au Brésil et en Afrique du Sud qui étaient structurellement déficitaires."

Le groupe, qui employait 1.600 personnes au niveau mondial, va donc connaître une diminution de l’emploi mais développe dans le même temps une structure spécifique pour les activités d’après-vente qui lui permettent d’assurer une base d’activités récurrentes profitables et avec un cycle d’exécution court.

4. Poursuite du plan de transformation

Cette restructuration financière permet donc au groupe de renforcer ses fonds propres, d’améliorer sa trésorerie, de diminuer son endettement bancaire.Cette opération est une étape importante du plan de transformation et d’économies engagé en 2017. En supplément aux mesures initiées fin 2016 (économies de 9 millions d’euros attendues en 2017), la direction a décidé en mai 2017 une série d’actions qui réduiront graduellement les coûts de structure.

Les économies attendues de ce plan additionnel passeront de 4 millions d’euros en 2017 à 14 millions en 2018 pour totaliser 15 millions en 2019. "Ce plan est attentivement suivi et, à ce stade, est en ligne avec les attentes. Les effets totaux attendus des plans lancés en 2016 et 2017 s’élèveront à 24 millions d’euros en 2019. Le plan de transformation inclut une diminution des frais liés à l’organisation mondiale du groupe de 35%, une organisation en territoires pour être plus proches des marchés et plus réactifs vis-à-vis nos clients, une organisation mondiale intégrée permettant de profiter des synergies et économies d’échelle, une standardisation des processus et outils de gestion offrant à la fois une amélioration de la productivité et un meilleur contrôle de l’exécution des tâches, un redéploiement des activités de R&D afin de proposer à nos clients des produits et services toujours plus performants", conclut Bernard Goblet.

 


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