"Une hausse des taux en octobre reste possible"

La Réserve fédérale américaine a maintenu inchangé l'objectif des fonds fédéraux au vu des inquiétudes sur la croissance mondiale. La Fed a toutefois laissé la porte ouverte à un léger resserrement de sa politique monétaire avant la fin de l'année.
  • Rendez-vous le 28 octobre

    La prochaine réunion du Comité monétaire de la Réserve fédérale se tiendra le 28 octobre prochain. D'ici là, les spéculations sur un relèvement des taux vont aller bon train et le statu quo acté ce jeudi aura des conséquences sur les marchés mondiaux.

    Nous refermons ici notre couverture en direct de la décision de la Fed et vous remercions de nous avoir suivis.

  • La Fed patiente, Wall Street se braque

    Ce qui a penché dans la balance

    La Réserve fédérale américains relèvera les taux lorsqu'elle aura observé une nouvelle amélioration du marché du travail. Elle ajoute qu'elle sera "raisonnablement confiante" dans le retour de l'inflation vers 2% à moyen terme, un niveau qu'elle estime sain pour l'économie. Or cette inflation n'est que de 0,3% sur un an. 

    Sans les citer nommément, les membres du Comité ont pris acte des dernières turbulences sur les marchés financiers, de la baisse des prix de l'énergie et des matières premières ainsi que du ralentissement de l'économie chinoise car ceux-ci pourraient influencer encore les prix à la baisse.

    Comment se porte l'économie US?

    La Fed juge sinon que l'économie américaine progresse à un rythme "modéré". Le Comité signale une modeste croissance des dépenses des ménages et des investissements des entreprises. Il juge aussi que le marché du travail "continue de s'améliorer avec de solides créations d'emplois et un repli du chômage". Le taux de chômage a en effet atteint un plancher depuis sept ans à 5,1% en août.

    De nouvelles projections

    Selon ses nouvelles projections économiques, la banque centrale américaine s'est montrée plus optimiste pour la croissance économique et le chômage aux Etats-Unis cette année mais plus prudente pour 2016.  Le PIB du pays devrait progresser de 2,1% sur un an au dernier trimestre 2015, marquant une amélioration rapport aux 1,9% prévus en juin.

    En brossant un tableau positif de l'économie américaine, la Réserve fédérale semble toutefois suggérer qu'un premier relèvement de ses taux directeurs est pour bientôt, en ligne avec le vœu maintes fois formulé par Janet Yellen de voir une hausse d'ici à la fin de l'année, et peut-être même dès le mois prochain.

    Comment les marchés réagissent?

    Toujours en hausse, Wall Street enregistrait peu de changements après le statu quo de la Réserve fédérale. Mais après la conférence de Janet Yellen, rongée par l'incertitude, Wall Street a craqué. Les indices se sont rétractés et le Dow Jones est repassé dans le rouge. . L'euro, de son côté, se renforçait face au dollar  alors que le pétrole terminait la séance en recul.

  • Ce qu'il faut retenir

    1. La politique de taux quasi-nuls reste en vigueur

    La Réserve fédérale américaine a laissé jeudi ses taux d'intérêt inchangés en évoquant les inquiétudes suscitées par la situation économique mondiale, sans exclure totalement la possibilité d'un léger durcissement de sa politique monétaire d'ici la fin de l'année.

    2. La Fed souligne la volatilité économique globale

    Pour justifier ce qui s'apparente à un retrait tactique, la banque centrale a expliqué qu'un certain nombre de risques globaux et d'autres l'avaient convaincue de retarder ce qui aurait été la première hausse de ses taux d'intérêt depuis près de dix ans.

    "Les récents développements de l'économie et des marchés financiers mondiaux pourraient peser quelque peu sur l'activité économique et sont susceptibles d'exercer une pression baissière supplémentaire sur l'inflation à moyen terme", explique la Fed dans le communiqué publié à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire.

    3. Des prévisions économiques revues et corrigées

    Considérées dans leur ensemble, les nouvelles prévisions macroéconomiques de la Fed, marquées par un ralentissement de la croissance, un chômage faible et une inflation durablement basse suggèrent que les craintes d'une faiblesse prolongée sont prises au sérieux par les dirigeants de la banque centrale. L'un des membres du comité de politique monétaire a même évoqué la possibilité d'un taux des "fed funds" négatif.

    La moyenne des projections des 17 principaux responsables de l'institution donne une croissance de 2,1% cette année, contre 1,9% prévu en juin, mais elle a reculé à 2,3% contre 2,5% pour 2016 et 2,2% contre 2,3% pour 2017.Le taux d'inflation de base ("core PCE"), lui, est désormais attendu à 1,4% pour 2015 (contre 1,3% dans les prévisions de juin), 1,7% pour 2016 (contre 1,8%) et 1,9% pour 2017 (contre 2,0%). Le chômage devrait parallèlement revenir à 5,0% cette année et 4,8% sur chacune des trois prochaines années.

    4. Une hausse de taux d'ici la fin 2015 reste possible

    Le comité de politique monétaire a toutefois maintenu son biais en faveur d'une hausse de taux d'ici la fin de l'année. Lors de sa conférence de presse, Janet Yellen, la présidente de la Fed, a laissé entendre qu'une hausse de taux le mois prochain n'est pas exclue. "Comme je l'ai dit précédemment, chaque réunion est une réunion (...) où le comité peut prendre la décision de changer notre objectif pour le taux des fonds fédéraux", a-t-elle souligné.

    Les nouvelles projections économiques de la banque centrale montrent que 13 des 17 membres du comité s'attendent à au moins une hausse de taux en 2015 contre 15 lors de la précédente réunion au mois de juin.

  • L'or monte, le dollar baisse

    @PopescuCo L’or en hausse et le dollar en baisse après l’annonce de la Fed pic.twitter.com/rm3FRKykjQ— GoldBroker.fr (@Goldbroker_FR) 17 Septembre 2015

  • Les principaux extraits de la conférence de presse de Yellen

    > Sur le marché du travail:

    "Le taux de chômage a diminué et les conditions sur le marché du travail ont continué de s'améliorer. L'inflation, cependant, a continué d'évoluer en dessous de notre objectif à long terme, reflétant en partie la baisse des prix de l'énergie et des importations." 

    > Sur l'inflation:

    "Si nous continuons à nous attendre à ce que la pression baissière sur l'inflation liée à ces facteurs se dissipe avec le temps, les récents développements économiques et financiers mondiaux vont vraisemblablement exercer une pression baissière supplémentaire sur l'inflation à moyen terme."

    "L'inflation a continué d'évoluer en dessous de notre objectif de 2,0%, reflétant en partie les baisses des prix de l'énergie et des importations."

    "Mes collègues et moi continuons d'anticiper que les effets de ces facteurs sur l'inflation seront transitoires."

    "Cependant, la récente baisse supplémentaire des prix du pétrole et la nouvelle appréciation du dollar signifient qu'il faudra un peu plus de temps pour que ces effets se dissipent complètement."

    Sur le calendrier de la Fed 

    "Comme je l'ai dit précédemment, chaque réunion est une réunion (...) où le comité peut prendre la décision de changer notre objectif pour le taux des fonds fédéraux. Cela inclut certainement (la réunion d')octobre. Comme vous le savez et comme je l'ai souligné précédemment, si nous devions décider de faire cela, nous convoquerions une conférence de presse. Donc oui, octobre reste une possibilité."

    "Permettez moi d'insister sur le fait que le calendrier précis de la première hausse de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux est bien moins important pour l'économie que la trajectoire complète attendue des taux d'intérêt."

    "Et une fois que nous aurons commencé à réduire le caractère accommodant de notre politique, nous continuerons de nous attendre à ce que les conditions économiques évoluent d'une manière telle qu'elles justifieront des hausses seulement graduelles de l'objectif de taux de fonds fédéraux."

    "Les perspectives à l'international semblent être devenues plus incertaines récemment et les inquiétudes grandissantes au sujet de la croissance en Chine et dans d'autres économies émergentes ont conduit à une volatilité notable sur les marchés financiers. Les développements depuis notre réunion de juillet -- y compris la chute des cours des actions, la nouvelle appréciation du dollar et l'écartement des spreads -- ont resserré les conditions financières d'ensemble dans une certaine mesure."

    Sur les perspectives économiques

    "Le taux de chômage a diminué et les conditions sur le marché du travail ont continué de s'améliorer. L'inflation, cependant, a continué d'évoluer en dessous de notre objectif à long terme, reflétant en partie la baisse des prix de l'énergie et des importations".

    "Si nous continuons à nous attendre à ce que la pression baissière sur l'inflation liée à ces facteurs se dissipe avec le temps, les récents développements économiques et financiers mondiaux vont vraisemblablement exercer une pression baissière supplémentaire sur l'inflation à moyen terme."

    "Ces développements pourraient aussi limiter quelque peu l'activité aux Etats-Unis, mais ils n'ont pas à ce stade conduit à un changement significatif des perspectives du comité (de politique monétaire) pour l'économie américaine."

  • Le pétrole se replie à New York après le maintien des taux bas

    Les cours du pétrole ont fini en repli  New York, le marché prenant des bénéfices sans se réjouir du maintien à un niveau presque nul des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine.

    Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en octobre a perdu 25 cents à 46,90 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après avoir hésité juste après l'annonce de la Fed sur les taux.

    Même avant la décision de la Fed, les cours étaient restés en repli durant la plus grande partie de la séance, certains investisseurs prenant des bénéfices après le bond de presque 6% enregistré mercredi suite à l'annonce d'une baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis.


  • La Chine inquiète

     

    "Les perspectives à l'étranger semblent être devenues plus incertaines récemment", a déclaré Janet Yellen lors de la conférence de presse à l'issue d'une réunion du Comité monétaire de la Fed. "Des inquiétudes plus vives concernant la croissance en Chine et dans d'autres marchés émergents ont conduit à une volatilité sur les marchés financiers", a encore souligné la dirigeante.

    "La croissance en Chine suscite des inquiétudes plus vives."
    Janet Yellen
    Présidente de la Fed

  • Janet Yellen commence sa conférence

    La présidente de la Réserve Fédérale tient en ce moment une conférence de presse pour expliquer la décision du Comité monétaire de la Fed. Vous pouvez suivre cette conférence en direct via ce lien.

  • L'euro se renforce face au dollar

    ©Bloomberg

  • La Fed garde ses taux inchangés

    Le verdict de la banque centrale américaine est tombé. La Fed fait le choix du statu quo en laissant ses taux proches de zéro, préférant jouer la prudence face à l'impact "des récents développements de l'économie mondiale et financière".

    A l'issue d'une réunion à Washington fébrilement suivie par les marchés financiers, le Comité de politique monétaire (FOMC) a laissé ses taux évoluer entre 0 et 0,25% comme c'est le cas depuis décembre 2008.

    Un membre du Comité Monétaire, Jeffrey Lacker de l'antenne de Richmond, qui demandait une hausse d'un quart de point, a voté contre la décision.

  • Réponse dans moins de 10 minutes

    La Fed communiquera à 20h00, heure belge, la décision concernant ses taux. 30 minutes plus tard, la présidente de la Réserve Fédérale tiendra une conférence de presse que vous pouvez suivre via ce lien.

  • Prudence à l'ouverture de Wall Street

    La Bourse de New York a ouvert sur la pointe des pieds les investisseurs limitant les prises de risques à quelques heures de la décision monétaire de la Réserve fédérale. A l'ouverture, l'indice Dow Jones perdait 21,25 points à l'ouverture, soit 0,13%, à 16.718,70. Le Standard & Poor's 500, plus large, reculait lui aussi de 0,13%, à 1.992,79, et le Nasdaq Composite cèdait 0,12% à 4.883,21.

    Les paris sont serrés à l'approche du verdict de la banque centrale. La solidité de la reprise de l'économie américaine, attestée encore jeudi par une série d'indicateurs, plaide en faveur d'un resserrement mais la panne de la croissance chinoise et les turbulences qu'elle entraîne sur les marchés militent pour un statu quo.

    Les derniers signes de la relative bonne santé de l'économie des Etats-Unis sont une baisse des inscriptions au chômage la semaine dernière et une réduction plus forte que prévu du déficit courant des Etats-Unis au deuxième trimestre.

    Les valeurs dans le viseur:

    • Cablevision, dont Altice a annoncé le rachat pour une valeur d'entreprise de 17,7 milliards de dollars, grimpait de plus de 15% dans les premiers échanges.
    • Oracle perd des plumes (-3%) après avoir averti mercredi que son chiffre d'affaires pourrait baisser sur le trimestre en cours.
  • Reprise de la réunion

    La Fed a repris une réunion de politique monétaire cruciale qui tient en haleine la planète finance et pourrait déboucher sur la première hausse des taux d'intérêt américains en près de dix ans.


    "Le Comité de politique monétaire (FOMC) a repris sa réunion à 08H30 (12H30 GMT) comme prévu", a indiqué un porte-parole de la Réserve fédérale. Son verdict est attendu à 14H00 locales (18H00 GMT).

  • Les taux de la Fed en bref

    Qu'est-ce que les taux directeurs?

    • Ce sont les taux d'intérêt au jour le jour fixés par la banque centrale et qui permettent à celle-ci de réguler l'activité économique. 

    • Leur hausse ou leur baisse déclenche un large éventail de réactions, affectant les taux à court terme et à long terme des banques, les taux de changes ainsi qu'une foule d'indicateurs macro-économiques, dont l'emploi et les prix à la consommation.

    Pourquoi ajuster ces taux?

    • La Fed baisse ses taux pour encourager les dépenses et les investissements afin de stimuler l'économie.

    • La Fed augmente ses taux afin d'éviter une surchauffe

    Après une montée des prix en 1979-1980, la Fed avait porté son taux directeur à 20% pour freiner l'économie américaine, ce qui avait si bien fonctionné qu'elle avait plongé le pays dans une récession.

    Après le fort ralentissement de l'économie en 2000 suite à "l'éclatement de la bulle internet", la Fed avait au contraire réduit ses taux afin que le pays retrouve de la croissance. Mais elle a ainsi contribué à provoquer la bulle immobilière dont l'éclatement a abouti à la crise de 2008.

    Pourquoi les taux sont-ils actuellement si bas?

    • Quand l'économie américaine a commencé à décrocher en 2007, la Fed a réduit ses taux qui ont dégringolé en dix étapes de 4,75% en septembre 2007 à un niveau sans précédent de 0-0,25%, atteint le 16 décembre 2008. L'objectif était d'éviter un effondrement du système financier après la faillite de la banque Lehman Brothers. 

    • Ces taux ont depuis été depuis maintenu à ce niveau quasi-nul afin de stimuler l'économie après la plus profonde récession qu'a connue l'économie américaine en huit décennies. Maintenant que la croissance est de retour, beaucoup estiment que des taux aussi bas ne se justifient plus.

    Les avantages et inconvénients d'un taux à 0%

    • Avantages: les taux ultra-bas ont permis de faciliter les crédits, encourageant notamment des secteurs clés comme l'immobilier ou l'automobile. 

    • Inconvénients: les taux particulièrement bas ont nui à l'épargne des ménages, dont les rendements sont devenus quasiment nuls, et pourraient ouvrir la voie au grand retour de l'inflation.

    Qu'est-ce qui est normal?

    • Les décideurs de la Fed souhaitent revenir à des taux d'intérêt "normaux". Ils visent des taux directeurs de l'ordre de 3% d'ici deux ans, une hausse qui dépendra toutefois du niveau de l'emploi et de l'inflation aux Etats-Unis.

    3%
    La Fed souhaite ramener les taux d'intérêt à 3% dans les deux ans à venir.

  • 5 questions sur la réunion de la Fed

    1. À quoi s’attendent les marchés?

    Selon le dernier sondage de Reuters, une courte majorité d’économistes prévoit un statu quo. C'était l'inverse la semaine passée. "Si les taux étaient relevés en septembre, cela surprendrait les marchés financiers, ce qui est exactement ce que la Fed veut éviter, observe Luke Bartolomew, stratégiste chez Aberdeen Asset Management.

    2. Pourquoi est-ce l’événement le plus attendu de l’année sur les marchés?

    La Fed n’a plus relevé ses taux depuis 2006. Depuis la crise financière de 2008, les "fed funds" sont maintenus dans une fourchette de 0 à 0,25%. Ce jeudi soir, à 20 heures, la Réserve fédérale américaine (Fed) publiera le communiqué le plus attendu de l’année par la planète finance: les taux d’intérêt directeurs seront-ils relevés? La Fed retardera-t-elle le lancement de son cycle de normalisation après une décennie de taux maintenus à près de 0%?

    3. Les marchés émergents sont-ils assez solides pour une hausse des taux?

    Une hausse des taux américains rend les placements en dollar plus rémunérateurs et risque d’accélérer les fuites de capitaux des émergents, les investisseurs vendant leurs actifs dans les émergents au profit des actifs US. Ce qui risque d’aggraver la chute des devises émergentes et les déficits des pays émergents.

    4. Comment vont réagir les marchés?

    Un relèvement des taux ce jeudi risque d’avoir un impact négatif, le marché anticipant un statu quo. Mais si la Fed ne relève pas ses taux, la volatilité dominera aussi les échanges, les investisseurs spéculant sur la date de la hausse des taux. Dans tous les cas, il faut donc s’attendre à de la volatilité sur les marchés.

    5. Quel serait l’effet d’une hausse des taux sur l’économie américaine?

    L’économie américaine semble en mesure d’absorber une hausse progressive des taux d’intérêt. "Les sociétés américaines ne sont plus aussi endettées. Un risque toutefois, 4.000 milliards de dollars de dettes arriveront à échéance dans les quatre prochaines années, dont 30% de dette d’émetteurs spéculatifs, plus sensibles à un relèvement des coûts de financement", relève Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan Asset Management.

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