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"Les fusions sont dans l'ADN de Greenyard"

Hein Deprez, le président exécutif du conseil d'administration de Greenyard. ©Frank Toussaint

Pour la banque Berenberg, l'éventuel rachat de Dole par Greenyard devra passer par une augmentation de capital de 525 millions d'euros.

Une société belge qui ambitionne de racheter un groupe américain deux fois plus gros qu’elle, cela n’arrive pas tous les jours.

C’est pourquoi nous revenons encore aujourd’hui sur l’annonce des négociations avancées entre Greenyard et Dole portant sur un éventuel rachat du second par la première en livrant l’avis des analystes de Berenberg après ceux de KBC Securities et de Degroof Petercam mentionnés hier.

Pour Greenyard, ce rachat serait plein de sens, estiment les spécialistes du broker. Dole offrira un accès à des larges catégories de fruits et légumes de marque, une présence sur le marché américain, un service plus complet pour les clients retail européens et une amélioration de la marge.

Prudence

Des investisseurs interrogés par Berenberg pointent toutefois trois éléments qui incitent à la prudence.

1. La taille potentielle de l’opération et la capacité à gérer son financement.

2. Les multiples qui seront utilisés pour valoriser Dole. De nombreux investisseurs resteront d’ailleurs sur le côté tant que le deal ne sera pas bouclé, ont-ils précisé.

3. Le niveau de la dette chez Dole et sa structure de financement. Malgré de bonne marges de l’Ebitda sous-jacent, Dole affiche des pertes depuis plusieurs années et traîne une dette nette de 1,25 milliard de dollars soit 5,8 fois l’Ebitda de 2016.

Augmentation de capital

Financement
525 millions€
Selon Berenberg, Greenyard pourrait procéder à une augmentation de capital de 525 millions d'euros pour financier une partie du rachat éventuel de Dole.

Dans son scénario de base, Berenberg table sur valeur d’entreprise de 1,9 milliard d’euros (2,2 milliards de dollars) soit un ratio de 10 fois l’Ebitda. Il estime que le rachat éventuel sera financé via un mix dette/actions dans la proportion de 72,5%/27,5% ce qui permettrait au président Hein Deprez de conserver une part supérieure à 30% du capital contre 50% actuellement pour la famille Depez.

Cela nécessiterait donc une augmentation de capital de 525 millions d’euros et un niveau d’endettement de 4,6 fois l’Ebitda contre un multiple de deux actuellement. Il vise un accroissement du bénéfice par action de 52%. Rappelons que la capitalisation boursière de Greenyard tourne autour de 870 millions d'euros.

Une question d'ADN

En conclusion, les analystes de Berenberg qui restent à l'achat sur la valeur avec un objectif de cours de 23 euros pointent deux éléments :

• Il s’agit d’une opération de taille qui n’est pas sans risque, mais les fusions et acquisitions sont dans l’ADN de Greenyard et de Hein Deprez. Même si la transaction ne se concrétise pas, elle apporte la preuve des ambitions à long terme du management en matière de rachats.

• Ils soulignent l’intérêt stratégique à long terme même si les synergies immédiates sont limitées.

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