Pas de cauchemar à la Kraft chez AB InBev qui se montre confiant pour 2019

Carlos Brito, le CEO d'AB InBev. ©BELGA

La crainte d'un scénario catastrophe à la Kraft Heinz qui hantait certains actionnaires d'AB InBev s'est éloigné lors de la publication des résultats du géant brassicole. Après un 4e trimestre supérieur aux attentes, il table sur une forte croissance pour l'exercice en cours.

Savourez! Ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir l’action AB InBev grimper de 5% à l’ouverture des marchés. De quoi redonner le sourire aux actionnaires qui n’ont pas vraiment été gâtés avec ce titre en 2018.

Les résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes et les perspectives 2019 placées sous le signe de la poursuite de la forte croissance de ses revenus et de son Ebitda expliquent ce retour en grâce du titre ce matin. Mais pas totalement.

Le spectre de Kraft Heinz

Un scénario catastrophe à la Kraft Heinz qui partage un gros actionnaire avec AB InBev ne s’est pas concrétisé. "Les investisseurs ont poussé un soupir de soulagement en constatant que, contrairement à Kraft Heinz, AB InBev n’a pas été forcé d’acter une dépréciation sur la valeur de son ‘goodwill’ (140 milliards de dollars) ou de ses marques (42 milliards)" a souligné Reginald Watson d’ING ("conserver"; 54,92 euros).

Il y a quelques jours, le géant agroalimentaire américain a enregistré une moins-value de 15,4 milliards de dollars sur deux de ses marques phares ce qui a torpillé l’action de 25%.

IPO ou pas IPO?

Un autre point sensible, récurrent celui-là , concerne l’endettement du géant brassicole. Il est passé de 108,8 milliards de dollars fin juin 2018 à 102,5 milliards six mois plus tard a constaté Wim Hoste de KBC Securities ("acheter"; 105 euros). Par rapport à l’Ebitda, cela représente encore un multiple de 4,6. L’objectif du brasseur est de passer sous les 4 à la fin de 2020.

Une façon de réduire plus rapidement le fardeau de cette dette serait, par exemple, d'alléger le périmètre du groupe. C’est dans ce contexte que des rumeurs d’une IPO des activités asiatiques ont circulé dernièrement.

Mais rien n’a été confirmé à ce sujet dans le communiqué publié ce jeudi matin. "Si finalement cela se concrétise, l’objectif d’un ratio d’endettement sous les 4 d’ici fin 2020 serait assuré et complètement en adéquation avec la dernière guidance", estime Reginald Watson. "Donc cette dernière n’exclut pas la possibilité de le vente d’actifs mais une telle opération n’est pas nécessaire pour transformer l’essai."

Pression moins forte des coûts et des devises

Plus globalement, Fernand de Boer de Degroof Petercam ("acheter"; 80 euros) se montre optimiste pour l’avenir du géant de la bière. "Les hausses des prix et le mix produits devraient continuer à soutenir la croissance des ventes alors que la tendance pesant sur les coûts, en particulier les prix de l’aluminium, devrait devenir plus favorable" juge l’analyste.

"En plus de cela, bien que nous tablons sur une volatilité encore élevée des devises (la chute des monnaies de certains pays émergents a pesé sur le résultat, NDLR) leur impact ne devrait pas être aussi important qu’en 2018." Et Fernand de Boer de conclure : "En conséquence, nous estimons que les révisions à la baisse des bénéfices vont toucher à leur fin."

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