analyse

Près de 20 milliards de profits pour les société du Bel 20

©BELGA

À peine 6 sociétés sur les 18 que compte le Bel 20 qui ont déjà communiqué les résultats de leur exercice 2018, ont réussi à enregistrer une hausse de leur bénéfice.

Elles avaient connu en 2017 leur meilleur exercice fiscal depuis la crise financière de 2008. Elles étaient même parvenues à pulvériser le record de l’année 2006. Cette année-là, les bénéfices s’étaient élevés à 22,6 milliards d’euros. Les sociétés qui composent l’indice Bel 20 n’auront pas réussi en 2018 à améliorer cette performance. Sauf surprise de dernière minute. Les bénéfices nets que les 18 sociétés de l’indice phare de la cote de Bruxelles qui ont communiqué à ce jour leur bilan annuel, ont atteint un montant total de 19,646 milliards d’euros. Soit en retrait de 14,58% par rapport à ceux communiqués il y a un an tout juste.

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Deux sociétés doivent encore se livrer à l’exercice de la publication des résultats. Il s’agit de Sofina , dont les chiffres seront connus le 28 mars prochain, et de Colruyt qui, en raison de son exercice décalé, ne donnera les siens que le 18 juin. D’ores et déjà, on peut avancer que leurs résultats ne permettront pas au moins d’égaler le montant enregistré en 2017 qui avait été de 23 milliards d’euros. Et cela, même si Sofina était déjà parvenu au 1er semestre de l’année écoulée à faire aussi bien que sur l’ensemble de son exercice 2017 (480 millions d’euros). Pour son exercice 2018-19, les analystes suivis par Bloomberg tablent un montant de 369,7 millions pour Colruyt.

Il est quasi acquis que le record de 2017 ne sera pas au moins égalé en 2018.

AB InBev reste champion…

Sur les 18 sociétés qui ont déjà communiqué sur le sujet, 6 ont fait part d’une amélioration de leur résultat final. Il s’agit d’Umicore , Ageas , UCB , Telenet , Solvay et de Cofinimmo .

La meilleure performance dans ce registre est le fait de Telenet (+ 126%). Ce câblo-opérateur avait, il est vrai, subi des éléments négatifs exceptionnels au cours de son exercice 2017 qui avaient affecté la dernière ligne de son bilan. Il est suivi d’Umicore (+ 36,5%) qui a augmenté son capital en février 2018. Ageas vient en 3e position. Ses profits ont progressé de 33%. Avec un montant de 809 millions d’euros, l’assureur fait désormais mieux que les 770 millions qu’il avait amassés juste avant la cession de ses activités à Hong Kong en 2015 et qui avait été le meilleur résultat depuis la chute de Fortis en 2008. Citons encore Solvay dont les profits sont montés de 16%.

Pour les autres sociétés, le rouge l’a emporté. Ontex a vu son bénéfice se contracter de 24,5%, et Engie de 30%. AB InBev conserve pour sa part son titre de champion des bénéfices dans le Bel 20 avec un montant de 5,9 milliards d’euros. Un titre qu’il avait récupéré, on s’en souvient, en 2017. Son résultat final recule néanmoins de près de 15%. Il reste en outre inférieur à celui record enregistré en 2016 (8,06 milliards d’euros), juste avant le rachat de SABMiller.

Enfin, 2 sociétés ont connu un exercice déficitaire en 2018.

… mais réduit son dividende

Six sociétés sur les 18 du Bel 20 ont donc fait part d’une progression de leurs profits. Confiantes dans l’évolution future de leurs affaires, elles sont cependant neuf à proposer une hausse du montant de leur dividende. La banque KBC est le membre du Bel 20 qui fait le plus gros effort pour gonfler le montant. Son dividende grimpe de 25%. Suivent Umicore (+ 6,7%), AvH (+ 5,5%), Ageas (+ 4,76%) et Solvay (+ 4,17%).

Pour 4 sociétés, le dividende restera inchangé. Il s’agit d’Engie , Proximus , Cofinimmo et de bpost . Deux entreprises ont décidé de baisser le montant de leur dividende. À savoir AB InBev (-50%) décidé à réduire son niveau d’endettement net (89,4 milliards d’euros à fin 2018) et Ontex (-31,6%).

Pour les actionnaires d’argenx , Galapagos et de Telenet (2e groupe le plus endetté dans le Bel 20), aucun dividende n’a été mis à l’agenda à ce jour.

Les résultats que les sociétés annonceront l’an prochain pour leur exercice 2019 feront-ils apparaître une remontée des bénéfices? On peut l’imaginer à lire les prévisions que donnent les dirigeants d’entreprises sur l’évolution à venir de leurs affaires.

Prévisions moins dynamiques

On observe malgré tout que les patrons avancent des prévisions moins dynamiques qu’il y a un an. À l’instar notamment de Solvay dont la croissance des affaires devrait être inférieure à celle de 2018. D’Aperam qui s’attend à réaliser un excédent brut d’exploitation comparable à celui de 2018. Ou encore de Telenet qui craint un tassement des principales lignes de son bilan. Sortant du lot, Umicore fait, lui, le pari de l’optimisme. Chez AB InBev, un certain optimisme prévaut aussi.

Cela dit, il peut être utile d’avoir à l’esprit que suite au récent retrait d’Engie et de bpost de l’indice, le Bel 20 perd un gros contributeur aux profits. En admettant que Barco et WDP qui les remplacent faisaient déjà partie du Bel 20 en 2018, le montant total des résultats des 18 sociétés du Bel 20 (sans Sofina et Colruyt) aurait été de 18,5 milliards d’euros contre 19,4 milliards.

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